Édito – Semaine 5

Nous avons l’impression de vous harceler ces derniers temps avec Anatomie d’une chute mais remettons, si vous le voulez bien, le film de Justine Triet au premier plan de cet édito (et promis après tant que les cérémonies de récompenses ne se sont pas déroulées, on fait une pause). Si l’on ne peut s’empêcher d’en parler, c’est pour souligner l’extraordinaire parcours d’un film qui, s’il n’a pas été sélectionné pour représenter la France aux Oscars, n’en est pas moins nommé dans cinq catégories dont meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario original – nul doute qu’il partira au moins avec cette dernière récompense, raflée jusqu’à présent à toutes les autres cérémonies. Le film ayant été distribué aux Etats-Unis, il a obtenu, comme The Artist avant lui, l’éligibilité à une cérémonie aussi prestigieuse que les Oscars quand en France, il a été nommé 11 fois aux Césars face à des réussites aussi admirables telles que Le règne animal et Je verrai toujours vos visages, promettant ainsi une belle compétition serrée.

Une fois de plus nous admirons donc la trajectoire d’un film dont le sujet et la longue durée ne prédestinait pas forcément à un tel parcours et ce en dépit de sa réussite artistique totale. Les Dieux du Cinéma se sont cependant penchés sur lui et lui ont offert une combinaison rare : un franc succès artistique, public et critique auquel on souhaite une consécration lors de ces deux prochaines grosses cérémonies de récompense, nous vous en reparlerons, bien entendu.

Notons d’ailleurs la polémique née Outre-Atlantique quant à l’absence de Greta Gerwig, réalisatrice de Barbie, dans les nommés à la meilleure réalisatrice. Si les Oscars, comme bon nombre de cérémonies du genre, ont souvent brillé par leur machisme ou leur racisme, il ne s’agit pas à nos yeux d’une décision misogyne mais d’un bon sens artistique. Tout phénomène culturel qu’il est, Barbie est un film profondément opportuniste et mercantile, plus animé par des idées (et un féminisme assez conventionnel au fond) que par un véritable geste artistique. Inattaquable sur bien des points car ayant pensé à cocher toutes les cases pour plaire au plus grand nombre, Barbie est donc un film parfaitement fade, s’étant contenté de nous livrer un produit plutôt qu’une œuvre d’art. Cela n’empêche pas notre grande admiration envers Greta Gerwig et son talent, même si nous le préférons concentré vers des œuvres plus personnelles et moins formatées. Nul besoin de râler envers l’Académie cette fois, Barbie a déjà gagné bien des batailles et saura s’en remettre. De notre côté, on adresse un dernier salut à Justine Triet, nommée pour la meilleure réalisation et qui a signé, pour le coup, un réel film féministe.

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