Puppet Master – The Littlest Reich : Bring On World War III

Quelle fabuleuse réjouissance de voir Puppet Master : The Littlest Reich à Gérardmer ! Tenant parfaitement sa place dans un festival (il avait d’ailleurs été présenté à la séance interdite du PIFFF en décembre dernier), le film se fond dans l’hommage fait à Udo Kier et nous offre le premier vrai moment de festival de cette 26ème édition, arrivant en cette journée du samedi après un film incompréhensible (Meurs, monstre, meurs) et un film d’une pauvreté scénaristique navrante (Blackwood, le pensionnat).

Tous les compteurs étaient donc au vert pour Puppet Master : The Littlest Reich, treizième opus d’une saga proprement inégale qui se présente comme un reboot sous la houlette de S. Craig Zahler qui en signe le scénario. C’est donc avec un véritable intérêt que l’on découvre le film, remettant en contexte l’histoire d’André Toulon (Udo Kier, forcément), fabricant de marionnettes ayant œuvré pour le IIIème Reich et s’étant réfugié aux États-Unis avant de se faire abattre par la police au Texas dans les années 80. De nos jours, une convention en mémoire de Toulon est organisée et Edgar, dessinateur de bandes-dessinées récemment divorcé s’y rend avec sa nouvelle petite amie et son meilleur ami pour y vendre une marionnette ayant appartenu à Toulon qu’il a trouvé dans la chambre de son frère décédé des années plus tôt. C’est dans un hôtel rempli de collectionneurs de marionnettes que celles-ci finissent par s’animer et entreprennent de continuer les massacres nazis, s’en prenant aux Juifs, aux homosexuels et à toutes les minorités dont le Reich ne voulait pas…

Jeu de massacre sacrément gore et parfaitement outrancier, The Littlest Reich cache dans son scénario une ironie mordante et une gestion du rythme que l’on reconnaît immédiatement comme la patte de Zahler, l’homme s’étant imposé comme un cinéaste prometteur dès son premier essai, Bone Tomahawk. Le problème, c’est qu’au-delà de cette ironie s’amusant farouchement avec les clichés, le scénario ne semble pas trop savoir quoi raconter. Les scènes gores, si elles sont méchantes et généreuses, perdent de leur impact à force d’être commises gratuitement sur des personnages dont on se fout éperdument à l’image de cette femme enceinte éventrée ou de ce gosse aux mains tranchées.

La réalisation de Sonny Laguna et Tommy Wiklund ne viendra pas relever le tout, celle-ci s’avérant incapable de créer le moindre rythme au sein d’un film inégal dont on ne sait pas toujours ce qu’il veut nous dire. Il y avait pourtant de quoi faire avec ces marionnettes aussi terrifiantes qu’inventives voulant poursuivre l’objectif des nazis mais The Littlest Reich a parfois tellement de recul sur lui-même qu’il en oublie de créer une véritable empathie avec ses personnages. C’est d’autant plus dommage que l’on tient là malgré tout un film au potentiel fort, relevé par certains dialogues mordants et surtout un vrai goût pour les effusions de sang. L’exercice mené par Zahler ne réussit donc qu’une moitié de son travail de reboot et semble parfois trop distant. Il n’en demeure pas moins très drôle, le film étant une belle bête de festival, capable d’animer à merveille une salle comble. Ce dont on se contentera sans trop faire la moue.

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  1. 26e Festival International du Film Fantastique de Gérardmer : Jour 5 + Cérémonie de Clôture. -

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