Édito – Semaine 21

Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’en parler et nous arrivons après la bataille mais nous tenions néanmoins à rendre hommage dans nos colonnes à Roger Corman, décédé au bel âge de 98 ans le 9 mai dernier ; un cinéaste et producteur majeur, spécialiste de la série B à qui l’on doit le lancement de nombreuses grandes carrières : Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Joe Dante, Peter Bogdanovich, Jonathan Demme ou encore James Cameron sont tous passés par l’écurie Corman à leurs débuts, se faisant la main sur des productions aux budgets légers et aux tournages express offrant cependant une grande liberté créative. De là à dire que tout un pan du Cinéma américain n’aurait pas le même visage sans lui, il n’y a qu’un pas… que nous osons franchir !

Roger Corman c’était également un réalisateur à la filmographie riche et passionnante dont les films les plus connus sont certainement ses adaptations (au nombre de huit) de Edgar Allan Poe avec Vincent Price : un cycle de films qui reste encore aujourd’hui le sommet du film gothique suranné façon 60’s et qui a influencé, entre autres, un certain Tim Burton tout en nous faisant découvrir l’immense talent de Vincent Price dont la présence dans le moindre film, même médiocre, demeure pour nous d’un intérêt constant. Corman c’est aussi la cultissime Petite boutique des horreurs ainsi que The Intruder, pépite méconnue et engagée redécouverte en 2018 grâce à Carlotta, offrant à William Shatner son plus grand rôle. Un homme à l’influence conséquente sur l’Histoire du Cinéma (il a également été distributeur, s’occupant de sortir aux États-Unis des films de Fellini, Bergman, Truffaut ou Kurosawa) dont on vous conseille la lecture de son livre édité par Capricci : Comment j’ai fait 100 films sans jamais perdre un centime.

Et sans aucun rapport avec Roger Corman, pour lequel nous garderons toujours un vif souvenir cinéphile, nous tenions à ouvrir la semaine avec la vidéo qui nous a fait le plus de bien ces derniers jours : la reprise de Modern Love de David Bowie par Zaho de Sagazan à l’ouverture du Festival de Cannes, chantée devant une Greta Gerwig émue. Un moment magique, hors du temps, petite bulle de bonheur précieuse en ces temps incertains, que l’on ne peut donc pas s’empêcher de repartager ici, histoire de nous donner de l’énergie en ce lundi matin.

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