Rebel Moon, Partie 2 – L’Entailleuse : Y a-t-il un scénario dans l’espace ?

Zack Snyder tente de nous rassurer depuis la sortie de la première partie de son nouveau film tourné pour Netflix. Le réalisateur ne manque pas d’arguments pour nous convaincre combien il est important de voir les deux parties de son nouveau film comme une seule et même entité. Il ne s’agit pas d’une suite, mais bien d’un film de 4h que Netflix lui a sommé de scinder afin de créer l’événement. Nous n’avions pas caché notre amère déception lors de notre chronique de Rebel Moon, Partie 1 que nous vous invitons à aller relire tant notre avis n’a pas changé d’un iota. Pour autant, nous allons nous faire plaisir à décharger nos frustrations durant ces quelques lignes, non pas pour faire du remplissage inutile, mais afin de rentabiliser un minimum le précieux temps que nous avons consacré à ce diptyque aussi fascinant et bien construit qu’une structure en pâte à modeler d’un nourrisson de 15 mois manchot et non-voyant !

Kora et les guerriers survivants se préparent à combattre pour défendre leur nouveau monde, Veldt, aux côtés de son peuple et des agriculteurs contre le Royaume. Les guerriers révèlent leurs motivations à travers leur passé, alors que les forces du Royaume arrivent pour traquer et détruire la rébellion grandissante.

Un journaliste a récemment demandé à Zack Snyder pourquoi il abusait autant des effets de ralenti dans ses films, et particulièrement au sein des deux parties de Rebel Moon. La réponse de ce dernier a été symptomatique de tout ce qui ne va pas dans son film. Il a déclaré : « Parce que le slow motion c’est génial. Il permet d’embellir les moments héroïques. » A défaut d’avoir de réelles choses à disséquer dans son film, tentons d’analyser ces arguments de bas étage afin de mieux comprendre combien notre cher Zack s’est fourvoyé. A partir de quelle minute de ralenti sur la énième botte de blé récoltée sommes-nous censés trouver cela héroïque ? Oui, car concrètement, Rebel Moon, Partie 2 se divise en deux parties : une heure de récolte dans les champs de blé et une heure de « bataille ». A moins de faire un appel à candidature dans le but de réaliser la prochaine saison de L’amour est dans le Pré, nous ne comprenons pas ce qu’il y a d’héroïque à filmer une récolte de blé. Une fois encore, si Snyder s’était donné la peine d’étoffer ses personnages (principaux comme secondaires), en nous montrant la pénibilité du travail des agriculteurs, la vraie misère dans laquelle ils vivent, il est possible que l’effet escompté aurait fonctionné au moment de la récolte. Mais, à partir du moment où il nous fait croire que ses héros sont indestructibles, nous ne trouvons rien de bien affolant à les voir transpirer pour récolter les précieux grains. Si ce n’est rallonger jusqu’à écœurement la durée du film, sa première moitié ne nous apprend rien. Les détracteurs nous accuseront d’être de mauvaise foi. C’est vrai, cette moitié de film nous révèle le passé de Kora… ce sont les cinq minutes les plus pathétiques du film !

Kora révèle qu’elle a été enrôlée par le groupe qui a renversé la famille royale. Elle était chargée de tuer la princesse lors d’une cérémonie importante. La séquence, en passe de devenir anthologique chez Nanarland, voit Kora, la famille royale et son escorte entrer dans une salle. Ils sont accueillis par un orchestre de violons qui joue la musique intradiégétique du film. Mieux qu’une parodie de Mel Brooks, les violons intensifient le jeu au moment de la trahison, ils s’arrêtent subitement au moment où Kora tue la princesse et repartent de plus belle lorsque son gourou se retourne contre elle afin de lui faire porter le chapeau du meurtre de la famille royale. Pour sûr que la séquence aurait sa place au sein d’un remontage spécial de Spaceballs, mais clairement pas ici. Au-delà de la séquence ratée, le fou-rire laisse rapidement place à la colère quand on réalise qu’il aura fallu, en tout et pour tout 2h30 à Zack Snyder et ses scénaristes pour nous révéler ce passé qui tourmente leur héroïne : une bien maigre révélation qui n’ira pas plus loin dans l’analyse que de nous révéler le vrai antagoniste (super méchant dont nous ignorions l’existence jusqu’alors). Les autres guerriers (pièces) rapporté(e)s iront de leurs séquences tire-larmes également, mais ces dernières auront autant d’effet qu’une pilule de viagra sur un cadavre. L’ennui atteindra son paroxysme lorsque la grande bataille finale entrera en jeu et ne nous offrira qu’un bis repetita de la fin de la première partie. Le vilain a été ressuscité mais a toujours autant de charisme qu’un ersatz de Hitler au pays des Télé« teubés ». Sa confrontation avec Kora au sabre-laser n’aboutit à rien d’autre qu’à une envie de nous replonger dans la saga Star Wars et d’oublier bien vite que Snyder nous a volé 4h de notre vie. Rebel Moon, Partie 2 se conclut, après une série de deus ex machina vraiment grossiers, exactement au même point que sa première partie : les personnages n’ont pas évolué d’un iota, le super vilain n’a pas été vaincu… Zack Snyder a le toupet d’essayer de nous fait languir en nous laissant miroiter une suite à cette histoire dans laquelle tout reste à faire. L’idée de nous faire épiler l’entre-jambe à la cire nous procure plus de frisson que la possibilité d’un troisième film !

Zack Snyder ne manque pas d’arguments en vendant une director’s cut de près de 6h avec plus de sexe et de sang. Mais rajouter du sexe et du sang sur cette maigre copie c’est comme recouvrir un tas de fumier d’un beau nappage au chocolat : ça sera possiblement présentable, mais il vaut mieux ne pas en manger. Puisqu’on en est réduit à devoir argumenter sur des choses futiles et simples, voici le meilleur conseil que notre copain le Petit Robert puisse te donner, cher Zack, pour ton futur projet : «  scénario, nm → document décrivant l’action (d’un film), comprenant indications techniques et dialogues. » À bon entendeur Zack !

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  1. Édito – Semaine 18 -

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