Les Trolls 3 : Gueule de bois et doliprane

S’il y avait bien une franchise de jouets à décliner en film d’animation sur laquelle nous n’aurions jamais misé un centime, c’était celle des Trolls. Fort d’un premier film étonnant, plein de couleurs vives, d’un humour ravageur et d’une énergie pop enivrante, nous avions été plus que conquis par la suite sortie en 2020 : clairement plus folle en guise d’humour régressif et qui osait pousser les potards des explosions de couleurs à nous en faire frire les rétines. Les Trolls 2 était clairement l’une des meilleures propositions animées de l’année 2020 et reste un film que nous prenons plaisir à revoir tant il est une réussite à absolument tous les niveaux. Autant vous dire que nous attendions de pied ferme la sortie du troisième opus, définitivement conquis par ce monde atypique plein de couleurs, de chansons et de bons sentiments.

Poppy et Branch sont officiellement en couple. Alors qu’ils n’ont plus de secrets l’un pour l’autre, Poppy fait une découverte incroyable relative au passé de Branch. A l’époque, avec ses quatre frères, Floyd, John Dory, Spuce et Clay, ils formaient le boys band le plus en vogue du moment : les BroZone. Alors qu’il n’était qu’un enfant, le groupe s’est séparé, tout comme la fratrie, et depuis Branch n’a jamais revu ses frères. Lorsque Floyd est enlevé par les pires crapules qui en veulent à son talent musical, Branch et Poppy se lancent dans une aventure poignante et bouleversante afin de réunir les frères ennemis et sauver Floyd d’un sort encore plus funeste que celui de vivre dans les oubliettes de la pop culture.

Pour ce troisième opus, Walt Dohrn, déjà réalisateur sur les deux films précédents, renfile sa casquette pour continuer à nous en apprendre davantage sur le passé du mystérieux Branch, le troll grincheux au cœur tendre. Disons le clairement et rapidement : Les Trolls 3 est une amère déception. Après un second opus véritablement « over the top », les scénaristes et le réalisateur montrent ouvertement qu’ils sont à bout de souffle. En dépit de sa cascades de chansons qui ravira les fans de pop musique, le film manque cruellement de rythme. La magie n’opère plus en partie à cause du manque de plusieurs personnages secondaires qui amenaient la touche d’absurde qui rendait le comique des films précédents si délectable. Il y a bien l’incursion du personnage de Petit Diamant qui sert de comic relief, mais il est bien trop faible pour parvenir à assumer toutes les absurdités qui étaient assignées à plusieurs personnages autrefois. De fait, il fait office de personnage franchement balourd plutôt que de nous faire rire en bonne et due forme. En souhaitant amorcer un virage plus sérieux dans l’histoire de l’un des héros de la franchise, Les Trolls 3 fait indubitablement fausse route en adoptant un ton dramatique premier degré qui ne sied guère à son univers.

Si la déception n’était qu’au niveau du ton, nous aurions pu encore passer un joli moment devant Les Trolls 3. Seulement, il faut que l’on vous parle du character design des deux antagonistes du film. Qui a pondu ces dessins d’une laideur exécrable ? A peine digne d’une cinématique de Playstation 3, les vilains du film en font vomir nos rétines tellement ils sont grossièrement dessinés. Ils n’ont aucun relief ni aucun détail qui puissent les rendre inoubliable ou un tant soit peu vivant, ce sont des cubes de porcelaine animés. Ils font d’ailleurs drôlement tâche à côté des trolls qui eux, bénéficient d’un soin particulier que ce soit dans le détail de leurs fourrures ou encore la brillance de leurs tenues. On ne remarque pas d’évolution flagrante depuis le second opus (là où il y avait un gap énorme entre le premier et deuxième film), voilà aussi ce qui donne l’impression de redite : oui les héros sont beaux mais on ne cherche plus à les magnifier ni à étoffer leur univers. Les Trolls 2 était tellement réussit qu’il a fait peser une pression énorme sur les épaules de ce nouvel opus. Les Trolls 3 est un dommage collatéral, le résultat mercantile de la suite qu’il ne fallait vraiment pas faire (même si nos chères petites têtes blondes risquent fort d’apprécier le spectacle, ne nous faites pas dire ce que nous n’avons pas dit).

Sans être d’un ennui abyssal, Les Trolls 3 s’oublie aussitôt vu. Maigre constatation de se rendre compte que la belle poudre jetée à nos yeux ne nous aura fait rêver uniquement le temps de deux films franchement réussis. Le film n’en demeure pas moins un joli divertissement pour les plus jeunes enfants, il oubli seulement de divertir les adultes venus accompagner leurs enfants.

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