Veuillez Nous Excuser Pour La Gêne Occasionnée : Le transpercecon !

Pour le commun des mortels, le réalisateur Olivier Van Hoofstadt est uniquement l’homme derrière Dikkenek. Comédie générationnelle qui a bénéficié d’une popularité certaine grâce à un casting en or et l’appui de Luc Besson à la production. Pourtant, beaucoup ont oublié le second film de ce dernier, Go Fast, qui était un film d’action tendu qui mériterait d’être réhabilité tant il regorge de qualités. Van Hoofstadt avait disparu de nos radars pendant plus de 10 ans et est revenu en 2020 avec Lucky, une comédie absurde qui montrait une certaine maturité dans l’écriture (loin de l’hystérie fatigante de Dikkenek). Il récidive dans le même registre l’année dernière avec Veuillez Nous Excuser Pour la Gêne Occasionnée, désormais disponible en vidéo.

Sébastien, contrôleur de train consciencieux et professionnel, rêve d’être muté dans le sud de la France. Pour valider sa mutation, il doit effectuer un dernier trajet de routine sous la supervision de Madeleine, une inspectrice légèrement sociopathe, qui ne va pas le lâcher. C’est là que tout déraille. Entre un conducteur qui pense piloter un avion de chasse, un collègue très jaloux et des passagers tous plus dingues les uns que les autres, ce qui devait être une formalité va devenir le pire voyage de sa vie.

N’importe quel professionnel de l’industrie cinématographique s’accorde à affirmer que le genre le plus difficile à concevoir est celui de la comédie. La comédie nécessite un rythme particulier. Il faut savoir trouver la bonne mélodie afin d’attraper le spectateur et de parvenir à déclencher les rires, sésame ultime pour n’importe quel comique. La comédie repose sur un tempo, mais également sur la richesse de l’écriture d’un scénario. A l’instar du genre de l’horreur, il y a vraiment tout un procédé a conscientiser afin de parvenir à attraper son audience. Et même quand tous les ingrédients sont réunis pour faire des étincelles, il reste un paramètre qu’il est impossible de maîtriser : l’objectivité du spectateur. Rire fait appel à des sentiments propres à chacun. Le sens de l’humour de Pierre ne sera pas le même que celui de Jacques au même titre que Michel ne rira pas aux mêmes vannes que Julien… Ceci est une règle immuable et qui conduit parfois certaines comédies au panthéon de l’incompréhension chez certains là où d’autres adulent. Pour ne citer que les plus gros succès populaires de notre box-office, certains adorent Les Visiteurs, La Grande Vadrouille ou encore Bienvenue Chez Les Ch’tis quand d’autres les exècrent au plus haut point. Seulement, la comédie possède plusieurs sous-genres, et s’il y a bien un sous-genre qui fait réellement appel à l’objectivité plus que tout c’est l’absurde. Veuillez Nous Excuser Pour la Gêne Occasionnée concoure dans cette catégorie. Il en ira donc de votre capacité à abandonner toute logique formelle car le film en fait clairement fi.

Olivier Van Hoofstadt démontre clairement une prise de position dans sa manière de traiter l’humour avec ce nouveau film. Il parvient à trouver le ton juste entre hystérie abusive et comique de situation en recentrant son intrigue dans une seule et même unité de lieu. Le fait de tourner une histoire pareille en quasi huis-clos lui permet de mieux exploiter ses espaces et, surtout, de contenir ses comédiens. Il n’y a pas de grosses envolées qui peuvent vite devenir caricaturales (oui, nous n’aimons pas particulièrement Dikkenek) puisque les comédiens sont obligés de composer entre eux sans prendre le risque de se marcher sur les pieds. A la manière d’un Snowpiercer, le personnage de Sébastien affronte des situations de plus en plus rocambolesques au fil des wagons. Ces situations vont l’amener à se confronter à ses doutes, ses valeurs, ses croyances et surtout à devoir unifier certaines classes sociales dans le but de s’en sortir. Le film ne pousse pas non plus l’étude sociale à son paroxysme comme Snowpiercer, il reste avant tout une comédie absurde qui se sert de ces éléments pour parvenir à ses fins. Veuillez Nous Excuser Pour la Gêne Occasionnée nous révèle que Elsa Zylberstein sait parfaitement être drôle lorsqu’elle est bien dirigée. Elle campe un rôle à contre-emploi de ceux dans lesquels nous avions l’habitude de la voir. Sa folie est aussi contagieuse qu’elle canalise Artus qui, lui aussi, étonne par une retenue propre à son personnage. Son comique est bien plus fin puisqu’il subit les conséquences des absurdités de son entourage. Mention spéciale pour une scène d’accouchement mémorable, nous en rions encore.

Difficile de faire la fine bouche lorsqu’il s’agit d’évoquer Veuillez Nous Excuser Pour la Gêne Occasionnée. Sans être novateur, le film démontre une vraie maturité dans l’humour de Olivier Van Hoofstadt qui nous offre, à notre humble avis, un film nettement plus drôle et réussi que n’a pu l’être Dikkenek. Veuillez Nous Excuser Pour la Gêne Occasionnée est un film idéal pour réunir toute la famille le dimanche après-midi et de rire un bon coup sur les absurdités de ce monde qui pèse bien trop sur notre quotidien. Nous vous le recommandons fortement.

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