Édito – Semaine 19

C’est une bien triste nouvelle : cinéma mythique des Champs-Elysées, l’UGC Normandie va fermer ses portes le 13 juin prochain. Après l’UGC George V et le Gaumont Marignan, la plus belle avenue du monde va se séparer d’un grand symbole de la cinéphilie parisienne, poursuivant sa transformation en devanture brillante pour produits de luxe et marques prestigieuses où l’on fait la queue pendant une heure pour entrer dans une boutique où l’on peut se payer un sac à main à condition d’avoir vendu trois de ses organes avant.

Une salle qui va nous manquer

Reste une poignée d’irréductibles (le Publicis, le Balzac, le Lincoln, le Mac Mahon) dans les parages mais la place de la culture se réduit à peau de chagrin sur les Champs. La faute à une chute de fréquentation certes mais aussi à des nouveaux loyers beaucoup trop chers pour permettre au Normandie de continuer son exploitation en toute tranquillité. Sa grande salle sublime est le réceptacle de nombreux souvenirs de cinéma, surtout pour le jeune critique débutant sa carrière avec des projections presse en grande pompe de blockbusters attendus (Avengers, Jurassic World, Mourir peut attendre), nous arrachant quelques frissons naïfs en début de projection (un peu moins à la fin suivant le résultat…)

L’UGC Normandie c’était un refuge, qu’on y aille en projections presse ou, justement, entre deux projections presse pour caler ce trou de deux heures dans notre emploi du temps. La salle principale était sublime et si UGC compte terminer en fanfare en y proposant une lourde programmation de films cultes jusqu’à sa fermeture, on ne peut s’empêcher d’éprouver une immense sensation de chagrin à l’idée que, sans lui, les Champs-Elysées vont perdre une partie de leur identité et ressembler à quelque chose de plus superficiel, loin de nos préoccupations laissant visiblement les plus riches indifférents, comme toujours…

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