Aquaman et le royaume perdu : Un trident pour abréger les souffrances du DCEU

Il est enfin arrivé : après de multiples réécritures, reshoots et problèmes en coulisse, Aquaman et le royaume perdu signe l’arrêt de mort du DCEU tel qu’on le connaît et l’enterrement se fait sans fleurs ni couronnes. Entamé il y a dix ans avec Man of steel, ce DCEU est appelé à rester dans les annales comme le manuel de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on tente de lancer un univers cinématographique étendu, se soldant par un total manque de cohérence et par un goût amer quand on voit son potentiel gâché notamment autour des personnages de Superman et Batman, bénéficiant d’interprètes parfaits pour les rôles mais sans réel possibilité de trouver l’ampleur qu’ils méritaient. Dans cet univers bordélique se côtoient ainsi quelques réussites (Man of steel, Batman v Superman dans sa version longue, The Suicide Squad) et d’autres productions plus anecdotiques, voire des plantages en beauté ayant perdu le spectateur à force de naviguer à vue en fonction des succès et des échecs de ses films.

Avant le coup de neuf (salvateur, on l’espère) de James Gunn et Peter Safran récemment nommés à la barre chez DC, voici donc Aquaman et le royaume perdu, arrivant en bout de course alors que plus aucune attente n’est créée autour du film, quand bien même il s’agit là de la suite du plus gros succès du DCEU. Tâchant de faire comme si tout allait bien en coulisses (même si le rôle quasi-figuratif de Amber Heard – déclarée persona non grata à Hollywood depuis son procès contre Johnny Depp – et la qualité relatives des effets spéciaux trahissent la production chaotique), cette suite s’inscrit dans la parfaite logique du premier, n’ayant pas d’autre but que d’offrir au spectateur un divertissement décérébré, volontairement pulp avec des influences lorgnant aussi bien du côté du comic book que du space opera et du film d’horreur.

Ainsi, la relative médiocrité du scénario (qui ne rejoue d’ailleurs pas grand-chose de nouveau dans ses enjeux, reprenant les mêmes personnages avec une autre dynamique) et l’humour bas du front n’entament qu’à moitié le plaisir pris devant le film. S’éclatant avec la direction artistique et la richesse de son monde sous-marin coloré, James Wan se montre toujours aussi généreux dans sa mise en scène, tâchant de tirer le meilleur parti possible d’un monde noyé de numérique. Il n’y parvient pas toujours mais ménage cependant quelques moments plaisants et dynamiques, prouvant ainsi sa capacité à injecter une certaine dose de fun dans tout ce qu’il touche, y compris les grosses franchises, avec un savoir-faire et un œil sachant regarder autrement lorsqu’il le faut.

Cela n’empêche pas le film d’être stupide et d’avancer avec des gros sabots, aussi subtils que le jeu tout en exubérance de Jason Momoa (qui en fait vraiment des caisses, heureusement contrebalancé par Patrick Wilson, héritant d’ailleurs du rôle le plus intéressant du métrage) mais là où DC nous avait habitué à pire cette année (The Flash, pour ne citer que cette horreur), la surprise n’est pas désagréable. Généreux et amusant, Aquaman et le royaume perdu conclut donc sans gloire (et sans regrets – ou presque) un DCEU malade dès sa naissance, univers hybride qui aura intérêt d’effectuer un sacré coup de polish pour éveiller notre attention à nouveau. Nous serons au rendez-vous pour ses débuts mais pas sûr que notre patience encaisse dix nouvelles années de films de cette qualité. James Gunn, nous t’attendons au tournant !

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