Don’t worry darling : Étouffée par l’apparence

Olivia Wilde dresse le portrait d’une vie à l’apparence parfaite, confortable, joyeuse, colorée et aux villas parfaitement structurées, ce qui pourrait nous rappeler l’œuvre de Tim Burton : Edward aux mains d’argent. Cette vie de rêve n’est en réalité qu’une vitrine permettant de dissimuler une vérité malsaine. En résulte une dystopie cachée par l’apparence utopique de cette communauté superficielle, enfermant Alice (Florence Pugh) dans un espace à l’image du concept immoral présenté dans The Truman Show.

Un casting trié sur le volet afin de crédibiliser l’aspect de la perfection par la plastique de Harry Styles : Chris Pine, Gemma Chan, Olivia Wilde, sans oublier l’actrice principale Florence Pugh. Cette dernière va à nouveau, après Midsommar, nous plonger dans un univers mystérieux sur fond de scènes horrifiques ; un quartier fictif réservé aux stars, fortement inspiré par le célèbre quartier californien de Beverly Hills à Los Angeles. La réalisatrice dépeint une communauté menée par Frank (Chris Pine), un antagoniste ayant comme objectif de promouvoir ainsi que de préserver son évolution d’une « vie de rêve”.

L’une des inspirations majeures de Don’t Worry Darling est l’œuvre de Darren Aronofsky : Black Swan. En effet, le film porté par Natalie Portman nous immerge dans la quête de la perfection à travers la danse, considérée comme une discipline associée à la virtuosité. Dans ce métrage, la métaphore des miroirs permettait à Nina Sayers de se confronter à son double maléfique tandis que dans Don’t Worry Darling, les surfaces réfléchissantes traduisent l’apparence menaçante qui plane autour d’Alice, ce qui tout comme pour Black Swan, permettra d’alimenter des scènes horrifiques. Des miroirs ou des vitres qui vont véhiculer une sensation de suffocation poussée jusqu’à la claustrophobie, étouffant Alice physiquement, psychologiquement et inconsciemment… Elle va donc devoir élucider le mystère dissimulé à travers l’apparence superficielle de son environnement.

La deuxième thématique travaillée par Olivia Wilde demeure l’emprise de l’homme sur son épouse. Après l’étouffement d’une vie superficielle, l’évolution idyllique menée par Frank ne va pas prendre en compte les mentalités. En effet, son projet va enfermer la figure féminine dans les clichés les plus sexistes qui soient, à savoir l’homme qui préserve sa femme au foyer, programmée tel un robot à effectuer les tâches ménagères avant de satisfaire son homme à son retour du travail, cliché illustré à travers le couple d’Alice et Jack interprété par Harry Styles. De plus, l’œuvre va exprimer cette emprise via Alice, qui va prendre le dessus sur ces hommes qui la maintiennent dans leurs illusions…. A l’issue de laquelle elle sera représentée telle une menace en raison de sa volonté d’avoir une prise de position dominante, ce qui met en lumière la censure de la femme sur ce qu’elle pense et ressent face à la figure masculine.

Persiste et demeure une thématique qui va exposer la toxicité de l’homme, enfermant la femme dans un monde qu’ils jugent eux-mêmes comme l’idéal de ces dernières ; une relation malsaine inspirée de Get Out réalisé par Jordan Peele, de par l’emprise du conjoint ; un monde qui va finalement satisfaire les hommes piégeant leurs femmes dans une vie fictive, détachée de la réalité ; un monde qui est également une critique du statut des stars richissimes, déconnectées de la réalité…

Don’t Worry Darling nous embarque dans un mystère enfoui à travers ce monde superficiel tout en faisant écho à la toxicité masculine ainsi qu’à leur emprise malsaine et immorale envers leur conjointe, ici représentée par une excellente Florence Pugh qui confirme son statut d’étoile montante.

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