The Mirror : Miroir, mon beau miroir…

The Haunting of Hill House, Doctor Sleep, La Chute de la Maison Usher… Mike Flanagan est devenu, ces dernières années, une valeur sûre du fantastique au cinéma et à la télévision. Pourtant, en revenant quelques années en arrière, si nous voulions découvrir les premiers films du réalisateur, c’était sur le marché de la vidéo qu’il fallait compter. Ah la magie des DTV, cette joie d’enfin mettre la main sur des films sortis depuis un bail dans d’autres pays. The Mirror est le second long métrage réalisé par Mike Flanagan. Le réalisateur était encore totalement inconnu par chez nous lors de la sortie du film dans nos bacs vidéos. Pour The Mirror il signe le scénario, la réalisation ainsi que le montage du film. Déjà annonciateur des multiples casquettes de son auteur, The Mirror se (re)découvre sur Shadowz afin de nous permettre de revenir aux sources du cinéma de Flanagan.

Après avoir passé dix années dans un institut psychiatrique, Tim est libéré et espère tirer un trait définitif sur un passé violent qui a vu mourir ses deux parents. C’était sans compter sur sa sœur, Kaylie, qui décide de lui rappeler la promesse qu’ils s’étaient faite étant enfants. Un miroir maléfique serait la cause de la mort de leurs parents et elle compte bien percer son mystère une fois pour toutes.

Flanagan acclamé nouveau prodige du fantastique dès ce second long métrage ? Oui l’ambiance de The Mirror est malsaine, non le film n’est pas terrifiant pour un sou. Pour les lecteurs assidus de nos critiques, vous savez désormais le « bien » que nous pensons des productions Blumhouse. Capables du meilleur (Insidious, The Lords of Salem, Sinister, Whiplash) comme du plus mauvais (American Nightmare, Smile, The Lazarus Effect), c’est toujours à tâtons, mais néanmoins curieux, que nous nous lançons dans le visionnage de leurs films. The Mirror part d’un postulat vraiment intéressant directement inspiré par une culture horrifique nippone et ses histoires de fantômes à faire frissonner même le plus difficile des spectateurs. Comme nous le disions ci-dessus, The Mirror pose une ambiance malsaine et dérangeante. Le spectateur est appelé à être perturbé dans son confort, le film aura besoin de toute son attention. Il faut bien avouer qu’on est happé de la meilleure des manières. L’enquête se met en place efficacement par le biais d’une double lecture jouant sur deux temporalités historiques. Le film nous balade sans cesse entre les événements du passé et ceux du présent. Si la forme se révèle efficace pour le joli point de départ, on dénotera un essoufflement certain dès lors où le film devra nous servir un tant soit peu de consistance. Et c’est là que le bât blesse : The Mirror est un film qui ne remplit que la moitié du boulot. Jamais nous ne serons estomaqués par la présence des spectres qu’envoie le miroir. Certes, ils ont un aspect effrayant, mais jamais ils ne paraissent menaçants et nous font nous sentir en danger. Le malaise s’installe ainsi : la notion de peur est totalement écartée, pour ne pas dire annihilée compte tenu de ce que nous réserve la suite du bousin.

The Mirror est un gros gâchis ! Pourtant tous les ingrédients étaient rassemblés pour l’imposer comme une belle surprise horrifique : l’ambiance que nous soulevions plus haut et les acteurs sont de véritables atouts. En revanche, la forme, ingénieuse durant la première moitié, devient un défaut inébranlable qui joue beaucoup sur la déception suscitée par le film. Mike Flanagan décide de mêler le passé et le présent au sein d’une seule et même temporalité. Il brouille sans cesse les pistes. Est-ce une forme d’hystérie collective ou un réel cas d’attaque démoniaque ? La réponse lui importera peu. Hormis décontenancer le spectateur, le fouillis sans fond qu’on nous sert demeure indigeste si bien qu’on ne peut s’immerger dans un véritable état de peur. Ne sachant jamais comment voguer entre un film cérébral ou un simple divertissement fantastique, The Mirror perd tout son intérêt et laisse un sérieux goût amer en fin de lecture. D’autant plus que le twist final est d’une banalité sans pareil. L’amorce de ce dernier est si prévisible qu’on terminera le film dépité à défaut d’avoir passé un moment qui s’annonçait plus que convenable. Comment peut-on s’abaisser à un tel niveau d’insipidité alors qu’on s’est donné tellement de mal à bien mettre en place une histoire qui tient la route ? Et vu tous les points communs qu’il partage avec lui, on préférera s’en aller revoir Sinister plutôt que de revenir s’admirer dans ce miroir diabolique.

The Mirror avait tous les éléments pour s’imposer comme un incontournable du réalisateur. Mike Flanagan se donne énormément de mal pour ne nous assigner que l’effet d’un pétard mouillé. La suite de la carrière de Flanagan démontrera que ce qui l’intéresse le plus est d’aller chercher les tréfonds obscurs de ses personnages en dépit de créer de vraies séquences marquantes. The Mirror est un brouillon. Des fondations brinquebalantes d’un auteur à la culture riche. Hormis sa première moitié très prenante, The Mirror n’est clairement pas un indispensable de la filmographie de Flanagan. Le film a le mérite d’exister et est intéressant à mettre en relation au regard des derniers succès publics du bonhomme car son obsession pour le character design démontre qu’il a eu raison d’y croire et d’étoffer sa manière de raconter ses récits. Flanagan est-il en passe de devenir un grand parmi les grands ? Force est de constater qu’il n’omet jamais de revenir à ses brouillons pour ne jamais réitérer ses erreurs lors des projets suivants : là est toute la différence entre un artiste conscient de son travail et un simple « faiseur ».

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Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

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