Édito – Semaine 51

Nous y sommes : cet édito sera le dernier de l’année (car la semaine prochaine nous serons en vacances) et il nous semble que nous écrivions le tout premier édito de 2023 encore hier. Il se sera pourtant écoulé beaucoup de temps et passé beaucoup de choses, avec cette sensation que le monde va mal, que l’être humain n’apprend jamais de ses erreurs passées. Une sensation domine en cette fin d’année, celle d’une nausée permanente à mesure que le monde dévoile une violence de plus en plus terrifiante. Que faire alors si ce n’est se réfugier auprès de ses proches, de sa famille ou de ses amis, pour glaner un peu d’amour ? En dépit de ses repas interminables et des débats politiques qui ne manqueront pas de créer de la tension entre le fromage et le dessert, le rituel des fêtes de fin d’année a quelque chose de proprement réconfortant : on connaît le programme et chacun va tenir son rôle sans déborder du cadre. C’est assez convenu mais cela fait parfois du bien de se retrouver en famille et que notre plus gros problème du moment soit le nouveau petit ami de la cousine que personne n’aime vraiment.

De façon moins cynique, disons-le simplement : à l’heure où le monde part en vrille et que l’avenir est incertain (que construire sur un champ de ruines ?), il est plus important que jamais de s’entourer de choses agréables, quand bien même certaines personnes peuvent les trouver futiles : le confort familier d’une série télé (à titre personnel, Friends a clairement sauvé mon mois de novembre de la morosité) ou la lecture d’un livre parlant directement à notre cœur. La nécessité d’entretenir la flamme de ses amitiés (que l’on choisit, contrairement à sa famille) paraît donc indispensable, pour s’entourer d’amour et se protéger des horreurs du monde, les oublier et simplement passer de beaux moments. Peut-être que l’important, dans cette vie, ce n’est pas de devenir riche et d’avoir une carrière admirable, mais simplement d’aimer et d’être aimé, comme le disait si bien Raymond Carver dans un de ses poèmes :

‘’And did you get what

you wanted from this life, even so ?

I did.

And what did you want ?

To call myself beloved, to feel myself

beloved on the earth.’’

Bonnes fêtes de fin d’année chers lecteurs et rendez-vous en 2024 pour de nouvelles émotions !

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