Host : Esprit, es-tu là ?

Revenons à une proche époque où le cinéma de genre s’extasiait d’empocher un maximum de bénéfices sur des projets au budget dérisoire. Inévitablement vous penserez à Paranormal Activity et la comparaison avec le film du jour ne sera pas déconnante. Jouissant d’une solide réputation depuis sa sortie, Host est un film entièrement tourné sur Zoom lors du confinement de 2020. Quelques projets sont nés durant cette période, mais rien d’inoubliable, avouons-le. Pourtant, Shadowz décide de faire confiance, une fois de plus, au catalogue américain de la plateforme Shudder afin de promouvoir l’un de leur plus beau succès. Host est un film au concept simple sur une énième histoire de séance de spiritisme qui tourne mal. Rien de bien neuf sous le soleil du genre, mais si Shadowz nous dit que cela vaut le coup d’œil, nous pouvons leur faire confiance.

La simplicité est le maître-mot concernant Host dans lequel six amis engagent une médium pour une séance de spiritisme sur Zoom et où très vite la situation dégénère lorsqu’ils réalisent qu’ils ont laissé entrer un esprit maléfique chez eux. Host est réalisé par Rob Savage, celui qui est parvenu à nous terrifier l’année dernière grâce à un film au concept ludique et simpliste : Dashcam. Enfant des années 1990, Savage est le genre de réalisateur qui connaît parfaitement ses classiques et qui sait mieux que quiconque comment exploiter un sous-genre de l’horreur avec lequel il a grandi. Nul doute qu’il a pris le temps de décortiquer les gros succès des années 2000 comme Paranormal Activity, [REC] ou encore Unfriended avec lequel Host partage le plus de points communs. Seulement, là où le premier est une immense bouse inintéressante au possible, le second utilise merveilleusement les outils du média sur lequel il appuie son concept sans jamais devenir esclave de celui-ci (la durée limité d’une conférence non premium, les interférences lorsqu’on bascule d’un ordinateur à un téléphone, les filtres et autres options qui permettent d’enrichir une conversation sur Zoom). Évidemment, le concept du film veut qu’il devient intéressant de le voir sur son ordinateur et au casque, mais croyez-nous, il fonctionne tout autant sur la télévision. Host se veut proche d’une expérience en temps réel. D’une durée d’à peine moins d’une heure, Host nous immerge sans ménagement au cœur de ce groupe d’amis et parvient à dresser un portrait simple et rapide de chacun des protagonistes. On repère immédiatement qui est le blagueur du groupe, qui prend la chose au sérieux, qui craint la séance… Host joue d’archétypes bien tranchés afin d’éviter de s’embourber dans des tableaux pompeux visant à nous faire comprendre rapidement à qui nous avons affaire. Simplicité et efficacité, puisqu’on vous dit que ces deux qualités coordonnent tout le film.

Lorsque le film bascule dans le frisson, il met très rapidement à l’amende les exemples susmentionnés avec une recherche poussée sur comment faire naître instantanément l’effroi dans le regard du spectateur. Host offre une seconde partie digne des plus grands films d’épouvante et concède de sacrés moments de trouille. Plusieurs fois nous serons tentés de fermer les yeux tant nous ne désirons pas nous prendre frontalement ce qu’il va arriver aux personnages. C’est là toute l’essence d’un film d’épouvante réussi : faire naître ce sentiment de malaise si palpable qu’il remet en doute notre curiosité morbide de spectateur à se demander s’il vaut mieux détourner le regard ou non. Et pourtant, Rob Savage n’utilise pas moins que tous les artifices qu’un spectateur avisé connaît déjà. Seulement, il sait parfaitement doser son suspense et décode minutieusement tous les réflexes défensifs du spectateur afin de mieux le pousser dans ses retranchements. Il n’y a rien de visuellement gore ni graphique à proprement parler, Host est bel et bien la quintessence du film à budget plus que fauché et qui fait des merveilles grâce à sa mise en scène pertinente. Doté d’une aura implacable, difficile de ne pas tomber en amour pour le projet. Tous les choix sont justifiés et judicieux : de l’ordre dans lequel les personnages disparaissent jusqu’à sa courte durée qui ne laisse jamais de place à un quelconque ennui. Une fois encore, Host est la simplicité à l’état pur !

Host s’apparente à un tour de manège duquel on ne veut plus descendre tant il parvient à faire tous les bons choix possibles. De sa manière de présenter ses personnages aux mécanismes utilisés pour nous effrayer, Host révèle un réalisateur qui sait mieux que personne comment foutre les pétoches à ses spectateurs. Et ce n’est pas l’épilogue du film qui nous fera dire le contraire puisque ce dernier se permet de convoquer James Wan pour un dernier frisson parfaitement exécuté. Host est la petite heure de trouille idéale qu’il vous faut avant d’entamer votre gargantuesque repas de Noël. En vous souhaitant un sanglant réveillon…

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Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

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