Kung-Fu Panda 4 : Un dernier Po pour la route ?

De toutes les sagas d’animation produites par Dreamworks, c’est à celle de Kung-Fu Panda que nous sommes le plus attachés, autant par la nature drôle et attachante de son héros que par son univers visuel d’une grande beauté, que ce soit dans le design de ses personnages que dans celui de ses décors et de ses combats, permettant une certaine inventivité de mise en scène. Ceci dit, l’histoire de Po nous semblait avoir trouvé une parfaite conclusion dans le troisième film. Mais Hollywood n’est pas du genre à laisser tomber ses franchises lucratives surtout quand elles peuvent relancer la machine d’un studio connaissant quelques difficultés (le succès du Chat Potté – La dernière quête ayant été suivi de l’échec assez conséquent de Ruby l’ado kraken) : c’est ainsi qu’arrive Kung-Fu Panda 4.

Difficile de bouder notre plaisir devant ces retrouvailles avec Po d’autant plus que les scénaristes, sans non plus trop se casser la tête, ont trouvé le récit idéal pour faire évoluer le personnage. Totalement à l’aise dans son rôle de Guerrier Dragon, Po est sommé par Maître Shifu de se trouver un successeur. Notre panda préféré n’a évidemment aucune envie de le faire, incapable de se projeter dans le rôle d’un mentor. Mais sa rencontre avec Zhen, une renarde criminelle pourrait bien bouleverser ses convictions, d’autant qu’il doit affronter La Caméléone, une magicienne polymorphe, capable de prendre l’apparence et les pouvoirs de ses anciens ennemis…

Si l’idée de faire évoluer Po et de le pousser à avancer encore plus loin que son statut de Guerrier Dragon est une idée suffisamment intéressante (à défaut d’être originale) permettant de porter le récit, justifiant son existence, il faut tout de même reconnaître que ce quatrième opus accuse une certaine faiblesse en comparaison des précédents films. Opus de trop et conscient de l’être, Kung-Fu Panda 4 tente de faire pencher la balance en sa faveur en déployant un style visuel toujours aussi superbe avec une belle inventivité autour de son antagoniste (doublée par Viola Davis en version originale), que ce soit dans ses transformations, dans la texture de sa peau ou dans ses façons de combattre.

Et cela pourrait presque nous suffire si les scénaristes avaient fait un peu plus d’efforts sur la relation unissant Po et Zhen, passant par toutes les étapes obligées du genre, le tout servi par quelques dialogues un poil naïfs. La dynamique entre les deux est tellement prévisible et tellement peu originale qu’elle ne nous apporte que peu de surprises, malgré l’investissement vocal de Jack Black et Awkwafina. Et si Kung-Fu Panda a toujours plus brillé par sa mise en scène que par son scénario, on ne peut que regretter que plus d’efforts n’aient pas été fournis, surtout en vue de ce quatrième opus dont on peut très bien se passer.

Fort heureusement, et malgré ce défaut d’inventivité narrative, Kung-Fu Panda 4 demeure un divertissement hautement sympathique, aussi attachant que son personnage principal dont l’évolution au fil des films aura franchement été intéressante. Suffisamment en tout cas pour se surprendre, en fin de séance, à rêver d’un cinquième volet un brin plus exigeant sur son scénario nous permettant de retrouver les personnages…

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