Terrifier 2 : Fun, gore et craspec !

Séance Shadowz très spéciale pour aujourd’hui. On n’ouvre pas l’année 2023 n’importe comment puisque notre partenaire se lance dans un projet fou que nous ne pouvions pas ne pas soutenir. Pas de chronique vantant les mérites d’un nouvel arrivant sur la plateforme pour ce jour spécial puisque nous vous invitons à patienter jusque mercredi prochain afin de courir dans vos salles obscures soutenir la sortie de Terrifier 2. Shadowz, en partenariat avec ESC, ont fait le pari fou de proposer la suites des aventures de Art le clown sur grand écran. Le phénomène a pris tellement d’ampleur dans les salles américaines que Shadowz entend ravir le marché français de ce succès inattendu. Terrifier 2 a été tourné avec un budget dérisoire de 250 000 dollars et est sorti dans environ 800 salles américaines. A l’heure où nous écrivons ces lignes, Terrifier 2 a rapporté plus de 12 millions de dollars de recettes sur le sol US. Une sacrée success story pour son auteur, Damien Leone, qui porte son boogeyman à bout de bras depuis tant d’années. Mais nous n’allons pas réécrire ce que nous avons déjà pu dire à son sujet, nous vous invitons à vous référer à notre critique de Terrifier pour plus d’informations.

Après être ressuscité à la morgue, Art le clown revient dans le comté de Miles un an après ses crimes précédents. Le soir d’Halloween, il prend pour cible Sienna et son jeune frère Jonathan dont le défunt père leur a légué un livre de croquis prémonitoires sur les méfaits de Art.

« J’ai vomis dans mon pop-corn » déclarait un spectateur américain à la sortie de Terrifier 2. Le film est devenu un énorme phénomène de pop-culture comme savent si bien en créer les américains. Bien évidemment, l’immense campagne marketing autour du film et de ses scènes violentes et graphiques aura eu raison de la curiosité du tout venant. Mettons les choses au clair directement. Si vous montrez Terrifier 2 à votre tonton Robert pour qui la seule culture cadavérique au cinéma se résume aux scènes de crime de l’inspecteur Derrick, il y a de fortes chances qu’il fasse un malaise. En revanche, si vous êtes des aficionados de ce genre de séries B, vous ne verrez rien de bien neuf à l’écran si ce n’est une avalanche généreuse en tripailles. Ne boudons cependant pas la chance d’avoir droit à un film de cette ampleur dans nos salles. ESC avait déjà tenté le pari l’année dernière avec The Sadness et nous nous congratulons que ce cinéma parvienne à être visible, même dans un circuit restreint, et puisse exister le temps de quelques semaines de projection. Finissons-en une bonne fois pour toute avec les cercles élitistes des cinéphiles avertis qui boudent leurs méthodes d’antan lorsqu’ils se passaient les VHS sous le manteau et unissons-nous pour accorder plus de visibilité à ce genre de projet. C’est en se déplaçant massivement en salle que des distributeurs oseront ouvrir plus régulièrement leur catalogue et proposer des pépites gorasses comme on les aime. Parce que le constat est le suivant : la culture de l’horreur à la sauce Blumhouse est vraiment devenu le standard des adolescents modernes et on en a ras le bol de manger de la soupe fade 95% du temps. Rien que pour l’audace de sortir Terrifier 2 en salle, le projet mérite toute notre attention.

Comme vous le savez déjà, nous avions des réserves à la fin du premier film. Nous avions salué l’amour de Damien Leone pour son boogeyman et les effets pratiques et surtout sa débrouille remarquable à proposer autant de scènes généreuses pour un budget de 35 000 dollars. Il multiplie son budget par presque 10 ici et autant vous le dire : Terrifier 2 est dans la même veine horrifique que son grand frère. Les meurtres sont brutaux, visuellement sanglants et graphiquement très réussis. Art démembre des corps aussi aisément que Gérard Depardieu en émoi devant un buffet de poulardes. On aurait pu craindre le pire à la vue de la durée du projet (pas loin de 2h20 au compteur) mais Leone se montre diablement redoutable et prend le temps de poser un cadre vraiment intéressant. Terrifier se focalisait beaucoup sur Art, délaissant toute personnification des victimes. Ici, Leone construit habilement les liens qui unissent Sienna et son petit frère, offrant des éléments de réponses probants quant à la mythologie de son tueur qui n’est pas sans rappeler un certain Freddy Krueger. Sans pour autant révéler tous les secrets qui planent autour de Art, Terrifier 2 s’alloue un scénario nettement plus étoffé que le film précédent et rend l’expérience aussi glorifiante qu’intéressante. Ainsi, la durée hors-norme pour un film d’un tel calibre n’est clairement pas un problème tant nous sommes embarqués sans crier gare au cœur d’une maison hantée de laquelle nous ne voulons plus sortir. On regrettera toutefois que Damien Leone ne concède pas plus d’informations quant au mal qui gangrène la victime survivante du premier film. C’était l’énorme point d’interrogation en fin du premier film et ce sera l’objet de l’immense questionnement laissé par le long épilogue de cette suite. On sent que Damien Leone n’est pas prêt de lâcher son bébé de si tôt, et vu les excellents chiffres au box-office US, il y a fort à parier qu’un Terrifier 3 voit le jour rapidement (et avec sûrement un budget bien plus conséquent). Ceci étant, Terrifier 2 upgrade absolument tout ce qui faisait défaut au premier : il étoffe la mythologie de Art, prend le temps d’installer des personnages avec un background intéressant et son étalonnage est bien plus plaisant et loin de la patine amateur du précédent. Tous les voyants sont donc au vert pour cette suite que nous n’avions pas imaginé si généreuse sur bien des aspects.

Terrifier 2 est le film de genre à ne surtout pas manquer en salle en ce début d’année. Indissociable du premier puisqu’il en est la suite directe, Terrifier 2 inscrit indubitablement le nom de Damien Leone au rang des auteurs à suivre de très près. Très à l’aise pour amuser la galerie avec peu d’argent, espérons qu’il saura se montrer digne de plus grosses productions et n’oubliera pas qu’il en est arrivé là grâce à l’amour de ses fans. En tous les cas, Terrifier 2 c’est un très grand oui pour nous !

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