The Innkeepers : L’hôtel de l’ennui

Se lancer dans une séance Shadowz – étant donné le nombre de films de choix proposés par la plate-forme – implique de se laisser porter au gré de ses envies et de se laisser tenter par quelques titres fort alléchants, en se réservant la surprise de se retrouver devant une petite pépite ou bien devant une déception. L’arrivée en ce début de mois de The Innkeepers sur Shadowz était donc le bon moment pour enfin découvrir le cinéma de Ti West, réalisateur dont le nom revient ponctuellement au fil des conversations et sur lequel personne ne semble jamais vraiment tomber d’accord. L’homme est-il talentueux, sachant jouer de ses références habilement ou bien réalise-t-il des pétards mouillés ? Malheureusement le visionnage de The Innkeepers tendrait à nous faire pencher vers la deuxième option, option qu’il nous faut tout de même nuancer.

Le film nous conte une histoire simple mais fort prometteuse, celle de Luke et Claire, deux employés d’un vieil hôtel sur le point de fermer et qui a la réputation d’être hanté par le fantôme d’une femme qui se serait suicidée en robe de mariée après avoir été abandonnée par son fiancé sur l’autel. Alors que l’auberge va fermer ses portes, Claire et Luke, passionnés de chasse aux fantômes, n’ont plus qu’un week-end pour récolter des preuves tangibles de manifestations paranormales dans ce lieu. Un pitch classique mais qui, parfaitement servi, peut susciter un joli moment d’effroi.

La grande force de Ti West, c’est de ne jamais céder à la facilité du jump-scare et à truffer son film de portes qui claquent, qui grincent et d’esprits surgissant devant la caméra. Au contraire toute la première partie du film s’évertue à prendre son temps, prenant le soin de nous attacher aux personnages avec une gestion du rythme étonnante mais bienvenue. On prend ainsi le temps de connaître Claire et Luke, la première étant une jeune femme un peu perdue cherchant une aspiration dans la vie tandis que le deuxième est un type blasé ayant renoncé depuis un moment à la moindre aspiration dans son existence. Ménageant son ambiance, The Innkeepers nous prépare donc tranquillement à l’arrivée des premiers frissons que West distille avec parcimonie et une indéniable efficacité avec un véritable amour du genre qui parcourt tout le métrage.

Le problème vient de la finalité du récit qui, s’il dessine un touchant portrait de personnages paumés s’accrochant à l’existence des fantômes pour trouver un sens à leur vie, ne va jamais nulle part et ne tient jamais ses promesses. Refusant tout spectaculaire et toute montée de tension (sauf à de rares moments), Ti West ménage une belle ambiance mais au service d’une histoire sans aboutissement dont la conclusion semble cruellement gratuite. Et si le cinéaste a un talent certain pour incorporer ses références avec amour, le fait qu’on ne sache jamais vraiment où le film veut en venir (on peut certes faire un film sans autre but que de divertir mais dans ce cas-là il faut tenir sa promesse de divertissement) finit par nous rebuter complètement, le spectateur achevant son visionnage sur la désagréable impression d’avoir perdu son temps. Ce ne sont pas les maigres pistes lancées par le scénario qui viendront nous réconforter et pour un film avec plus de frissons comportant le même casting, on vous recommande bien plus chaleureusement Cheap Thrills où l’on retrouve Pat Healy et Sara Paxton pour un autre délire bien plus appréciable et ça tombe bien car lui aussi est sur Shadowz !

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Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

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