The Gray Man : Agent 006

A l’annonce de ce projet, nous nous attendions à voir un blockbuster d’action honoré par son casting 5 étoiles. Un film dans la lignée de Tyler Rake (2020) réalisé par Sam Hargrave avec Chris Hemsworth en tête d’affiche qui a été scénarisé par Joe Russo. Un film assez moyen qui repose sur son divertissement, légèrement rehaussé par cet impressionnant plan-séquence, qui ne pourra rien faire d’autre qu’apporter un semblant d’intérêt au film. Joe Russo et son frère Anthony vont cette fois prendre la réalisation de ce nouveau blockbuster : The Gray Man. Le travail du duo fraternel que nous avons bien évidemment eu l’occasion de voir chez Marvel par le biais de Captain America : Civil War (2016), ainsi que dans Avengers Infinity War (2018) et Avengers Endgame (2019). Par conséquent, le C.V de ces deux cinéastes va logiquement nous conditionner à ce que nous allons voir : un divertissement d’action assumé.

Dans The Gray Man il y a bien évidemment du négatif, mais commençons par le positif qui est la promesse tenue par les frères Russo, de nous offrir un divertissement à sa juste valeur. Un film au rythme soutenu, en partie par sa gestion des scènes d’action qui tiennent la route sans être forcément révolutionnaires comme l’illustre la scène d’action centrale de The Gray Man à Prague. L’action va être également mise en scène par l’utilisation de certains plans au drone fpv qui se démocratisent peu à peu dans le cinéma d’action apportant une vitesse qu’un travelling poussé par des machinos ne peut atteindre couplé par des mouvements en hauteur non linéaires stabilisés, qu’une grue aura du mal à réaliser. De plus, l’une des envies de découvrir ce film est bien évidemment aidée comme énoncé précédemment, par son casting 5 étoiles avec Ryan Gosling, Chris Evans et Ana de Armas.

Après avoir parlé du positif, prenons le temps d’énoncer ce qui est moins réussi. Tout d’abord, les points négatifs affiliés fatalement, sans surprise à la promesse du film qui a comme unique but de divertir, ne va malheureusement rien nous offrir d’autres que du divertissement pur et dur. The Gray Man est un film d’espionnage autour d’un complot émis par la CIA. Un métrage qui va clairement s’assumer comme un hommage à James Bond, de par son genre certes mais aussi par l’identité du personnage principal, Ryan Gosling, qui se prénomme Six, référence au célèbre agent du MI6 identifié par un numéro. De plus la coïncidence de retrouver Ana de Armas également présente dans le dernier opus de James Bond Mourir peut attendre va nous renvoyer à l’inspiration de The Gray Man qui tout comme James Bond, nous renseigne sur la destination qu’emprunte le récit par l’affichage du nom des villes. Cependant, rendre hommage à l’une des plus grandes licences du cinéma ne suffit pas à dresser le film des frères Russo au rang des missions de l’agent 007. A cela vous allez peut-être dire, The Gray Man est un film Netflix, il est donc incomparable de le mesurer au moyen dont disposent les films de James Bond… Et bien à cela nous vous répondrons que The Gray Man dispose d’un budget de 200 millions de dollars soit autant que le meilleur film de James Bond, Skyfall (2012)… Le budget du film ne peut donc pas excuser ces effets visuels assez approximatifs ainsi que sa volonté de ne pas créer une image aussi inspirée que celle de Roger Deakins (directeur de la photographie de Skyfall). Les acteurs vont aussi contribuer aux points négatifs du film. Ryan Gosling est convaincant sans illuminer l’écran, ce qui n’est pas digne du niveau de l’acteur de La La Land ou de First Man, comme quoi la direction d’acteurs peut étouffer le talent d’un comédien. Chris Evans, quant à lui, va poser un peu plus problème en raison de la crédibilité de son personnage, caricaturé comme tout méchant sans réelle profondeur qui se respecte. 

Si l’on vous dit que The Gray Man a une patte d’auteur reconnaissable, vous allez nous rire au nez. Cependant, le cinéma d’auteur ne se limite pas à son stéréotype d’œuvres indépendantes artistiquement intellectuelles. On a beau dire ce qu’on veut de ces réalisateurs, il faut bien avouer que les frères Russo, vont s’identifier par leur touche Made In Marvel : des musiques fun et des interventions humoristiques. En revanche, mettre en valeur sa personnalité ne dispense pas de combler certaines erreurs comme la faible exposition réalisée de manière maladroite, en montrant le traumatisme de Six victime de la tyrannie de son père, trop cliché ou par le lien entre la jeune fille Claire (Julia Butters) et Six. Joe et Anthony Russo vont certes prendre la peine d’exposer le lien entre les deux personnages lors d’un flashback, mais en contrepartie le rythme du film va s’octroyer une pause qui ne sera pas bénéfique au tempo du récit, surtout que l’écriture de ce lien va finalement  être à l’arrivée superficielle par ce développement construit en surface, sans être approfondie, bâclée tout comme la fin du film expédiée assez rapidement.

The Gray Man divertit par ce face à face entre ce duo bankable Ryan Gosling et Chris Evans, nous servant la dose d’action qui nous a été promise, tout en nous faisant bien prendre conscience que l’objectif de ce film ne sera en aucun cas de révolutionner ainsi que de faire briller le cinéma.

2 Rétroliens / Pings

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