Quatre Mariages et un enterrement : le retour du classique des rom-com

Ce début d’année 2024 a vu paraître nombre de longs métrages s’intéressant à l’amour : Tout sauf toi, Les feuilles mortes… Il y en a pour tous les goûts. Pourtant, face à ces films si particuliers, certains vous diront que les meilleurs restent et demeurent les bonne veilles rom-coms des années 90. Celles dans lesquelles l’amour n’a pas l’air si compliqué, ou du moins, on se prenait la tête dans une époque moins complexe. Et justement, il est possible de visionner à nouveau une des romances les plus appréciées : Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell, sorti en 1994. Le succès du réalisateur est visible à nouveau en Blu-Ray et DVD depuis le 29 janvier dernier. C’est donc le moment de retrouver la bouille de Hugh Grant mais aussi une belle histoire – qui finit forcément bien. La question demeure : qu’en est-il du film, sorti il y a de ça trente ans ?

Charles, jeune trentenaire au charme ravageur (et aux multiples conquêtes) voit tous ses amis se marier les uns après les autres. Il se moque bien du mariage, et profite de ceux de ses amis pour boire et passer du bon temps. Il constate tout de même qu’il est toujours seul. C’est pourtant là que l’air regorge d’amour (un énième mariage pour Charles et le premier pour les spectateurs) et qu’il tombe sous le charme de Carrie, belle américaine. Les deux jeunes gens semblent s’éprendre l’un de l’autre mais le timing n’est jamais parfait.

Quatre mariages et un enterrement est certainement l’une des plus grandes références en ce qui concerne les comédies romantiques. D’ailleurs, pour ceux qui n’en sont pas très fan ou qui n’en regardent tout simplement pas, ce film est une belle porte d’entrée sur le monde des rom-com. C’est tout simplement un classique romantique qui allie un bon humour anglais (on peut leur concéder ça, à défaut de leur reprocher leur gastronomie) avec des situations efficaces. C’est une non-prise de tête narrative : premier mariage, deuxième mariage, etc. C’est certainement ce qui fait que le film fonctionne. Tout est d’une simplicité et d’une légèreté hallucinantes. Bien que le personnage de Charles soit en colocation miteuse avec une de ses amies, il est invité tous les quatre matins à des mariages luxueux, au cours desquels ses amis riches et lui picolent pour oublier qu’ils ne sont que les témoins du mariage. Alors oui, ça fait rêver (et Hugh Grant fait rêver – qui ne voudrait pas ressembler à un tel dandy anglais, même sans argent ?) mais en bons êtres humains rationnels que nous sommes, nous aurions aimé en savoir plus sur la relation naissante entre Carrie et Charles. D’ailleurs, pourquoi d’un coup d’un seul le personnage principal se marie-t-il avec son ex qu’il fuyait comme la peste jusque-là ?

Ce qui est sûr, et qui demeure bien des dizaines d’années après, c’est que la plus-value de ce film est bien évidemment son acteur principal. On peut détester les rom-com car elles ont ce côté trop attendrissant qui manque à notre vie, mais il est bon d’avouer que l’acteur britannique fait ici l’unanimité. Ses regards de chien battu ou encore d’amoureux transi lancés à sa douce, tous ces plans durant lesquels son personnage remet maladroitement ses lunettes ajoutent une touche de poésie certaine à Quatre mariages et un enterrement. Dommage qu’il ne soit pas possible d’en dire autant concernant Andie Macdowell qui campe Carrie. Son personnage se voit davantage sacrifié que celui de son partenaire, et c’est bien regrettable. Elle ne cesse tout du long d’adresser de grands sourires mais son personnage aurait mérité un meilleur développement. Car oui, ne mentons pas sur la marchandise ; le film de Mike Newell n’offre pas un scénario époustouflant comme une histoire aux nombreux rebondissements. C’est tout simplement un film qui se laisse regarder, ou plutôt un film pour lequel les spectateurs doivent se laisser porter par l’ambiance de l’œuvre afin de l’apprécier.

Ce sont ces petits détails scénaristiques manquants qui peuvent freiner une immersion parfaite dans ce monde des mariages quasi-systématiques : tout semble évidemment trop gros… Mais Quatre mariages et un enterrement est maintenant une petite pépite temporelle : c’est un voyage dans les années 90 qui nous est offert à travers ce film, et le constat est sans appel : les rom-com de l’époque semblent bien plus crues, ce qui est assez jouissif comme dérangeant. On ne parle pas ici de l’accumulation du juron « putain » répétée par Hugh Grant durant la séquence d’ouverture, mais plutôt de la manière dont son personnage, tout fier, dit avoir « culbuté » une jeune femme devant Carrie, pour se vanter d’un palmarès sexuel. Chacun son truc, après tout. Évidemment, qu’il s’agisse de l’époque de la sortie du film ou de maintenant, c’est surtout l’institution au mariage ainsi que la course à l’amour que l’on questionne. En Angleterre dans les années 90, la mariage semble être un objectif de vie, surtout passé trente ans. Qu’importe le nombre de relations ou la relation, c’est le but de Charles comme de Carrie, qui se marient bêtement et se rendent respectivement à leurs mariages pour faire des yeux de chien battu – ou faire craquer l’autre devant l’autel. Morale de l’histoire : les mariages semblent plus intéressants quand il ne s’agit pas du nôtre, lorsque l’alcool coule à flots et que l’on ne risque pas de tomber sur sa promise.

Ne vous attendez donc pas à voir de nombreux rebondissements dans Quatre mariages et un enterrement : tout est dans le titre et les plus friands de rom-com auront déjà deviné la fin avant même d’avoir vu le film. Ce n’est pas un défaut, c’est seulement une construction narrative propre à ce type de film. On pourrait la critiquer, mais force est de constater que les films romantiques donnent véritablement du baume au cœur, surtout durant cette période maussade. Vous dites le contraire ? Peut-être n’avez-vous pas de cœur…

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