Tyler Rake 2 : Toujours plus…

Vous l’attendiez, ne cherchez plus. A l’instar des salles de cinéma qui entament leur annuelle saison estivale riche en blockbusters, Netflix nous sort également l’artillerie lourde. Tyler Rake avait été un carton sur la plateforme il y a 3 ans. Il était donc logique qu’une suite soit envisagée, on ne va pas laisser s’échapper une si belle poule aux œufs d’or. Dans le fond, et à la revoyure, le premier film n’apportait rien de bien neuf au genre, si ce n’est de nous bercer chaleureusement au sein d’un cocon que l’on connaît parfaitement. Tyler Rake était un film nerveux qui nous plongeait radicalement au cœur d’une action qui ne faiblissait presque jamais. Avec un rythme asséné à grands coups de (faux) plan-séquences, le film se mettait surtout au diapason de sa star, Chris Hemsworth, qui se donnait à cœur joie dans cet ersatz à peine dissimulé de Man on Fire. Héritier digne de l’école Tony Scott ou simple produit calibré ? Difficile de savoir réellement ce que les frères Russo (à l’origine du scénario) ont dans la tête tant ils ont diablement pris un melon gigantesque depuis leur passage dans les écuries Marvel. Mais qu’importe notre avis sur le premier film (que nous avons apprécié en dépit de ses nombreuses limites), Tyler Rake 2 vient de débarquer sur Netflix et entend se mettre au pas quant aux attentes que génère toute bonne suite qui se respecte.

Malgré les graves blessures subies lors de sa mission à Dharka, au Bangladesh, Tyler Rake ne peut se résoudre à se mettre au vert. Il accepte une nouvelle mission périlleuse. Son équipe et lui doivent extraire une mère et ses deux enfants d’une prison de Géorgie. Prison dans laquelle la famille est retenue contre son gré par le patriarche de celle-ci, un impitoyable gangster.

« Bigger & louder », voici une devise qu’on ne présente plus lorsqu’il s’agit de mettre en scène la suite d’un film d’action musclé. Nous passerons rapidement sur les raisons de la survie du héros que nous avions laissé pour mort, il en va de notre suspension consentie d’incrédulité (qui sera mise à rude épreuve une fois de plus) afin de rentrer directement dans le vif du sujet. Tyler Rake 2 est une franche réussite non pas parce qu’elle brille par une quelconque originalité, mais bien évidemment pour la générosité et la sincérité qu’elle déploie. La réalisation est confiée une nouvelle fois à Sam Hargrave (cascadeur de profession ayant officié, entre autres, sur plusieurs Marvel dont Avengers Endgame) et d’emblée l’évidence saute aux yeux : il a revu sa copie à la hausse et parvient désormais à apporter de belles chorégraphies dans sa mise en scène. On pensera évidemment à la saga John Wick qui a été initiée par des cascadeurs également, mais Tyler Rake 2 se détache du modèle susmentionné et notamment dans l’assimilation qu’il tire du genre. Sam Hargrave est indéniablement un amoureux du genre. Il convoque tous les meilleurs films d’action de ces 30-40 dernières années et condense le tout au sein d’un film qui ne laisse que le minimum syndicale aux temps morts. Mais ce n’est pas le tout de citer The Raid, Last Action Hero, Terminator 2, Die Hard ou même encore Les Fils de l’Homme et Heat, encore faut-il savoir quoi en faire. Et à ce petit jeu, le réalisateur a parfaitement compris comment venir titiller notre corde sensible. Les références ne sont jamais racoleuses façon gros coup de coude lancé à tout bout de champs, elles embellissent de fondations du film et sauront rassurer les aficionados du genre.

Tyler Rake 2 n’apporte rien de bien nouveau sous le soleil du cinéma d’action. On pourrait même lui reprocher un excès d’abondance. Tout est toujours plus gros, plus violent et plus enjoué. On n’échappera pas aux multiples (faux) plan-séquences qui, désormais, sont devenus un exercice, au pire insignifiant, au mieux purement plastique. Ici, la notions d’urgence prend le pas sur la forme. Lorsque survient l’extraction, le film nous plonge au cœur d’une dynamique qui ne désemplit pas. Lancé à tambours battants dans un plan-séquence de près d’une demi-heure, nous saluons l’envie du réalisateur de rendre hommage à son premier métier. Si l’aspect paraît chaotique vu l’action qui ne s’estompe jamais, il y a une vraie précision qui se joue dans le cadrage des scènes de combats. Pour sûr que les acteurs se donnent les moyens de rendre justice aux chorégraphies. Il y a une vraie implication qui nous fait ressentir la portée de chacun des coups donnés. L’interaction avec l’environnement devient un terrain de jeu ludique et nous offre des mises à mort jouissives comme on en n’avait pas vu depuis longtemps. Loin de la rigidité du premier film qui se contentait uniquement de singer les combats aux fusils de John Wick, cette suite de Tyler Rake renouvelle perpétuellement ses méthodes d’affrontement. Voilà pourquoi on ne peut pas bouder notre plaisir. Le film nous gâte en permanence et ne trompe jamais sur la marchandise. Qu’importe que l’histoire soit tirée par les cheveux, que les dialogues soient facultatifs ou que l’on ressente l’appât du gain et la très nette envie de franchiser le personnage : on en prend plein les mirettes et c’est tout ce qu’on attend d’un film de cette ampleur. Tyler Rake 2 sent bon la testostérone des années 1980-1990, l’époque où les Stallone, Van Damme, Seagal et autres Schwarzenegger dominaient le box-office. S’il n’était plus à prouver que Chris Hemsworth cherche à s’émanciper de l’image du super-héros qui lui colle à la peau, il démontre qu’il a la prestance nécessaire et les épaules solides pour endosser ce genre de rôles. Il ajoute une profondeur bienvenue à son personnage et parvient à faire coexister l’ensemble de ses traumas lors des rares moments de répits avec une aisance sidérante. Tyler est un personnage bien plus complexe que l’image de mercenaire invincible qu’il renvoie, c’était ce qui sauvait largement le premier film et qui vient se confirmer dans cette suite.

Tyler Rake 2 est clairement le type de blockbuster qu’on adorerait voir en salle. Le film gâte le spectateur venu se prendre sa décharge d’adrénaline avec un savoir-faire imparable. Il y a une assimilation et une compréhension de la notion d’urgence qui emmène cette suite au firmament des plus belles propositions dans le genre que nous ayons eu ces dernières années. Tyler Rake 2 offre un spectacle calibré qui saura sustenter n’importe quel nostalgique des productions du genre de la fin du siècle dernier. Et rien que pour cette abondance de générosité, nous ne pouvons que saluer le projet et faire fi des défauts qu’il serait très facile d’énumérer et de critiquer un par un.

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