Bad Boys – Ride or Die : Trop vieux pour ces conneries

Depuis ce fameux coup de sang lors de la cérémonie des Oscars 2022, la question s’est régulièrement posée à savoir si nous reverrons un jour Will Smith sur un grand écran de cinéma ? Si nous ne croyons pas une seule seconde en la sincérité de cette gifle scénarisée pour donner un coup de fouet aux audiences de la célèbre cérémonie, preuve en est sa remise en avant avec ce nouvel opus des Bad Boys. 

Quatre ans après un retour surprise avec un troisième opus inattendu, l’acteur star et Sony ont décidé de développer ce succès des années 1990 en une franchise opportuniste. Bad Boys est un buddy movie explosif sorti en 1995 propulsant la jeune star de la télévision américaine en un héros musclé au cinéma. Il validera sa place en tant que tête d’affiche l’année suivante en portant le blockbuster estival Independance Day réalisé par Roland Emmerich. Si Bad Boys connaîtra une suite tardive en 2002, il faudra attendre une vingtaine d’années pour une troisième enquête en compagnie de Marcus Burnett et Mike Lowrey. Avec la sortie tonitruante de Ride or Die, quatrième opus de la série, une question se pose : Bad Boys peut-il se transformer en une franchise viable ?

Les inspecteurs Marcus Burnett incarnés par Martin Lawrence et Mike Lowrey par Will Smith sont des personnages attachants. Si Bad Boys premier du nom accuse le poids des années à l’image de l’humour graveleux de Bad Boys 2, on a apprécié les retrouver dans Bad Boys for Life. Le tandem fonctionne à merveille au fil des quatre longs métrages. Ils ont même permis de relancer au creux des années 1990 le sous genre du buddy movie iconisé par le film de Walter Hill, 48 Heures avec Nick Nolte et surtout Eddie Murphy, au début des années 1980. 

Mais ces Bad Boys ont-ils les épaules assez larges pour soutenir le poids d’une franchise ? Après le succès de Bad Boys for Life, Sony a commandé une série TV Bad Girls mettant en vedette le personnage de Syd Burnett – sœur de Marcus – ancien agent de la DEA, aujourd’hui policière à la LAPD avec sa coéquipière campée par Jessica Alba. Le show a connu deux saisons avant d’être annulé. Sans se démonter, le studio et Will Smith persistent avec Ride or Die, film de trop pour des acteurs/personnages trop vieux pour ces conneries.

Le poids de l’âge est au centre de ce nouveau film. L’heure de se caser et de fonder une famille pour l’un quand le second voit les années d’excès le rattraper subitement. L’intention de creuser le temps qui passe sur le corps boursouflé de Burnett et l’envie de se poser pour Lowrey est sur le papier intéressante. L’idée est en filigrane tout le long d’un métrage sous écrit et gonflé à bloc par une mise en scène ad hoc.
Ce nouvel opus est de nouveau orchestré par le duo belge Adil & Bilal. Nous avions découvert le cinéma des deux potes réalisateurs avec leur version urbaine et violente de Roméo & Juliette, Black sortie en 2015. Après le méconnu Gangsta en 2018, les deux réalisateurs tentent leurs chances à Hollywood convoqué par Jerry Bruckheimer pour orchestrer Bad Boys for Life. Il y aura ensuite le coup d’épée dans l’eau Batgirl pour DC Comics, et aujourd’hui Ride or Die. Si l’énergie déployée pour Bad Boys For Life avait surpris, Adil & Bilal singent avec ce 4e opus la mise en scène de Michael Bay. Le fameux réalisateur fait même une apparition en milieu de film au volant de la célèbre Porsche du premier film. 

Le jeune duo veut malheureusement en faire trop, beaucoup trop quitte à procurer la nausée. Les plans de drones sont légion et la caméra est limite à s’infiltrer dans les trous de nez des comédiens. Le duo s’est repassé en boucle Ambulance, dernier rejeton de Michael Bay, pour un copier-collé pas bien finaud. Ride or Die s’emballe tel un taureau sous coke provoquant des crises de panique à Will Smith et une crise cardiaque à Martin Lawrence. On sort de la séance essoufflée et abrutit par un scénario prétexte sous-écrit et une mise en scène de jeu vidéo façon Call of Duty orchestrée par un gamin de 12 ans. Que retenir donc de ce quatrième épisode ?

Bad Boys – Ride or Die est un blockbuster efficace, rejeton trisomique des deux derniers films parfaits pour engloutir son pot de pop corn. Il est un fast-food cinématographique bourratif aussi vite digéré que rejeté. Souvent lourd, quelquefois drôle (il faut l’avouer), le problème de ce quatrième opus de la saga est qu’il n’a rien à apporter de plus que de tirer sur la ficelle exploitant des personnages à bout de souffle. Le pire est que l’avenir de la série dépend de ses résultats au box office, et que si succès il y a, cinquième opus il y aura.

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