The Batman : De Cape mais sans Crocs

Alors que le premier univers partagé en animation chez DC Comics/Warner connait ses dernières saisons avec Justice League après dix années de bons et loyaux moments à la télévision entre les aventures de Batman, Superman et comparses, l’homme chauve-souris retrouve une seconde jeunesse avec une nouvelle série lui étant dédiée.
Repartant de zéro, la série est baptisée The Batman, dénomination originelle du personnage créé par Bob Kane et Bill Finger dans les années 1930. Dans cette série composée de 65 épisodes sur 5 saisons, disponible dorénavant dans un coffret intégral Blu-Ray, les fans, mais surtout la nouvelle génération de jeunes spectateurs vont à la rencontre d’un jeune Bruce Wayne. Le milliardaire connaît ses premières capes dans les rues de Gotham City, poursuivant ses célèbres antagonistes tout en étant poursuivi par la police de Gotham. Rien de nouveau à l’horizon pour les habitués du personnage… Néanmoins un intérêt de produire un nouveau programme pour sa chaîne TV et son émission jeunesse jaillit dans les grands esprits de la Warner Bros, rendant également possible la relance des ventes de jouets, une manne facile à encaisser.

Il est difficile de prendre le relais d’une série aussi réussie et culte que celle de Batman datant de 1992. Durant cinq saisons, la série animée créée par Bruce Timm et Paul Dini aura accroché nombre de spectateurs bien entamés suite au succès du long métrage signé par Tim Burton en 1989. La Batmania bat son plein et la série entraîne avec elle une génération d’enfants abasourdis par la noirceur du programme proposé et la richesse des histoires autour du catalogue du personnage.
The Batman, en 2004, suit cette ambition reprenant la noirceur de l’univers. Le ciel est en permanence teinté d’une couleur rouge sang pesant sur un Gotham aux courbes gothiques. On songe au cinéma gothique italien des années 1950 tirant leurs forces des films anglais de la Hammer et du studio Asylum de la même époque. Les références concordent forcément entre le nom de la ville ou l’Asile, lieu clé de l’univers du super-héros. Dans ce lieu vampirique attirant tous les fêlés possibles et imaginables (Dracula aura même le droit d’affronter le Bat dans un film dérivé de la série !), Batman est le héros monstrueux hantant les rues et mettant sur les dents un duo de flics attachants.

Batman retrouve sa position d’anti-héros dans cette nouvelle série. Les inspecteurs Yin et Bennett sont chargés d’enquêter sur les affaires de chaque épisode tout en essayant d’arrêter le Batman. Au fil de la première saison, les coéquipiers sont tiraillés entre le fait de soutenir le héros et de l’arrêter sur ordre de leur supérieur. Un Commissaire qui n’est point James Gordon, le personnage culte et fervent soutien de Batman arrivant dans le dernier épisode de la deuxième saison. Ainsi tout s’emballe dans l’univers qui se développe et retrouve un ton moins enfantin dans sa troisième saison. Batgirl montre le bout de sa cape puis Robin & compagnie.
Il faut bien avouer que les premiers épisodes de la première saison peinent à convaincre. Malgré une atmosphère soignée et des traits renvoyant aux Fumetti italiens (Diabolik par exemple), The Batman se compose en un épisode pour un antagoniste. Loin de développer ses personnages convenablement (Freeze se trouve être un banal voleur) les auteurs ne prennent même pas la peine de présenter le Joker dans le premier épisode. Chaque épisode se déroule sur un seul niveau de lecture. Le tout est banalement simple et sans grand intérêt. La troisième saison rectifie le tir reprenant son écriture pour rétablir certaines trajectoires poignantes, notamment avec le Sphinx. La série trouve un ton adéquat entre noirceur et enfantillage pour continuer à vendre des jouets grâce à l’arrivée des nouveaux personnages. Il aura fallu tout de même attendre la troisième saison sur cinq pour arriver à murir un univers pré-installé depuis des lustres…

La série animée de 1992 pèse énormément sur ce programme qui peine à trouver son souffle. Beaucoup d’épisodes de la première saison sont des malfaçons de la série de Paul Dini et Bruce Timm. Malgré quelques prises de risque malignes et poignantes comme l’origine de Clayface et le lien fraternel entre Bennett et Bruce, The Batman ressasse ce que l’on a déjà vu dix ans auparavant. L’attente vaut tout de même le coup de patienter jusqu’à la troisième saison voire même la cinquième saison où Batman part à la rencontre à chaque épisode de ses collègues entre Superman, Flash ou Green Arrow pour vaincre des méchants en commun. Une justice qui se ligue comme la cerise sur le gâteau d’un programme pas bien original, mais divertissant pour toute une génération post 90′ qui aura regardé la série sur les chaînes Warner aux États-Unis ou sur France 3 le dimanche matin le bol de corn flakes à la main devant F3X.

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