Phantasm : Un croque-mort au panthéon des icônes horrifiques

Être l’homme d’un seul film : bénédiction ou malédiction ? D’aucuns diront qu’il est préférable d’avoir été reconnu au moins une fois que jamais lorsque d’autres parleront de piège. Il est difficile de se décoller d’une étiquette, aussi florissante soit-elle, surtout lorsqu’on essaie de se donner du mal à étoffer sa carrière. Cette étiquette est valable notamment dans le cinéma de genre : Robert Englund restera à jamais l’homme qui a prêté ses traits au mythique Freddy Krueger quand Bruce Campbell restera à jamais le célèbre Ash de la franchise Evil Dead. D’ailleurs, Bruce Campbell possède un lien étroit avec l’homme qui nous intéresse aujourd’hui puisqu’il a eu l’occasion de le faire jouer dans une des comédies noires les plus barrées du début des années 2000 : Bubba Ho-Tep. Seulement, même si ce film est assez aimé au sein de la sphère des aficionados de Don Coscarelli, il restera à jamais, pour le commun des mortels, le papa de la saga Phantasm. Seulement, ce qui rend l’attrait pour son cinéma si particulier et qui permet de faire exception à la règle nommée ci-dessus provient du fait que l’univers de Coscarelli n’est semblable à aucun autre. La demi-mesure n’existe pas : soit on adhère à ses univers abracadabrantesques soit on y est totalement hermétique. L’arrivée des trois premiers films de la franchise Phantasm sur Shadowz vous permettra de vous faire votre propre avis, mais soyez averti amis néophytes : le film en laissera plus d’un sur le bord de la route.

Mike Pearson, désormais orphelin, observe des faits étranges se déroulant dans le cimetière de Morningside. Un croque-mort surnommé Tall Man fait preuve d’une force surhumaine et semble être à la tête d’une armées de petits personnages très inquiétants s’adonnant au trafic de cadavres. Le jeune garçon décide de mener l’enquête, aidé par son ami Reggie.

Le talent de Don Coscarelli est de parvenir à entourlouper son spectateur à chaque séquence. Si son film paraît simple à résumer, il n’en est absolument rien dans la forme proposée. Phantasm, vu par le prisme de sa saga (totalisant 5 films), est un énorme trip hallucinogène duquel on ressort fasciné par la richesse développée avec des personnages extrêmement simples. Non content de créer l’une des figures les plus emblématiques du cinéma de genre, Phantasm est un film d’horreur atypique et semblable à nul autre. Chose étonnante de constater que le Tall Man tient désormais une place prépondérante au sein de la pop culture. Quasiment aussi (re)connu qu’un Michael Myers ou Chucky, il est pourtant de ces personnages qui reviennent très peu au cœur des discussions. Ceci s’explique par l’exigence du réalisateur qui n’entend pas faciliter la tâche à son spectateur. Un boogeyman digne de ce nom doit se mériter dans le monde de Coscarelli. La prestance de Angus Scrimm facilite grandement la personnification de l’entité. Avec sa carrure imposante de près de 2m de haut et ses yeux mutiques et ensorcelants, il a tout à fait sa place au panthéon des bad guys les plus charismatiques du cinéma horrifique. Il terrifie autant qu’il fascine. Nous voulons absolument connaître son histoire…mais pour cela, il faut se montrer digne. Les secrets du Tall Man se méritent.

Phantasm est un film qui prend une autre saveur lorsqu’on l’enchaîne avec les deux suites d’après (les deux derniers films sont dispensables en dépit de quelques idées intéressantes dans le 4ème opus et d’un 5ème totalement indigent, que Coscarelli ne réalise pas d’ailleurs). Ces suites étoffent l’origin story du Tall Man. Nous sommes transportés au cœur de son univers aussi fascinant que morbide. L’imagination du réalisateur semble sans limites et offre une place majeure à Reggie Bannister, son héros, qui n’est pas loin d’être le cousin éloigné de Ash : dragueur balourd et gaffeur, c’est à se demander comment il parvient à survivre au fil des épisodes ! Un héros qui sait se montrer tendre et attachant et qui contrebalance parfaitement avec la froideur de l’antagoniste. Coscarelli jauge parfaitement l’équilibre entre le bien et le mal, ce qui permet à Phantasm (et ses suites) d’être bienveillant avec son auditoire malgré l’exigence demandée pour accrocher à son univers. Si le spectateur adhère aux propositions, il sera indéniablement récompensé. Et que serait le Tall Man sans ses précieuses boules volantes suceuses de cerveau ? Le premier film s’octroie peu de séquences les mettant en scène afin de susciter un appétit vorace chez le spectateurs qui ne peut que rester éberlué devant une telle création. Le design épuré des sphères confère, une fois encore, une élégance bienvenue au film et lui permet de grappiller de sacrés points auprès des spectateurs. Rajoutons à ces sphères un design sonore incomparable et nous obtenons l’une des armes les plus originales et vicieuses du cinéma horrifique. Un bijou indémodable et indispensable.

Nous nous garderons de vous en dévoiler d’avantage tant Phantasm renferme énormément de richesses. Outre son discours acerbe sur le deuil, le film offre un panel bien différent d’interprétations qui varie énormément d’un spectateur à un autre. Toutefois, si le film vous séduit, nous ne pouvons que vous encourager à poursuivre avec les deux suites disponibles sur Shadowz et qui sont des ovnis à découvrir impérativement. Et si vous êtes sensibles à l’univers de Coscarelli, nous vous invitons à continuer votre exploration des œuvres du bonhomme avec les superbes Bubba Ho-Tep et John Dies At The End.

Abonnez-vous sans crainte à
SHADOWZ – L’unique plateforme de SCREAMING !

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*