Sea Fog – Les Clandestins : L’humanité par-dessus bord

Pourvoyeur de pépites comme on les aime, qu’il s’agisse d’exclusivités ou de classiques à redécouvrir, Shadowz fait toujours mouche, ayant décidé ce week-end de se placer sous la houlette du cinéma coréen. En effet, Sea Fog – Les clandestins, Tunnel et The Age of Shadows sont désormais disponibles sur la plate-forme. Et si les trois sont hautement recommandables (notamment The Age of Shadows, signé par l’incontournable Kim Jee-woon), nous avons choisi de nous pencher sur Sea Fog, sorti en 2015 dans nos salles et dont personne ne parle plus vraiment (son réalisateur n’ayant rien fait d’autre depuis). Une bonne occasion de le remettre en lumière pour cette séance Shadowz !

Sung-bo Shim n’est pas totalement inconnu au bataillon lorsqu’il réalise Sea Fog. En effet, le bougre a participé à l’écriture du scénario de Memories of Murder (à ce jour l’une des réussites les plus exemplaires du Cinéma coréen doublée de l’un des meilleurs polars de l’Histoire du Cinéma). Aussi quand il passe le cap de la réalisation, c’est avec l’aide de Bong Joon-ho, ici co-scénariste et producteur.

Le récit se déroule en Corée du Sud à la fin des années 90 et nous conte l’histoire du capitaine Kang qui accepte de transporter dans son bateau des clandestins venus de Chine afin de pouvoir réparer son navire et offrir une paie décente à ses hommes. Bien évidemment, étant donné que nous sommes devant un film coréen, il est impossible de penser un seul instant que tout va se dérouler comme prévu…

Sea Fog est un film à deux facettes. Dans sa première partie, sa volonté est de montrer avec réalisme les conditions de l’immigration, faisant alors un portrait amer de son époque et de son pays. Le capitaine est grassement payé pour transporter les clandestins qui seront entreposés dans une cale puante et obscure tandis que les femmes pourront faire valoir leurs atouts pour s’offrir une place dans la salle des machines, bien au chaud. Durant toute sa première partie, Sea Fog opère dans le social, prenant le temps de montrer les conditions de vie des marins et du transport des clandestins. Mais c’est surtout dans sa deuxième partie que le film se montre plus noir et plus violent, partant dans des directions que l’on n’aurait pas soupçonnées. Acculés dans une situation difficile, les hommes se retrouvent obligés d’agir et de faire des choix, dévoilant alors une nature humaine peu reluisante. Le meurtre et le viol sont des instincts primaires qui reviennent à la charge.

Comme souvent dans les films sud-coréens et particulièrement les thrillers, l’être humain est ici dévoilé dans toute sa noirceur et sa laideur. On peut balancer une clandestine par-dessus bord mais seulement si on l’a violée avant et on peut assassiner quelqu’un simplement pour sauver sa peau. D’une violence saisissante, la deuxième partie du film appuie là où ça fait mal et nous confronte à nos propres démons. Mais cette seconde partie ne pourrait exister sans la première, faisant alors du film une œuvre poignante à laquelle il est impossible de rester insensible. Surprenant, osant s’aventurer là où l’on ne s’y attendait pas forcément, mêlant la violence et l’humour noir avec la romance, Sea Fog – Les Clandestins a beau avoir quelques défauts (des petites longueurs et invraisemblances), il n’en reste pas moins un film prenant traversé par quelques fulgurances de mise en scène, faisant regretter que le réalisateur se soit arrêté sur un départ si prometteur…

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Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

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