Les dents de la mer : Traumatisme universel

Cette œuvre de Steven Spielberg va s’insérer dans le cercle fermé des films cultissimes, mais il va également provoquer un traumatisme à tous ces vacanciers voulant se baigner en mer à travers la présence du requin mangeur d’Hommes. Une idée reçue qui va façonner l’image de l’animal, en réalité inoffensif pour l’Homme. Seulement l’impact de ce film va préserver et propager cette peur autour du requin. Il va également ouvrir la voie à de nombreux autres films du genre allant dans le sens du requin tueur. Des métrages qui ne réussiront pas à se hisser aux côtés des Dents de la Mer comme Instinct de Survie ou 47 meters down se reposant sur leur concept de survival intéressant mais à des années-lumière de la qualité de leur inspiration première.

Les Dents de la mer va s’ouvrir sur la présentation de la première victime, séquence habillée par le thème principal de John Williams qui va comme à son habitude dresser une partition contribuant au succès du film. Hormis la musique, la réussite du métrage va s’illustrer à travers la mise en place intelligemment constituée par Steven Spielberg, à savoir la tension de cette présence invisible, se tapissant dans son environnement d’apparence calme. Nous allons emprunter les yeux du requin lors de différents plans subjectifs sans même l’apercevoir. Il faudra attendre plus d’une heure de film avant de véritablement voir le requin caractérisé par son aileron venant transpercer l’océan.

Mais avant que la créature apparaisse, la tension va être véhiculée de manière consciente et inconsciente par la présence dominante de l’océan qui va s’inscrire dans de nombreuses séquences. En effet, nous aurons des scènes à l’intérieur d’une maison, qui vont à priori mettre hors de danger les personnages. Cependant, la présence de l’eau visible au loin à travers les fenêtres va garder cette présence oppressante alors que les protagonistes sont en sécurité. Le son des vagues qui s’écrasent sur le bord de la plage de nature reposante va contribuer à l’oppression inconsciente du terrain de chasse du requin. Cette mécanique va également être présentée en extérieur près de la rive avec l’océan distinct sur l’horizon toujours derrière les personnages afin de préserver cette menace constante amenant à la tension qui va s’étendre pendant toute la durée du film.

Martin Brody, chef de police, va devoir préserver la sécurité sur la plage, malgré cette figure politique illustrée par le maire qui va penser à l’économie de sa commune au détriment de la sécurité de ses occupants, en raison de la fête de l’indépendance réunissant de nombreux vacanciers représentés comme de la nourriture pour le requin tueur. Brody va devoir faire face à ce danger qui le ronge en raison de sa responsabilité accompagnée par sa culpabilité de ne pas avoir agi plus tôt pour sauver ce petit garçon. Il va devoir pour cela faire appel à des personnages qualifiés dans leurs domaines de prédilection.

La structure du récit va se découper en trois parties représentées chacune par un protagoniste caractéristique. Concentrée autour du policier Martin Brody la deuxième partie va développer le récit mené par l’apparition d’un nouveau personnage, l’océanographe Matt Hooper qui va apporter une approche plus scientifique avant de finir sur la résolution de l’œuvre représentée par le pêcheur Quint, passant dans une phase de chasse. Trois personnages qui vont se réunir autour de la quête de Brody, dont Quint qui est un personnage socialement compliqué. Mais ils vont finalement se rapprocher par cette mission et ce danger qu’ils partagent.

Steven Spielberg va donc fonder son film sur la tension invisible avant de révéler sa créature sanguinaire : une peur qui va nous être transmise à travers la paranoïa vécue par les autorités et surtout par Brody, personnage principal du film. Celui-ci va se confronter au requin dans cette dernière partie de métrage évoluant à bord du bateau de Quint, à la merci de ce requin ; un dernier acte qui va faire basculer le film dans un survival, et ce vers un dénouement mettant en scène le face-à-face de Brody contre le monstrueux requin armé une bouteille d’oxygène, objet introduit sous la forme d’un fusil de Tchekhov.

Ce mécanisme scénaristique vient conclure le chef-d’œuvre de Spielberg. Un film horrifique et populaire qui s’inscrit parmi la galerie de références orchestrées par le réalisateur. Ce dernier nous offrira plus tard un chef-d’œuvre mettant à nouveau en scène des bêtes sanguinaires menaçant l’être humain dans Jurassic Park. Les dents de la mer va donc contribuer à façonner l’une des thématiques de Steven Spielberg, à savoir celle de nous confronter face à des créatures, qu’elles soit agressives ou inoffensives.

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