Édito – Semaine 3

C’est une belle revanche : absolument pas félicitée et encore moins défendue par le gouvernement pour Anatomie d’une chute au moment où le film obtenait la Palme d’Or à Cannes en mai dernier, Justine Triet (aucunement soutenue par la France au moment de choisir le film représentant le pays pour l’Oscar du Meilleur Film dans une langue étrangère, la sélection lui ayant préféré La passion de Dodin Bouffant…) a gagné la semaine dernière deux Golden Globes pour son dernier long métrage. Il s’agit là d’une victoire tonitruante amplement méritée récompensant le meilleur scénario (co-écrit avec Arthur Harari) et le meilleur film dans une langue étrangère, victoire arrivée au sein d’un palmarès relativement irréprochable.

La joie de voir Anatomie d’une chute (la meilleure Palme depuis Parasite et l’un des meilleurs films de l’année, à notre sens du moins…) triompher à l’étranger est immense et ne se boude pas, prouvant combien le Cinéma français se porte bien. Même Emmanuel Macron, récemment plus occupé à chanter les louanges de Gérard Depardieu dans un moment absolument lunaire, y est allé de ses petites félicitations – il était grand temps. La Culture sous Macron est de toute façon en souffrance, absolument plus représentée par des ministres fantoches et ce n’est pas la récente (et surprenante) nomination de Rachida Dati à ce poste qui devrait y changer quoi que ce soit. Rappelons que Dati avait été mise en examen en 2021 pour corruption passive et recel d’abus de pouvoir, ce qui ne l’a pas empêchée d’obtenir un ministère puisque cela semble même être un sésame dans le gouvernement de Macron.

Cela dit – et ce malgré des ministres de la Culture incompétents, invisibles ou inconsistants – le Cinéma français a, ces dernières années (on le disait encore dans notre bilan la semaine dernière) tout de même réussi à sortir de son chapeau bon nombre de grandes réussites, faisant émerger des jeunes cinéastes et acteurs dont les voix se font de plus en plus entendre et sont appelées à compter, renouvelant une arrière-garde dont certains membres feraient mieux de partir à la retraite en se taisant. Le Cinéma français a de l’avenir, un beau rayonnement international et se porte très bien, constituant à lui tout seul une excellente raison de se lancer dans l’année avec enthousiasme !

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