Balle Perdue : Un Cinéma d’action français retrouvé !

La plate-forme Netflix va-t-elle permettre à une certaine génération de cinéastes français de s’émanciper et de pouvoir passer la seconde en termes de proposition de genre ? Il faut y croire après la sortie de La Terre et Le Sang de Julien Leclercq, film d’action sec et concis, disponible depuis le 17 avril 2020. Aujourd’hui, c’est au tour de Guillaume Pierret avec son premier long-métrage, Balle Perdue, d’être disponible sur la plateforme depuis le 19 juin 2020.

Balle Perdue suit Lino, petit génie de la mécanique, réputé pour ses voitures-bélier, jusqu’au jour où il se fait arrêter pour un braquage qui tourne mal. Repéré par le chef d’une unité de flics de choc, il se voit proposer un marché pour éviter la prison. Neuf mois plus tard, Lino a largement fait ses preuves. Mais soudain accusé à tort de meurtre, il n’a d’autre choix que de retrouver l’unique preuve de son innocence : la balle du crime, coincée dans une voiture disparue.
Sur une perspective basique du Fugitif, série classique puis film culte avec Harrison Ford, Balle Perdue donne la part belle aux jeunes gueules du cinéma français. À savoir Alban Lenoir, tuméfié de bout en bout, Ramzy Bedia et sa R21 rouge, le jeune Rod Paradot ou encore Nicolas Duvauchelle, de tous les bons coups actuellement. Guillaume Pierret orchestre, avec ce cast ciselé, un film d’action haletant, vif, parfois même un peu trop.

Une imperfection faisant toutefois le charme d’un film inarrêtable. Cela commence d’emblée avec une multitude de murs brisés lors d’un casse de bijouterie qui envoie Lino en prison pour mieux enchaîner avec un go fast musclé. Guillaume Pierret installe les bases d’un long-métrage enclenchant rapidement la seconde en termes d’action, les rapports passant un peu trop vite pour un spectateur ne sachant plus trop où donner de la tête.
Balle Perdue n’a pas une minute à perdre au cœur d’un récit concis – 90 minutes seulement – se laissant peu de temps pour poser ses personnages principaux. Pas le temps de respirer donc avec ce premier film d’une efficacité rare, notamment par une séquence de commissariat minutieuse où Alban Lenoir fait preuve d’une puissance folle. Pour cette séquence de combats endiablés contre toute une brigade de police, on pense indéniablement au cinéma asiatique, plus précisément à Gareth Evans et son diptyque The Raid, lequel Guillaume Pierret rend hommage ici avec une séquence chorégraphiée au millimètre près. Un moment de bravoure incroyable lequel peu de cinéastes se sont frottés. Guillaume Pierret tente et réussit son pari avec courage installant son spectateur au volant d’une machine solidement préparée et inarrêtable. 

Balle Perdue est l’exemple type d’un style de cinéma qui n’a, malheureusement, jamais réussi à percer ces dernières années en France. Des chaînes frileuses à l’exercice, bien confinées aux comédies populaires et autres produits putassiers payés trop cher pour faire un tant soit peu d’audimat. Il ne restait alors que Luc Besson et son EuropaCorp, s’étant pris les pieds dans le tapis, après avoir ramené Jet Li et Jason Statham pour quelques productions devenues cultes, et avoir permis à Louis Leterrier de s’émanciper à Hollywood. Aujourd’hui, Netflix donne l’impression de vouloir prouver que rien n’est mort dans le cinéma hexagonal. Le moteur ronronne encore un peu, prêt à repartir au moindre instant. Si on peut reprocher à Balle Perdue des dialogues surlignés et quelques grosses ficelles à un scénario bourrin, le divertissement reste totale se permettant même pour son final un clin d’œil excitant à George Miller.
Devant Balle Perdue, on prend un pied d’enfer, un film pop-corn comme le cinéma français n’en produit plus préférant surpayer Dany Boon pour des exploits indignes du Lion. Aujourd’hui, des alternatives apparaissent et s’enorgueillissent de bouleverser le paysage du divertissement populaire français, et ce, sur la (trop) critiqué plateforme Netflix.

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