Stranger Things, Saison 4 – Partie 1 : Un, deux, Vecna te coupera en deux !

Pour le lecteur assidu de Close-Up Mag que vous êtes, il ne vous est pas étranger que lorsqu’un chroniqueur s’attaque à une série, il se charge généralement de traiter les saisons suivantes également. Cas étrange pour Stranger Things, jamais personne n’a pu assurer le suivi. Ainsi après les avis de l’ami Alexandre sur la saison 1 et la saison 2 et celui de Mathieu sur la saison 3, c’est à notre tour de nous y coller. Entre les chroniqueurs convaincus qu’elle n’a rien de bien transcendant et ne fait que porter sa popularité grâce à la nostalgie sur laquelle elle s’appuie grandement et les chroniqueurs qui ne s’y intéressent pas du tout, impossible pour Close-Up d’émettre une ligne de conduite claire et un positionnement concret concernant la série créée par les frères Duffer. Et cela ne risque pas de s’arranger à la fin de notre papier puisque nous faisons parti de ceux qui ont découvert la série le jour de sa sortie sur Netflix en 2016. Nous avons été parmi la première vague de spectateurs à être envoûtés et conquis par la proposition. Et notre enthousiasme ne s’est jamais estompé au fil des saisons. Vous l’aurez compris, si vous êtes du camp des aigris de service, ce n’est certainement pas avec ce papier que vous trouverez satisfaction. En revanche, si les aventures des habitants de Hawkins vous passionnent, alors installez-vous paisiblement, on a des choses à se dire.

Six mois se sont écoulés depuis la bataille de Starcourt qui a semé terreur et désolation sur Hawkins. Encore titubants, nos amis se trouvent séparés pour la première fois et la vie de lycéen n’arrange rien. C’est à ce moment de vulnérabilité qu’une nouvelle menace surnaturelle apparaît et, avec elle, un terrible mystère qui pourrait être la clé permettant de mettre fin aux horreurs du monde à l’envers.

Après une troisième saison particulièrement pop et dont le final spectaculaire nous en avait mis plein la vue, comment relancer la machine ? Stranger Things attaque sa quatrième saison avec des enjeux importants. En décidant de séparer géographiquement les héros, les frères Duffer doivent relancer l’intérêt du projet, garder une dynamique de groupe et commencer à amorcer une conclusion en bonne et due forme afin d’éviter la redite. Il y a énormément de choses concrètes à peser et à ne pas oublier afin de garder la série sur des rails en parfait état de marche. Et qu’on ne vienne pas nous rabâcher la sempiternelle excuse du « ça ne fait rien d’autre que pomper sur la nostalgie des 80’s » parce qu’on vous parle d’enjeux inhérents à toutes les séries qui entendent maintenir un fil rouge entre leurs saisons. Une fois encore, les frères Duffer prennent les rênes des deux premiers épisodes de cette saison 4 et parviennent à relancer tous les arcs narratifs avec panache. Les épisodes voient leur durée se rallonger drastiquement (75 minutes en moyenne) pour une bonne raison. Les créateurs profitent de voir leur casting mûrir afin de leur faire effectuer des actions plus musclées et plus virulentes. Les thèmes de cette quatrième saison sont clairs. Désormais Stranger Things aura à cœur d’aborder les questions du harcèlement scolaire, des violences parentales et infantiles et du suicide chez les adolescents, entre autres… Des thèmes qui demeuraient en suspens jusqu’alors et qui sont enfin abordés de manière très frontale. Pour sûr, Stranger Things se met à hauteur des jeunes spectateurs qui grandissent avec la série et ose enfin taper dans le lard et l’explicite pour notre plus grand plaisir. Cette quatrième saison s’ouvre à une dimension horrifique plus que bienvenue. Les victimes meurent dans d’atroces souffrances et de manière frontale, Stranger Things entre définitivement dans la cour des grands (toute proportion gardée, ça reste tout de même adressé à un public jeune / adolescent).

Pour ce qui est de redynamiser les groupes, cette quatrième saison ne laisse aucun personnage sur le carreau. Entre les personnages bloqués à Hawkins en proie à un ennemi coriace tout droit sorti des Griffes de la Nuit, ceux en partance pour l’Alaska qui ne peuvent s’empêcher de se la jouer entre Tom Clancy et Indiana Jones et le noyau dur qui gravite autour d’Eleven à la recherche des origines de ses pouvoirs, la première partie de cette saison 4 ne laisse aucune place aux temps morts. Il ne s’agit plus que d’une simple série autour d’une bande de cinq amis. Le tour de force de Stranger Things est d’être parvenu à inclure des personnages secondaires aussi importants que les héros originels. La richesse dans leur écriture et l’évolution évidente qu’on leur confère permet ce profond attachement qui fait qu’on prend peur pour chacun d’entre eux. Il n’y a pas un seul personnage qu’on désire voir tirer sa révérence tant ils s’imbriquent parfaitement comme les maillons d’une seule et même chaîne. Stranger Things doit autant sa popularité à la bouille attendrissante d’un Dustin qu’à l’impulsivité de la fraîchement arrivée Robin. En dépit d’une préférence évidente pour certains membres du casting qui se tirent une plus grande partie de la couverture que d’autres, cette première partie de la saison 4 octroie de vrais moments de bravoure à ceux qui n’avaient pas encore eu l’occasion de briller. Mention honorable pour Nancy et Robin qui n’auraient pas peur de s’entretenir avec Hannibal Lecter si leur vie en dépendait. Outre le fait de continuer à assumer un héritage des œuvres de Stephen King et Steven Spielberg, Stranger Things s’ouvre les portes d’univers plus radicaux comme ceux de Clive Barker ou de la J-Horror sauce The Ring. Une fois encore, les films que la série prend plaisir à pasticher ne sont pas qu’accessoire. Il y a un vrai intérêt à faire cohabiter les œuvres qui ont nourris les auteurs avec l’univers qu’ils ont créé. Toutes les pièces de l’immense puzzle qu’on nous a détaillé lors de trois saisons commencent à s’emboîter et la fin de la première partie nous offre de précieuses clés.

Cette première partie de la saison 4 de Stranger Things parvient à lancer de nouveaux arcs narratifs riches tout en entamant la finalité de certains mis en place depuis la première saison. On peut reprocher bien des choses aux frères Duffer, mais certainement pas de ne pas maîtriser leur sujet. Les curseurs de la pop-culture ont été atténués pour faire solidement grimper ceux de l’horreur. Un virage nécessaire et surprenant pour une série qui étire ses épisodes pour les bonnes raisons. La fin s’annonce sportive et des larmes risquent de couler à foison. Reste à voir si la seconde partie de la saison 4 laissera suffisamment de matière à décortiquer depuis que l’on sait que les frères Duffer envisagent une cinquième et dernière saison. Si la fin approche à grand pas, il ne faudrait pas tomber dans la saison de trop…seul l’avenir nous le dira. Quoi qu’il en soit, rendez-vous est pris début juillet afin de voir si cette seconde partie de saison 4 comblera pleinement nos vives attentes. A bon entendeur mesdames et messieurs les détracteurs…

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*