Violent Night : Gare aux enfants pas sages

La saison hivernale commence à peine et les fêtes de fin d’année arrivent à grand pas, apportant avec elles leur lot de films de Noël. Violent Night, prévu pour le 30 novembre, sort tout droit de la hotte du Père Noël pour venir nous mettre une grosse pelletée d’action sanglante emballée dans un beau papier cadeau. Tremblez car si vous n’avez pas été sage cette année, ce film va vous montrer ce qui vous attend !

Violent Night est réalisé par Tommy Wirkola et nous offre un David Harbour (Stranger Things ; Black Widow) en pleine forme pour incarner un Santa Claus alcoolique et désenchanté qui en a ras-le-bol de la surconsommation et des cadeaux achetés sur Amazon. N’ayant plus foi en la magie de Noël qu’il croit définitivement disparue dans un monde où les enfants commandent de l’argent sur leur liste, Santa Claus affirme donc que cette année sera sa dernière tournée. Mais dans la nuit, alors qu’il s’arrête dans la demeure d’une famille de millionnaires américains pour y déposer ses cadeaux, celle-ci est prise en otage par des braqueurs expérimentés (leur leader étant incarné par John Leguizamo) qui décident de forcer leur coffre-fort pour s’emparer de leur fortune. Santa Claus est aussi pris au piège, et touché par l’innocence d’un petit otage (interprété par Leah Brady) qui croit toujours dur comme fer à son existence, il décide de « punir » les vilains enfants qui gâchent la fête.

Affirmant fièrement sa parenté avec les films de Noël indétrônables que sont Maman j’ai raté l’avion et Piège de Cristal, Violent Night étonne par son équilibre tenu entre scènes d’action et conflits familiaux. En effet, le film n’est pas une explosion de violence ininterrompue, mais prend le temps de caractériser ses personnages et les différents enjeux de cette famille de millionnaires. Des scènes de tensions entre les otages et leurs tortionnaires (rappelant aussi l’appartenance du film au sous-genre du home invasion) viennent pimenter le récit et faire monter l’impatience du spectateur pour les scènes de combats spectaculaires. Parce que avouons-le, on a quand même carrément envie de voir un Santa Claus briser des mâchoires et fracturer des genoux. Là-dessus, c’est à toute l’équipe de production du film que l’on doit un travail de qualité puisqu’on a à faire à une escouade de spécialistes du film d’action. Parmi ces producteurs, l’un d’entre eux doit être nommé malgré tout comme le meilleur des meilleurs en termes d’action pure : David Leitch, le cascadeur attitré de Brad Pitt, le producteur de tous les John Wick et le réalisateur de Dead Pool 2 et Bullet Train, rien que ça !

Violent Night ne ment pas sur la marchandise. Les scènes d’action sont variées et les chorégraphies de combat sont travaillées de sorte à toujours renouveler leur originalité avec la touche « Christmas ». Sans trop m’étendre mais tout est bon pour sauver Noël et arrêter les braqueurs : hotte magique, guirlandes, fausse neige, patins à glace et j’en passe, tout l’attirail de Noël peut être transformé en arme létale. D’un point de vue narratif le film va même tenter une petite réécriture du personnage de Santa Claus en lui inventant des origines cohérentes avec le personnage de David Harbour, mais encore jamais vues au cinéma (pourtant les histoires sur comment le Père Noël est devenu Père Noël, il y en a pas mal). Qui dit film d’action à Noël produit par David Leitch, dit également humour. Toujours en gardant son équilibre dosé, Violent Night propose aussi un spectacle de violence certes débridée mais parfois complètement décalée, ponctué par des gags eux aussi découlant essentiellement des scènes d’action plus que des dialogues. Cet humour est le bienvenu pour maintenir la fraîcheur caractéristique de films de Noël, sans négliger le côté violent qu’annonce le titre.

Mais ce qui en fait plus qu’un pur produit d’action brutale et jouissive c’est aussi son contexte narratif de départ et son discours cynique sur la surconsommation de nos sociétés occidentales. Il semble aussi audacieux de faire un Santa Claus meurtrier que d’en faire également un alcoolique désespéré, lassé du manque de foi des gens intéressés davantage par l’argent et les biens matériels (bien représenté par la famille millionnaire) que par l’esprit de Noël qui sous-entend un vrai moment de communion avec ce qui compte réellement, c’est-à-dire les personnes qui nous sont chères. Cette fois-ci, Santa Claus ne reste pas de marbre et va mettre un bon gros coup de bûche, nous rappelant parfois qu’il suffit d’un Noël raté pour passer des « gentils enfants » aux « vilains garnements ».

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