Raoul Taburin a un secret : À bicyclette !

Raoul Taburin a un secret, il ne sait pas faire de vélo. Une incapacité qui le taraude depuis tout petit. Chacun reprend le flambeau familial à Saint-Céron. L’opticien (les Bifailles), le boucher et chaque corps de métier du village sont repris d’enfants à parents. Sauf Raoul Taburin incapable de prendre la relève de son père, postier du village.
Raoul va alors s’évertuer à trouver de multiples parades et de cacher son handicap à tous. Par la force des choses, il devient le réparateur de vélo, outil de transport privilégié des habitants et des vacanciers. À Saint-Céron, un vélo se dit dorénavant un Taburin.
Raoul est un génie en mécanique de bicyclette. Il les répare, mais ne sait pas pédaler. Jusqu’à l’arrivée de Figougne (Edouard Baer), un photographe spécialiste dans le portrait. De cette rencontre, la vie de Raoul va être bousculée, Figougne demandant à lui apprendre à faire du vélo.

Un scénario simple pour un film singulier de la part de Pierre Godeau. Il est assez cocasse de retrouver le jeune réalisateur à la barre de ce film chaud après le drame sexuel Eperdument qui se déroulait essentiellement en prison avec Adèle Exarchopoulos et Guillaume Gallienne. Avouons d’emblée que le réalisateur s’efface derrière l’histoire typique de Sempé.
Raoul Taburin est un livre sorti en 1995. Sempé est, avec Goscinny, le papa du Petit Nicolas. Après les adaptations maladroites de ce dernier, voir Raoul Taburin adapté pour le cinéma nous laissait craindre le pire. Mais Sempé est à la baguette du scénario soutenant Guillaume Laurant, fidèle scénariste de Jean-Pierre Jeunet. Justement, tout le plaisir de Raoul Taburin repose sur l’orchestration de son scénario fidèle. Il y a un certain entrain, une mécanique à l’ancienne typique du cinéma français dans cette trame classique, mais singulière, renvoyant au cinéma de Pagnol. Raoul Taburin est un film qui respire, sentant la lavande sous le son discret des criquets. Le spectateur est invité à ne jamais sortir de Saint-Céron (village fictif) et de rester aux basques de Raoul.
Ce dernier est interprété par Benoît Poelvoorde qui s’imprègne posément du rôle. L’acteur belge est calmement amené à former un duo idéal avec Edouard Baer. Là nous retrouvons la patte de Pierre Godeau qui gère ses comédiens avec tact. Il éloigne les deux trublions de l’étincelle capable de l’explosion à chaque instant. En cela, le tournage a dû être un beau moment. On connait les deux comédiens capables de partir dans les extrêmes. Dans Raoul Taburin, ils incarnent avec conviction de beaux personnages du dessin à l’écran, Sempé a dû avoir un beau pincement au cœur en les regardant.

Raoul Taburin est la meilleure adaptation du travail de Sempé au cinéma. Un film familial réconfortant, chaleureux qui enrobe nos cœurs avec ce soleil et cette histoire cocasse. Raoul Taburin ne sait pas faire de vélo, mais il est un héros familial affable. Il inspire ce sentiment à un film extatique qui saura réunir la famille pour un agréable moment de divertissement.

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