Édito – Semaine 23

C’est une cruelle déception : en dépit d’être le meilleur blockbuster à être sorti sur grand écran depuis Mad Max : Fury Road (oui George Miller est un fou furieux, un doux génie du septième art), Furiosa se retrouve actuellement avec des scores décevants au box-office. Préquelle arrivant trop tardivement (neuf ans) après Fury Road ? Public dérouté par sa longueur ? Par son univers déprimant ? Craignant que ce ne soit pas aussi bien que le précédent ? Aucune explication ne nous semble crédible : le film comporte deux têtes d’affiche attirantes (Anya Taylor-Joy et Chris Hemsworth) et le public a prouvé avec Dune et Avatar qu’il ne craignait pas les films longs (autant que les suites tardives). Le film a même bénéficié d’une belle promotion, suffisamment alléchante pour donner envie de se ruer le voir, doublée d’un excellent bouche-à-oreille. Que se passe-t-il donc ?

En effet, avec un démarrage à 32 millions de dollars (là où Fury Road démarrait à 45 millions) pour un budget estimé à 168 millions, Furiosa entame bien trop faiblement son exploitation aux Etats-Unis. En France également, quand son prédécesseur effectuait une première semaine à 905 000 entrées, Furiosa se contente ici de 358 000 entrées, pulvérisé par le carton surprise d’Artus, Un p’tit truc en plus qui vient tout juste de dépasser la deuxième partie de Dune au rayon des films les plus vus au cinéma cette année.

Ces chiffres faibles sont incompréhensibles quand on pense à la rareté actuelle des blockbusters de qualité (on avait beaucoup aimé Dune mais Furiosa le rhabille pour l’hiver) et au fait que beaucoup s’en plaignent. Dans ce cas-là, pourquoi ne sont-ils pas plus nombreux à aller soutenir une proposition aussi folle que Furiosa, combinant épopée mythologique et film d’action à grande échelle, impressionnant sans cesse par son imaginaire et par sa mise en scène ? Ne pas aller voir Furiosa sur grand écran, c’est ne pas aimer le cinéma, c’est ne pas le soutenir, c’est potentiellement empêcher George Miller d’embrayer sur son prochain projet et de nous priver d’un autre film incroyable. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire chers lecteurs :  foncer voir Furiosa. Une fois, deux fois, trois fois, le film actuel qui a un p’tit truc en plus, c’est bel et bien lui.

PS : édito écrit en écoutant ce morceau que l’on dédicace chaleureusement à Pierre-Emmanuel

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*