Mausoleum : Desperate House-possessed-wife

Il vient toujours un moment où vous vous prenez un torrent de nostalgie en pleine figure sans forcément l’avoir cherché. Shadowz en a été l’instigateur cette semaine en ce qui nous concerne. L’annonce du nouveau titre à entrer dans le catalogue nous a ramené directement vers notre tendre enfance où nous arpentions scrupuleusement les allées de notre vidéo-club, et particulièrement le rayon horreur. Nous nous sommes souvenus de cette jaquette alléchante sur laquelle trône une femme démon au décolleté généreux qui semble avoir une emprise totale sur un mausolée inquiétant. Les joies de notre imagination ont fantasmé ce film que, bizarrement, nous n’avons jamais osé emprunter. Combien de personnes se sont-elles laissées berner par une jaquette aguicheuse ? Vive les joies du marketing ! Mausoleum a connu une sortie en vidéo par chez nous tout récemment dans une édition blu-ray paru chez Pulse Video, édition au packaging aussi engageant que l’était la VHS de notre vidéo-club. Nous avons, bien évidemment, fait l’acquisition de cet objet, mais il nous aura fallu attendre que le film débarque sur Shadowz pour enfin daigner le déballer et venir vous en parler aujourd’hui (la collectionite est une maladie qui n’aide en rien nos achats compulsifs, croyez-nous).

Traumatisée par la mort de sa mère, qu’elle pense due à la possession par un démon, Susan commence à ressentir elle aussi ce même démon qui l’habite. De plus en plus, son mari et son médecin remarquent de troublants changements en elle.

Ce que nous vous avons consciemment caché dans notre introduction, c’est que notre théorie sur ces films aux affiches appétissantes que nous n’avons jamais osé louer révèle souvent un nanar en puissance derrière. Mausoleum atteint des sommets en guise de « nanardise », mais il est aussi le candidat idéal pour une soirée décomplexée entre amis autour de quelques bières fraîches. Mausoleum n’est pas le genre de film à regarder seul dans son coin, c’est un film qui doit se partager et être commenté. Si vous acceptez de jouer le jeu, vous vous en tirerez avec un souvenir mémorable. Rien ne va dans ce film : de sa mise en scène inexistante aux dialogues les plus insipides, tout est à revoir, et pourtant il serait déplorable d’en changer une seule seconde. Exception faite des maquillages et des séquences gores de très bonne facture, Mausoleum est un naufrage. Il est difficile de croire que ce film ait remporté le Prix Spécial du Jury ainsi que celui de la Meilleure Actrice lors du Festival du Film Fantastique de Paris en 1983, en dépit du fait que le Grand Prix ait été décerné à Xtro, ce qui en dit long sur les films en compétition cette année-là, mais c’est un autre sujet. Mausoleum souffre d’abord d’un scénario qui ne va jamais plus loin que son précepte initial. Le film pose son concept dès son introduction et ne creuse jamais rien. Nous ne ferons que suivre le quotidien alarmant d’une femme au foyer qui décuple un appétit sexuel débordant au fur et à mesure que le démon gagne de l’emprise sur elle. Si toutefois nous ne cherchons pas la finesse lorsqu’il s’agit d’aborder une série B, de la consistance fait toujours plaisir à voir. Seulement, de série B, Mausoleum n’en a que les qualités esthétiques lors des scènes horrifiques. Les maquillages sont confiés à John Carl Buechler, à qui l’on doit les excellents effets de Ghoulies, Re-Animator, Halloween 4 ou encore Le Cauchemar de Freddy. Les prothèses sont du plus belle effet et permettent clairement de tenir en haleine et de passer outre toutes les incongruités du film. Mention spéciale pour l’opulente paire de seins qui se transforme en deux têtes démoniaques aux dents crochues (on entend déjà le collègue Alexandre hurler au fond de la rédaction qu’il veut voir ce film désormais).

Si les effets pratiques permettent à Mausoleum de tenir la route, on ne peut pas en dire autant de tout le reste du film. La direction artistique est proche du néant, à peine digne d’un téléfilm de seconde zone. Il n’y a rien qui puisse différencier la réalisation de Michael Dugan de celle d’un réalisateur lambda. Le film est impersonnel au possible et les acteurs n’aident en rien à sauver le film du délicieux naufrage que nous nous délectons d’observer au fil des minutes. Nous revenons au Prix de la Meilleure Actrice décerné à Bobbie Bresee : comment peut-on décemment saluer sa performance ? Exception faite des fous rires qu’elle provoque à chaque fois qu’elle aligne deux mots, nous avons déjà vu plus de talents chez certaines productions de Marc Dorcel qu’ici. D’ailleurs, la comparaison avec les productions Dorcel n’est pas innocente car il faut que nous vous parlions des dialogues improbables et délicieux du film. On en veut pour exemple la séquence dans laquelle Susan succombe à sa première fringale sexuelle. Elle décide de s’en aller batifoler avec son jardinier qui ne s’est jamais caché avoir le béguin pour elle. Quand arrive la concrétisation de son fantasme, ce dernier lui expose textuellement son désir ainsi : « Cela fait tellement longtemps que j’ai envie de vous. » juste avant d’ajouter aussitôt « T’es une sacrée chienne toi ! ». Même dans les pires navets produits par Dorcel nous n’avons jamais dénoté aussi peu de tact, c’est dire ! Les dialogues ont clairement été écrit par un pervers bipolaire en pleine crise de démence. Les ruptures de ton sont brutales, il n’y a jamais ni cohérence ni linéarité entre chacun des dialogues. Le film est une encyclopédie de répliques taillées pour devenir culte. Voilà pourquoi le film se doit d’être vu entre amis et dans un état d’esprit moqueur, il n’y a que comme cela qu’il trouvera une quelconque grâce à vos yeux.

Fondamentalement, Mausoleum est un film exécrable et foncièrement raté de but en blanc. En dehors de ses effets spéciaux de bon aloi, il n’y a rien de qualitatif à en tirer. Pourtant, analysé via le prisme du nanar, Mausoleum devient un objet de curiosité capable de détrôner une bonne partie des œuvres répertoriées chez Nanarland. Et c’est pour cela aussi que nous ne cesserons jamais de saluer la ligne éditoriale de Shadowz qui parvient à faire coexister des films cultes avec les plus beaux étrons que le cinéma bis nous ait offert. Rien que pour cette pluralité des genres, nous ne pouvons que vous encourager, si cela n’est pas encore fait, à prendre votre abonnement illico.

Abonnez-vous sans crainte à
SHADOWZ – L’unique plateforme de SCREAMING !

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*