Anna : 2 ou 3 choses que l’on sied d’elle…

Initials A.K. – Prénom : Anna. Profession : femme de belle vie, femme de cinéma. Artiste aux yeux gris Velasquez. Anna Karina ; miscellanées de beautés et d’allures amoureuses, savamment légères rendant noblesse aux chantres de la Nouvelle Vague, JLG en tête. Figure de proue du Cinéma godardien la sublime Anna déboule dans l’Œuvre du réalisateur de A bout de Souffle dès le très ludique et sympathique Une Femme est une Femme en 1961, récréation filmique en forme de patchwork visuel et musical au cœur duquel la jeune comédienne partage la vedette avec le savoureux Jean-Claude Brialy. S’ensuivront une collaboration comptant pas moins de six autres longs métrages, dont le resplendissant Pierrot le Fou tourné au cœur des années 60, chef d’œuvre iconoclaste marquant dans le même temps la rupture sentimentale opposant le cinéaste suisse à l’actrice sus-citée…

A peine plus d’un an après le festival pittoresque que constitue Pierrot le Fou Pierre Koralnik (un réalisateur de télévision également d’origine suisse, ndlr) tourne Anna, comédie musicale atypique mettant en scène l’actrice éponyme et son ancien partenaire Jean-Claude Brialy pour un résultat tout simplement magique et mémorable : authentique déclaration d’amour à l’intéressée Anna est de ces parenthèses filmiques méconnues se devant d’être aujourd’hui réhabilitées ; invitation à l’ivresse ce musical réalisé par Koralnik et mis en musique par l’incontournable Serge Gainsbourg ressortira ce 29 novembre 2023 dans nos salles obscures sous l’impulsion de Malavida Films, distributeur féru d’indépendance et de poésie en tous genres.

À ce jour encore fortement invisible voire inconnu Anna est de ces spectacles visuels et musicaux imposant d’eux-mêmes – et sans ambages – leur visionnage, étayé par une bande originale des plus grisantes et des plus addictives. Toujours aussi inspiré, canaille en bonne et due forme et littéralement sensuel le score gainsbourgeois demeure du reste bien plus célèbre que le téléfilm dont il est ici question : tout un chacun connaît – de fait – l’incontournable Sous le Soleil exactement interprété par Anna herself, authentique tube de la période sixties rejoignant les grands classiques de l’Oeuvre de Serge Gainsbourg, au même titre que Je t’aime, moi non plus ou encore La Javanaise… Également comédien sur ce projet augurant sur le papier bien des folies Gainsbourg écrit quelques-unes des chansons les plus pop et les plus galvanisantes de cette décennie aujourd’hui terriblement passée, ancrant plus que jamais ses textes à priori désinvoltes dans un but entièrement contemporain…

Chantées par Anna Karina, Jean-Claude Brialy (superbe en godelureau transi d’amour seyant merveilleusement au décorum typiquement parisien du film, ndlr) Gainsbourg et même Eddy Mitchell (le chanteur apparaissant au gré d’un premier quart d’heure très rock’n’roll…) les chansons dudit métrage résonnent encore longtemps après le visionnage d’un film dont le spleen amusé et amusant touche en plein coeur dès les premières images. Coloré voire électrisant Anna s’agit d’une véritable déclaration d’amour à son héroïne-titre, long métrage pop et populaire magnifiquement chorégraphié par Victor Upshaw et photographié par le très talentueux Willy Kurant (déjà responsable des lumières Noir et Blanc de Masculin féminin de JLG un an plus tôt, ndlr). Superbe.

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