Son nom de Venise dans Calcutta désert : India Sounds…

Fiche technique :

  • Réalisatrice : Marguerite Duras
  • Casting : avec les participations presque fortuites de Delphine Seyrig, Michael Lonsdale, Nicole Hiss, Sylvie Nuytten…
  • Genre : cinéma expérimental, essai
  • Compositeur : Carlos d’Alessio
  • Date de sortie : 2 juin 1976 (France)
  • Durée : 120 minutes
  • Pays : France

Synopsis :

India Song – l’année d’après. Marguerite Duras revient sur les lieux de tournage de ce qui restera certainement son film le plus célèbre, une fois encore accompagnée de son chef opérateur Bruno Nuytten afin de filmer les intérieurs délabrés du Château Rothschild : en résulte une oeuvre-double, ambivalente presque, successions d’images de couloirs désaffectés aux confins du désert humain, ruines somptueuses, authentique charnier exsangue de femmes et d’hommes… autant de visions cliniques voire cauchemardesques auxquelles la réalisatrice appose l’intégralité de la bande-son du fameux India Song, une œuvre dialoguant en permanence avec cet hénaurme et fascinant état des lieux filmique. Comme en filigrane les figures du film originel apparaissent au détour d’une fenêtre, d’une porte ou d’un escalier, sublimées par les airs de valse et de tango composés par le grand Carlos d’Alessio. « Son nom de Venise dans Calcutta désert » , citation directe du film sus-cité, est – de ce point de vue – le potentiel et tout premier « found-soundtrack » de l’Histoire du Cinéma.

Notre avis :

Plus que d’aucuns québécois vous l’affirmeront : « Voir un film, c’est surtout l’écouter » . Comme un geste purement et littéralement nost-algique Marguerite Duras revient sur les lieux de tournage de India Song, « retournant sur la souffrance » d’un chef d’œuvre désormais invisible à notre regard mais que la romancière et réalisatrice ressuscite à nos oreilles puis – in fine – à notre imaginaire cinéphile. Magnifié par sa bande-sonore reprenant l’intégralité des dialogues et des musiques du film originel Son nom de Venise dans Calcutta désert s’impose avec insolence comme un long métrage à part entière, étrange remake d’un film-fleuve et objet expérimental d’une richesse interprétative inouïe. Une promenade que n’aurait pas renié un certain Alain Robbe-Grillet, auteur du scénario de l’inoubliable L’année dernière à Marienbad au cœur duquel le regretté Alain Resnais n’avait pas son pareil pour tirer les plus belles splendeurs du plus marmoréen des plafonds intemporels et inextinguibles. Magnifique.

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