Catwoman – Hunted : Une femme aux pattes de velours.

Anti-héroïne dans l’univers de DC Comics, Catwoman est une fidèle alliée de Batman depuis son apparition dans Batman#1 en 1940 sous le pseudonyme de The Cat et où le justicier la laisse déjà s’échapper à la fin. Le personnage joue en permanence au cœur d’une zone grise entre méfaits et bienfaits aux côtés de Batman. Une qualité et un défaut pour ce personnage phare de Gotham City qui reste dans l’ombre du super héros depuis sa création malgré quelques incartades en solo sans grands succès. On ne reviendra point inutilement sur le long métrage coupable d’être un plaisir avec Halle Berry et Sharon Stone sorti en 2004. Catwoman aura le droit à sa série de comics et son propre vécu en parallèle de ses aventures avec la chauve souris, mais il ne faut pas en demander plus à DC Comics pour l’exposer à la lumière. Tout juste dans l’univers animé aura-t-elle droit à un court métrage éponyme avec la sortie de Batman Year One en 2011 dont le court est disponible en bonus sur le Blu-Ray. Mais l’affront est aujourd’hui réparé, la belle Selina Kyle a enfin l’honneur d’un long animé baptisé Hunted dorénavant disponible en DVD et Blu-Ray. 

Catwoman : Hunted suit le personnage essayant malignement de voler l’émeraude la plus précieuse du monde. Malheureusement, cette émeraude est actuellement en possession de Leviathan, une importante organisation criminelle. Forcément avec ce vol, Selina Kyle va avoir une sacrée galerie d’antagonistes à sa poursuite. Mais dès la première course poursuite haletante du film, elle va avoir le soutien moralisateur de Batwoman. Ce détail a une certaine importance, car il prouve le manque de confiance envers le personnage félin par les scénaristes et de l’équipe artistique. Il faut encore lui coller un membre de la « Bat-Family » pour permettre à Catwoman de s’émanciper. Si Batwoman reste dans un rôle gadget de sidekick, le film n’avait clairement pas besoin de sa présence tant elle disparaît parfois sans la moindre explication notamment lors des affrontements sur les quais de Seine parisiens.
Catwoman ne peut décidément jamais se défaire de cette emprise ailée. Avec Hunted, le personnage prouve pourtant sa capacité à se débrouiller par elle même pour occuper l’espace. Personnage attachant par ses moult vices et talents dans la chapardise, l’ouverture du film est en cela un modèle de présentation du personnage pour les novices. Sa fonction est établie alors que la galerie des antagonistes se dévoile entre Minerva de l’univers de Wonder Woman et Black Mask. Leurs présences relèvent plus gentiment de la fonctionnalité, rôles interchangeables avec d’autres méchants de l’univers DC Comics. Deux antagonistes dans le vent après leurs apparitions respectives dans Wonder Woman 1984 et dans Birds of Prey identifiables dès leurs apparitions pour une jeune génération pas forcément consommatrice des comics. Leur fonction n’est autre que de courir après la cha(tte)pardeuse pour une succession de face-à-face efficace. Le film d’animation court de 1h18 relève du Beat’em All assez classique au centre de décors classieux. L’aventure s’ouvre en Italie puis se déplace à Shanghaï avant de se conclure sur les abords de la Tour Eiffel parisienne. Une proposition divertissante et efficace mettant en avant les talents de Catwoman, mais peinant à développer la moindre profondeur chez le personnage.

Arborant un style graphique manga, Hunted est confié aux soins de Shinsuke Terasawa qui peine à terrasser le conformisme de la commande. Répondant aux exigences du studio cherchant une approche Lupinesque à sa chatte, le réalisateur japonais réussit sa mission en cochant toutes les cases. Après un sublime générique animé rappelant les heures glorieuses d’Edgar la Cambriole, film dans le film narrant en prologue les tribulations de Selina Kyle jusqu’au vol de la pierre et le pourquoi du comment, Terasawa imprègne le film de sa touche énergique pour mener à cent à l’heure les péripéties de l’héroïne en compagnie de Batwoman. Le réalisateur agit plus comme un animateur qu’un véritable réalisateur reprenant tout son savoir-faire après avoir orchestré deux films de la saga Lupin The Third en 1995 et 1996 avec Le Trésor d’Harimao et Mort ou Vif destinés à la télévision japonaise. L’auteur agira ensuite sur Pokémon ou Yo-Kaï Watch avant d’intervenir pour cet opus destiné à mettre en valeur une Catwoman moderne.
Les aficionados de DC Comics feront face à la Catwoman réinventée par Genevieve Valentine sur son run consacré au personnage entre 2014 & 2015. Selina Kyle expose ici sa bisexualité au cœur d’une séquence trouble avec Batwoman, personnage ouvertement lesbien qui tombe dans une manipulation d’une chatte aguicheuse, mais finalement pudique. Le bouleversement ne sera malheureusement pas à la hauteur de la séquence de sexe entre Batman et Batgirl dans The Killing Joke ou Harley Quinn et DeadShot dans Assaut sur Arkham.

Catwoman : Hunted est en soi une déception tant le film relève de la pure fonction en tant que divertissement. Catwoman ne trouve pas l’écrin nécessaire pour être mis en valeur affrontant des antagonistes bâtards. La porte reste ouverte pour une suite d’aventures l’emmenant vers l’Angleterre pour un arc héroïque féministe qui ne demande qu’à s’émanciper et à être développé au cœur d’une histoire ne se tenant point qu’à une succession d’opposition s’enchaînant bon gré mal gré. Le style manga colle parfaitement aux courbes avantageusement sexy d’une héroïne à l’approche moderne pouvant entraîner dans son sillage une horde de jeunes consommatrices. Avec Wonder Woman, Catwoman est l’une des principales représentantes féminines du catalogue DC, elle mériterait donc de trouver au mieux sa place dans cet univers animé siglé DC Comics égayant notre fibre fanatique depuis presque 20 ans maintenant.

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