Maniac Cop : Au nom de la loi, je vous trucide !

Depuis jeudi dernier, Shadowz vous propose un nouveau rendez-vous : le Double Feature. Calqué sur les programmations de certains cinémas d’antan, la plateforme entend vous proposer des doubles-programmes (probablement réunis autour d’une thématique) liés par un court-métrage faisant office de passe-plat entre les films. Bien évidemment, il ne s’agit pas de faire rentrer de nouveaux titres au sein du catalogue, mais de piocher dans ceux déjà disponible afin de leur redonner un second souffle. Un joli coup marketing que nous approuvons et que nous ne pouvons que vous conseiller de suivre si d’avantage vous ne sauriez pas comment y trouver votre bonheur. Parfois, se laisser guider permet de belles découvertes. Nous nous sommes donc amusés à prendre un film au hasard dans le catalogue de la plateforme en laissant le soin à une main parfaitement innocente (notre fils de 16 mois !!) de jouer avec notre télécommande afin de nous choisir le film du jour étant donné que nous possédions déjà les chroniques des deux nouveaux titres fraîchement arrivés sur Shadowz (Alice Sweet Alice et Une Pluie Sans Fin, pour ne pas les citer). Le choix de notre bambin : Maniac Cop ! Il ne manquerait plus que ses premiers mots soient « A.C.A.B. » pour que nous nous mettions à nous inquiéter, sic ! Qu’à cela ne tienne, nous avons redonné une chance à un film que nous n’affectionnons pas particulièrement. Troisième réalisation pour William Lustig, juste après le culte Maniac en 1980 et le superbe Vigilante en 1983, Maniac Cop compte pour beaucoup comme un incontournable de son réalisateur.

A New York, un tueur en série sème la panique. Vêtu d’un uniforme de policier et d’une matraque, il multiplie les meurtres, créant un climat de tension au sein des forces de l’ordre de la ville. Le Lieutenant Frank McCrae mène son enquête, désirant attraper le responsable de cette psychose générale.

Comme pour ses deux premiers films, Lustig nous plonge au cœur d’un New-York chaotique et sombre où un ancien policier assassine de sang-froid les citoyens new-yorkais. Lustig est méticuleux, son découpage tient parfaitement la route. Comme d’habitude chez Lustig, le spectateur est plongé directement et viscéralement dans le bain dès son ouverture. On y fait la connaissance du fameux maniaque. Sans jamais voir son visage, nous identifions une gestuelle propre au personnage. Nous serons conquis par sa manière de jouer avec sa matraque. L’espace de quelques plans, Lustig construit un mythe propre et efficace supplantant immédiatement le charisme de son tueur. Merveilleusement incarné par un colossal Robert Z’Dar, Matt Cordell, le tueur, se hisse immédiatement au panthéon des tueurs sanguinaires les plus brutaux du septième art. Il est froid, précis et brutal. Une mise en bouche vraiment alléchante pour un film que le temps n’a, malheureusement, pas épargné. En effet, si la mise en scène de Lustig suinte parfaitement l’ambiance crasseuse des rues malfamées de New-York, Maniac Cop a pris un aspect kitsch discréditant quelque peu les propos de son auteur. Là où Maniac tient encore la route par son aspect rugueux, Maniac Cop peine à rester sur les rails en dépit de son excellence dans sa mise en scène. Lustig est méticuleux, son découpage est sa plus grande force. Il lui manque seulement le jusqu’au-boutisme qu’il y avait dans Maniac. L’aspect sanglant du projet est avorté au profit d’une enquête millimétrée. Pour un film montrant explicitement les actes de barbarie d’un tueur sanguinaire, c’est vraiment très léger. Quand bien même Maniac Cop lorgne plus vers le thriller que le film d’horreur a proprement parlé, le fan de tripailles restera un peu sur sa faim.

Fort heureusement, le casting est soigné aux petits oignons. Entre un Tom Atkins avide de justice, un Bruce Campbell plus que convaincant, une sublime Laurene Landon et un machiavélique Robert Z’Dar, le spectateur ne sera pas en reste. L’ensemble des acteurs assure le spectacle d’une bien belle manière. À noter la sublime bande-originale signée par Jay Chattaway (déjà remarquable aux commandes de l’ambiance de Maniac et de Peur Bleue, l’adaptation de Stephen King avec le loup-garou, pas le nanar avec les requins !!) qui confère à Maniac Cop une ambiance très singulière. Il ne suffira, une fois encore, que de la scène d’ouverture pour nous convaincre de toute la puissance d’impact du travail de Chattaway. Apportant une sérieuse dose horrifique au projet, la musique renforce l’attente de sanglant qui manque à Maniac Cop. Sachant se montrer imposantes dans leur subtilité, les compositions marquent à jamais quiconque croise la route de Matt Cordell. C’est vraiment dommage que le film ne s’autorise pas plus de liberté dans ses aspects horrifiques. Et même si un film d’horreur n’a pas besoin de basculer dans les effusions de sang pour plaire, il aurait fallu prendre le risque ici afin de ne pas tomber dans le petit coup de mou qui survient en plein milieu de l’enquête.

Rassurez-vous quand même amis curieux, Maniac Cop mérite toujours qu’on s’y arrête. Il y a suffisamment de tension et de suspense pour tenir facilement en haleine lors de vos futures soirées pizza ! Maniac Cop démontre le savoir-faire imparable de William Lustig dans sa mise en scène et son habilité à créer une histoire et une identité propre à ses tueurs en leur conférant une gestuelle marquante. La musique est sublime, les acteurs assurent et les maquillages tiennent encore la route. Une belle curiosité, malgré ses défauts, à (re)découvrir sans aucun problème.

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Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

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