Édito – Semaine 4

La semaine dernière aura été marquée par la pluie, le froid, les grèves et les décès de Gina Lollobrigida et Paul Vecchiali, deux grandes figures du cinéma, aussi bien par leur âge avancé (Lollobrigida est décédée à 95 ans, Vecchiali à 92) que par leurs carrières qui n’ont absolument rien à voir mais qui témoignent d’un parcours impressionnant.

Cinéaste discret, peu médiatisé mais toujours animé d’une passion vivace à tourner et à explorer les mêmes thématiques de films en films, Paul Vecchiali est de ces réalisateurs que l’on apprend à connaître sur le tard, presque par hasard et par curiosité (le pitch de Nuits blanches sur la jetée, sorti en 2015, qui d’un coup nous amena vers son univers) et dont nous remontons ensuite la carrière pour réaliser sa longue présence dans le cinéma même si sa farouche indépendance l’a souvent mis de côté (il avouait n’avoir jamais eu une seule avance sur recettes du CNC). C’est un réalisateur à découvrir, à la carrière singulière, pas toujours abordable mais dont la liberté et l’état d’esprit, frondeur et prolifique, sont tout à fait admirables.

Quant à Gina Lollobrigida, actrice découverte à titre personnel dans Fanfan la Tulipe dans la dvdthèque de mon grand-père (visionnage imposé d’ailleurs, à chaque fois que je réclamais de voir Crash de Cronenberg, je me retrouvais devant un John Ford ou un classique du cinéma français en noir et blanc, à l’époque une véritable insatisfaction), elle a justement accompagné plusieurs visionnages en compagnie de mon grand-père cinéphile, autant amateur du cinéma italien que de ses actrices (Sophia Loren, Claudia Cardinale, Laura Antonelli et Gina Lollobrigida évidemment), un homme de goût vous l’aurez compris. Ce n’est pas l’actrice italienne à la carrière la plus mémorable, les classiques étant plus rares que chez ses comparses mais difficile de l’oublier aussi bien chez Jean Delannoy (Notre-Dame de Paris), chez John Huston (Plus fort que le diable), chez King Vidor (Salomon et la Reine de Saba), chez Carol Reed (Trapèze) ou encore chez Robert Mulligan (Le rendez-vous de Septembre). Evidemment souvent cantonnée aux rôles en adéquation avec sa beauté (rien que son nom sonnait comme une promesse érotique), elle n’a pas toujours eu les rôles qu’elle méritait mais laisse derrière elle toute une carrière internationale à redécouvrir, de quoi voyager un peu vers un passé réconfortant soit le programme idéal par les temps qui courent !

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*