Stranger Things- saison 2 : La série est toujours aussi renversante !

Alors que la première saison de Stranger Things a connu un succès surprise, sortant un peu de nulle part si ce n’est de la volonté des spectateurs de se réfugier dans les années 80 où il faisait bon vivre, la deuxième saison de la série culte de Netflix est devenue un événement à elle seule. Annoncée à grand renfort d’affiches superbes placardées un peu partout (on se souvient du look dingue de la gare Saint-Lazare à Paris où Stranger Things grouillait sur chaque mur et chaque recoin) et d’une promotion presque assommante, la saison 2 se devait d’être une réussite. Fort heureusement, la série des frères Duffer ne doit pas son existence et son succès à un coup de chance. Les deux frangins ont longuement mûri le projet et semblent savoir où ils le mènent. Sans chercher à faire dans l’originalité (ce n’est clairement pas le but de la série), les scénaristes font de cette saison une suite tout ce qu’il y a de plus classique : bigger & louder.

A y regarder de plus près, cette deuxième saison de Stranger Things est à la série ce que le Aliens de James Cameron est à la saga Alien. Les frères Duffer ont énormément appris du film de James Cameron, en témoignent la multiplication des Démogorgons (et donc du budget effets spéciaux), la profondeur psychologique et émotionnelle des personnages ainsi que la présence de Paul Reiser au casting dans la peau d’un scientifique, lui qui, souvenez-vous, était aussi salaud que les aliens dans le film de Cameron. Évidemment, tout ne fait pas mouche dans la construction de la saison : certains nouveaux personnages peinent à exister, semblant uniquement là pour remplir un rôle bien défini (comme Sean Astin, rescapé des Goonies et du Seigneur des Anneaux) ; certaines intrigues esquissées s’évanouissent un peu trop rapidement et le démarrage est un poil long.

Il n’y a cependant rien à redire sur le développement des personnages que l’on a appris à connaître et aimer durant la saison 1. Chacun d’entre eux se voit ici gâté, servi par de belles scènes et de belles dynamiques. Pendant longtemps, la saison marche d’ailleurs en duos : Hopper et Eleven, Nancy et Jonathan, Joyce et Will, Will et Mike, Steve et Dustin (le duo le plus drôle de cette fournée d’épisodes), Lucas et Max. L’occasion pour la série d’offrir son lot de scènes particulièrement réussies où l’alchimie entre les acteurs et l’équilibre du ton (léger, parfois rempli d’auto-dérision, souvent émouvant) fait des merveilles. Impossible de résister à ces personnages auxquels nous sommes désormais attachés, avec qui nous partageons leurs joies, leurs craintes, leurs chagrins. Une fois de plus, l’immense réussite de la série provient du ton qu’elle adopte : à l’heure où le cynisme et la conscience de soi et de ses références règnent un peu partout, Stranger Things prend le parti d’avoir énormément de bienveillance sur ses personnages et de prendre son intrigue très au sérieux. Un premier degré toujours aussi rafraîchissant et toujours aussi bienvenu, les nombreuses références aux années 80 n’encombrant jamais le récit, préférant le porter.

Prenante de bout en bout, cette deuxième saison se paye même un épisode 7 un peu particulier entièrement centré sur Eleven en dehors d’Hawkins. Un épisode charnière tombant un peu comme un cheveu sur la soupe au milieu d’une saison haletante (le cliffhanger de fin de l’épisode 6 était assez dingue en même temps) mais qui ouvre néanmoins de sacrées pistes pour le personnage d’Eleven, laissant deviner une trame scénaristique inévitable et sacrément tentante. La saison se finira sur deux épisodes particulièrement réussis, notamment l’épisode 8 dont toute la première partie est un véritable morceau de bravoure bourré de suspense.

Réalisée avec soin (on trouve même Andrew Stanton dans la liste des réalisateurs de cette saison), écrite avec un amour sincère pour le cinéma de genre et les années 80, interprétée par des acteurs toujours talentueux, cette seconde saison apporte à Stranger Things tout ce qu’on espérait et plus encore. On avait du mal à imaginer comment la série pourrait continuer à charmer. Elle le fait tout simplement en restant fidèle à elle-même et en offrant un divertissement à la fois spectaculaire et humain, nous montrant que, décidément, si l’on veut du cœur au sein d’un divertissement populaire, c’est bien vers les séries qu’il faut se tourner.

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