Ghoulies : Petites bêtes

Ghoulies est un film américain écrit et réalisé par Luca Bercovici en 1985. Pour ceux qui ne le connaîtrait pas, il compte une quarantaine de film en tant qu’acteur, aussi bien pour le cinéma et la télévision, et une dizaine de films comme réalisateur et autant comme scénariste. La plupart de ses films sont des films d’horreur à petit budget, Rockula, The granny entre autres. Ghoulies est son premier film et c’est avec curiosité que nous le découvrons, grâce à Elephant Films qui l’a sorti en combo Blu-ray et DVD en novembre dernier.

Si le titre n’évoque pas grand-chose, la petite tête comique et crispée du monstre vert qui sort d’une toilette a de quoi intriguer. Qui a déjà eu peur en s’asseyant sur des toilettes inconnues et suspectes de voir surgir une bête du siphon ? Être en train de faire ses besoins nous laisse vulnérable et jouer avec la crainte d’être surpris ou attaqué à ce moment semble être une bonne idée de scénario, c’est du moins ce qu’évoque l’affiche du film. Rassurons-nous tout de suite, et soyons déçus, rien ne surgit du fond de la cuvette pour dévorer une victime innocente. Mais alors que fait un ghoulie dans les toilettes ? Un bain de pieds et il prend la pose pour une belle photo promotionnelle. L’objectif, à demi-déguisé, est de surfer sur le succès monstrueux des petites créatures de Joe Dante, les Gremlins, dont le premier film est sorti en 1984.

Ces petites créatures sur lesquelles s’appuie la promotion du film ne sont pas les personnages principaux comme on pourrait s’y attendre. Elles sont les suppôts d’une puissance maléfique, les serviteurs d’un mage noir très puissant qui les a invoquées pour l’aider dans ses missions. L’histoire écrite par Luca Bercovici et Jefery Levy, avec qui il a déjà collaboré, nous présente ce fameux mage noir qui aimerait invoquer une créature maléfique. Pour cela, il doit sacrifier un nouveau né mais l’opération échoue et l’homme meurt dans l’anonymat. Des années plus tard, un jeune homme hérite d’un vaste domaine laissé à l’abandon. En s’appropriant les lieux et en y découvrant des manuels de magie noire, le jeune homme est subjugué par cette science occulte et décide de s’y essayer. Il n’a pas la même aisance que le mage noir, que l’on suppose être son père, mais en tentant de jeter quelques sorts, il réussit à le faire renaître. De retour parmi nous, le mage noir n’a qu’une idée en tête, reprendre son rituel là où il l’avait arrêté avant sa mort.

Cette histoire qui mêle possession, invocation et magie noire n’a rien de franchement surprenante. Aujourd’hui, avec tout ce que nous connaissons de films d’horreur, d’épouvante ou d’exorcisme, il en faut beaucoup plus pour surprendre un public averti. Tout de même, le récit se distingue grâce à quelques séquences délirantes et loufoques. Les effets spéciaux de l’époque sont tout à fait risibles mais l’effet recherché est toujours atteint. Ces effets, si ratés soient-ils, font le sel du film et lui donne un côté cool et sympathique.  L’intrigue n’est pas très longue et on ne s’ennuie pas vraiment mais nous ne sommes pas complètement captivés.

Que l’histoire ne soit pas des plus originales n’est pas un véritable problème, ce qui l’est plus, c’est le jeu des acteurs. Là encore, on pourrait se réfugier derrière le fait qu’il s’agisse d’un film à petit budget et que le tournage n’a pas été très long, mais ce serait ignorer les films à petit budget avec un jeu d’acteur plus que crédible. Là, le personnage principal, incarné par Peter Liapis, est d’une telle mollesse qu’il peine à faire naître le minimum d’empathie nécessaire pour s’intéresser à lui. Son manque de charisme et d’énergie rendent ses apparitions gênantes et on souhaiterait le voir sacrifié contre un peu plus de dynamisme. Les autres acteurs ne sont pas des plus géniaux mais en les comparant à Peter Liapis, ils s’en sortent beaucoup mieux. L’unique acteur à vraiment se démarquer n’est autre que le fameux mage noir, joué par Michael Des Barres qui incarne très bien la folie éthérée de son personnage.

Ghoulies n’est pas une franche réussite et les quelques sursauts ingénieux de mise en scène, ainsi que quelques belles lumières qui accompagnent le film, ne suffisent pas pour rehausser notre intérêt. Les uniques moments où notre attention se réveille sont les apparitions de ces fameux ghoulies, des petites créatures mignonnes mais moches, peu ragoûtantes et crasseuses qu’il nous tardait de rencontrer. Hélas, passée la découverte, leur présence se révèle purement accessoire. Il y a bien quelques séquences où ces petites choses attaquent et c’est drôle la première fois, mais c’est tout. On saluera tout de même le travail d’Anthony Allen Barrow, superviseur des effets spéciaux, qui aura su animer ces monstres originaux et l’on regrettera qu’ils n’aient pas dès le début eu une histoire rien qu’à eux. Cela étant dit, Ghoulies aura trouvé son public, si bien que le réalisateur écrivit les scénarios de Ghoulies 3 et Ghoulies 4, et la franchise compte aujourd’hui six films… Nous ne les avons pas tous vus à la rédaction de Close-up magazine mais nous ne sommes pas pressés. Nous comptons sur les amateurs de magie noire ou sur les plus téméraires pour nous indiquer lequel des six films est le plus intéressant.

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