Poly : Poney Pocket ?

Huit ans après la première adaptation de Belle & Sébastien au cinéma, Nicolas Vanier retrouve les créations de Cécile Aubry pour une nouvelle variation au cinéma. Poly est un feuilleton diffusé sur la RTF au début des années 1960. Des courts feuilletons pour la jeunesse avant de devenir des romans pour enfants jusqu’en 1988 dans la collection Bibliothèque Rose. Après le succès des trois longs-métrages consacrés à Belle & Sébastien, il était tout naturel que Poly trouve un nouveau souffle au cinéma. Une sortie en plein cœur de la pandémie du COVID-19, pour les vacances de la Toussaint, film idéal pour s’évader pendant cette cacophonie. Il y avait de l’espoir pour une ressortie pour les vacances de Noël entre deux confinements, mais le film de Nicolas Vanier trouve finalement une seconde vie en vidéo le 14 avril 2021 chez M6 Vidéo.

Bienvenue à Beaucastel dans les Cévennes, région ensoleillée et colorée par une nature luxuriante. La jeune Cécile y arrive bien malgré elle avec sa mère Louise. Elle peine à s’habituer à cette nouvelle vie et à ses nouveaux camarades de classe. L’arrivée d’un cirque va bouleverser son quotidien : parmi les animaux de la troupe se trouve un petit poney, Poly, maltraité par le directeur Brancalou. Elle décide de le sauver coûte que coûte.
Par le pitch, vous avez un aperçu de la globalité d’un film qui s’évertue à traîner pendant 1h40. Un divertissement assuré par le talent d’orchestration de Nicolas Vanier qui amorce ses plans en permanence avec des animaux. Papillons, oiseaux et autres insectes pour émerveiller les petits… et les grands. Poly agit comme un dépaysement total. Des couleurs chatoyantes et le soleil qui traverse l’écran pour nous aérer l’esprit en ces temps compliqués. Le film fait un bien fou au moral. Le cadre est idéal, décor propice au cinéma rappelant la force première de Raoul Taburin, adaptation du travail de Sempé par Pierre Godeau sortie en 2018. Deux films solaires qui ont le don de nous transporter ailleurs pendant deux heures de cinéma vitamine D avec un scénario simple.

Et pour parler de simplicité, Poly en est un bon exemple. Le long-métrage de Vanier ne brille en effet pas par son originalité entre un poney maltraité et une enfant à la recherche de son père. Deux êtres qui se trouvent au bon moment pour ne plus se lâcher s’évadant de leurs tourments pour un périlleux périple. Dans Poly, nous retrouvons l’efficacité par la simplicité des productions des classiques Disney entre Les Aventures de Bernard et Bianca ou Les 101 Dalmatiens. Des animaux et des enfants malheureux qui vont s’échapper pour leurs libertés. Les personnages sont ainsi brossés dans ce sens entre un ermite bourru incarné avec tenu par l’indécrottable François Cluzet qui retrouve Nicolas Vanier trois ans après L’école Buissonnière (pour grosso modo le même rôle) et Patrick Timsit et ses grouillots, caricatures antagonistes aux trognes bien dessinées rappelant Jasper & Horace (Les 101 Dalmatiens). 

Poly est un divertissement à destination de la famille pour un agréable et facile moment de cinéma. Un moment d’évasion dans Les Cévennes en compagnie d’un ensemble d’animaux qui se partage l’écran pour le plus grand plaisir des petits. La nature est le protagoniste principal de ce film assuré par Nicolas Vanier qui capte de jolis instants, et dont les acteurs profitent pour être pris sous leurs meilleurs profils, notamment Julie Gayet incarnant la mère de Cécile pour un rôle élémentaire, mais solaire, à l’image de Suzanne Clément dans Raoul Taburin.
Joli programme vers un ailleurs, Vanier assure tout en convoquant par instant le cinéma d’Yves Robert comme une référence irréfutable pour une commande orchestrée avec tact et bonté vers laquelle on reviendra inévitablement pour filer se ressourcer sous un soleil parfois inaccessible.

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