Un talent en or massif : Nicolas Cage, mon amour

Quiconque a suivi la carrière de Nicolas Cage ces dernières années a pu réaliser combien l’acteur, abonnés aux cinéastes prestigieux lors de sa première partie de carrière (Francis Ford Coppola, David Lynch, les frères Coen, Brian De Palma, Martin Scorsese, John Woo, Alan Parker, Spike Jonze) semble désormais errer de DTV en DTV l’air hagard avec toujours quelques fulgurances de temps en temps (le réussi Color Out of Space, le récent Pig voire le complètement barré Mandy dont on se demande encore si l’interprétation de Cage dedans tient du génie ou du foutage de gueule). Ayant perdu son statut de star, toujours animé par un grand besoin de tourner, Nicolas Cage semble depuis longtemps n’être que l’ombre de lui-même. Autant dire que Un talent en or massif est un titre venant à point nommé dans sa carrière, le film reposant sur un pitch absolument délectable puisque Nicolas Cage y joue son propre rôle. Après un énième casting raté, endetté et dépassé, Cage accepte la proposition de son agent qui consiste à être payé pour se rendre à l’anniversaire de Javi, un milliardaire qui s’avère être son plus grand fan. Mais si le courant passe très bien entre l’acteur et Javi, voilà que la CIA contacte Nicolas Cage : il semblerait que son hôte soit un dangereux criminel et le voilà obligé de mener un double jeu pour mener l’enquête…

Vous l’aurez compris, Un talent en or massif est une pure réjouissance pour quiconque aime Nicolas Cage. Tout le film est d’ailleurs une immense déclaration d’amour à l’acteur, à celui qui a fait vibrer de nombreux spectateurs, autant pour ses compositions dans des films exigeants que celles dans certains des blockbusters décomplexés les plus savoureux des années 90, de Rock à Volte-Face. Cage s’y montre d’ailleurs en toute fragilité : en proie à de gros doutes sur sa carrière, en compétition constante avec ses démons et son ego de star (personnifié dans le film par un Nicolas Cage plus jeune), si préoccupé par son travail qu’il a laissé de côté sa vie de famille et si endetté qu’il doit cumuler les films pour maintenir son train de vie. La frontière entre la réalité et la fiction est fine et le scénario compose intelligemment avec, aidé par l’aval de l’acteur qui se livre corps et âme avec une interprétation mêlant habilement auto-dérision et sincérité totale, bien conscient qu’il ne pouvait clairement pas trouver meilleur écrin pour briller et joliment épaulé par Pedro Pascal dont le surjeu très ‘’cagien’’ dans Wonder Woman 1984 avait donné au film une bonne partie de sa saveur.

De fait on pardonnera bien volontiers au film son manque de budget flagrant et sa réalisation parfois maladroite tant ils ne forment pas le cœur du récit. Qu’importe alors si le montage est mal assuré, que certains cascadeurs sont trop visibles et que narrativement le scénario soit un peu foutraque : le projet tout entier tient dans son amour et dans la sincérité de sa démarche. L’hommage à Nicolas Cage est tout simplement irrésistible jusque dans ses nombreuses références et le bonheur de le voir jouer son propre rôle dans toute sa démesure achève de donner toute notre sympathie à un film pour le moins singulier, il pouvait difficilement en être autrement vu la stature unique de l’acteur au sein du cinéma américain. Une réjouissance dont il serait dommage de se priver et qui donne la furieuse envie de se replonger dans la vaste filmographie de Nicolas Cage, la preuve que Un talent en or massif a définitivement atteint son objectif, redonnant de sa superbe à un acteur qu’on aime décidément de tout notre cœur.

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