Mystère : Et boule de poils !

Depuis le succès de l’adaptation de la série télévisée nostalgique Belle & Sébastien au cinéma par Nicolas Vanier, le cinéma français n’en finit plus d’essorer une recette populaire, à savoir la rencontre d’un enfant et d’un animal sympathique qui vont vivre une grande aventure périlleuse au cœur de la nature. On peut citer tous les derniers films signés Nicolas Vanier notamment Poly ou les deux longs métrages réalisés par Gilles de Maistre, Mia et le Lion Blanc et Le Loup et le Lion. La nature est de nouveau un élément propice à l’émerveillement des plus petits au cinéma, idée longtemps mise de côté au profit d’adaptations ineptes de bandes-dessinées populaires.
Le credo est donc exploité aujourd’hui par d’autres, notamment Denis Imbert avec Mystère, long métrage visible en salles de cinéma le 15 décembre 2021, production Gaumont qui patiente depuis une année dans les placards faute au covid-19. 

Si la Gaumont a patienté une année pour sortir Mystère, la raison demeure le créneau parfait des fêtes de Noël pour exploiter le film au cinéma. Le film de Denis Imbert est un divertissement adéquat pour une sortie en famille. L’histoire d’une rencontre magique entre une jeune fille meurtrie par la perte de sa mère et un jeune animal qui va se révéler être un loup gris. La jeune fille se prénommant Victoria trouve en cette compagnie le remède idéal pour faire son deuil et avancer dans la vie. Mais c’est sans compter les fermiers environnants qui chassent le loup, prédateur impitoyable pour leurs troupeaux. 

Suite au flop de son précèdent film Vicky, Denis Imbert signe son retour six ans après avec Mystère, scénario tiré d’une histoire vraie écrit à huit mains. Et là est la grande interrogation en sortant du film : il a fallu être quatre pour l’écrire ? Sans vouloir faire preuve de la moindre condescendance, la simplicité du film laisse pantois en sachant le nombre d’intervenants. Belle histoire bienveillante, Mystère fait preuve d’un académisme ne permettant jamais au film de trouver le moindre souffle. Profitant du succès de la série des Belle & Sebastien produite par la Gaumont, Mystère ne fait jamais malheureusement le poids. Et pourtant au vu de son sujet le film pouvait y prétendre, mettant en scène une belle relation, histoire visiblement vraie selon les quelques photos aperçues avant le générique. Mais le film de Denis Imbert ne fait jamais preuve d’une réelle ambition. Mystère est une aventure plate ressassant les sempiternels maux d’un enfant ayant perdu un être cher et trouvant en l’animal la solution idoine pour faire son deuil.
Le cadre du Cantal est pourtant idéal pour un film de cinéma entre ses vallées et ses belles montagnes. Si par certaines séquences le film permet de s’évader, Denis Imbert préfère s’accrocher aux personnages, notamment l’oncle incarné par Eric Elsmonino, pitre de circonstance aux blagues lourdingues et le père/mari tout aussi meurtri incarné par Vincent Elbaz. L’acteur connu surtout pour sa participation à La Vérité si je Mens trouve un beau rôle de père, chirurgien de métier, se réfugiant dans sa maison d’enfance dans l’espoir d’y trouver le remède au drame vécu. Mais comme entendu par quatre scénaristes le remède est ce loup, Mystère, sujet du récit, bel animal et problématique de cette famille face aux chasseurs coriaces aux aguets. 

Mystère est un petit film modèle à destination des petits. Ces derniers seront réjouis de l’aventure, quand les parents trouveront un manque certain d’ambition profitant simplement du film pour s’évader un tant soit peu. Bien trop peu de la part d’un film qui trouve rapidement ses limites embauchant de nouveau Tchéky Karyo dans le rôle caricatural du fermier taiseux. Mystère est une production essuyant tous les poncifs du genre sans jamais trouver ce souffle bénéfique à l’aventure. Nicolas Vanier reste en cela l’unique à trouver la solution en écumant toutes les histoires possibles, Donne-moi des Ailes étant un bel exemple de réussite, quand Poly est un ratage poli. Le genre Nature & Découvertes du cinéma français commence à s’épuiser, exemple avec Mystère, petit film démagogue montrant les dents à l’encontre les chasseurs. Dommage.

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