Encanto : Rien n’est plus magique que l’amour de la famille

Il est enfin là ! Le rituel du Disney de Noël au cinéma est bel et bien revenu. Depuis la crise du COVID-19, la firme aux grandes oreilles a suscité bon nombre de scandales. D’un Mulan déprogrammé à la dernière minute au 59ème classique de l’animation, Raya et le Dernier Dragon, sans compter les derniers Pixar (Soul, Luca) ayant atterri directement sur leur plateforme Disney +, nous désespérions de ravoir droit à notre moment de douceur de fin d’année en salle. Pire que tout, il aurait été totalement inconcevable que notre dernier Disney en salle demeure La Reine des Neiges 2, cet infâme étron marketing à l’animation puante et désuète et aux innombrables chansons aussi mémorables qu’un concert d’Aya Nakamura sous Subutex. Après avoir autant enflammé la toile, il semblerait que Disney soit rentré dans les rangs et daigne nous offrir notre sortie annuelle en famille en bonne et due forme. Pour combien de temps ? Seul l’avenir nous le dira. Quoi qu’il en soit Encanto, nouveau film de Byron Howard et Jared Bush, entend bien illuminer les yeux des petits et des grands en cette fin d’année 2021.

Dans un mystérieux endroit niché au cœur des montagnes de Colombie, la fantastique famille Madrigal habite une maison enchantée dans une cité pleine de vie, un endroit merveilleux appelé Encanto. L’Encanto a doté chacun des enfants de la famille d’une faculté magique allant d’une force surhumaine au pouvoir de guérison. Seule Mirabel n’a reçu aucun don particulier. Mais lorsque la magie de l’Encanto se trouve menacée, la seule enfant ordinaire de cette famille extraordinaire va peut-être se révéler être leur unique espoir.

Pour ce 60ème classique de l’animation du catalogue Disney, la firme s’est allouée les services de Howard et Bush, les deux hommes derrière Zootopie. Avec l’appui de Lin-Manuel Miranda à l’écriture (et notamment sur les partitions musicales), Disney s’assure sans problème un grand succès. Et pourtant, Encanto ne démarre pas sous le meilleur des jours. En effet, le film peine à nous imposer son univers. La première chanson ne trouve jamais un rythme entraînant, bien trop concentrée à nous présenter l’immense famille en l’espace de quelques minutes. Encanto démarre dans un capharnaüm assez ingérable. On ne sait pas bien où le film veut nous emmener et la magie peine à fonctionner. Seulement, passé ce premier quart d’heure difficile, on ne pourra nier que la force enchanteresse de Disney est toujours belle et bien présente. A commencer par son héroïne, Mirabel, qui empoigne le récit à bras-le-corps et entend nous transmettre tout l’amour et l’importance qu’elle accorde à sa famille dans son cœur. Mirabel renoue avec l’image traditionnelle de la princesse Disney, tout en élevant son propos en l’adaptant à l’air du temps. S’il y aura bien une histoire d’amour et de prince charmant quelque part, ce ne sera qu’une simple intrigue tertiaire, et qui ne concerne même pas l’héroïne. Ici, il sera question d’amour familial avant tout. Et à ce jeu, les compositions de Lin-Manuel Miranda prendront une ampleur de plus en plus chaude et vive au fil du récit.

Ainsi, nous revenons à nouveau sur la nécessité de la première chanson qui, en plus d’être assez mauvaise, devient inutile au fur et à mesure que les autres se révèlent à nous. Toutes les chansons s’attardent sur un des membres de la famille. Par celles-ci on apprend à mieux connaître les personnages et à comprendre leurs tourments. En termes de palette émotive Lin-Manuel Miranda offre de sacrées chansons. En dépit du fait qu’elles ne sont pas aussi marquantes que celles qu’il avait composé pour Vaiana, Encanto peut se targuer de remettre au goût du jour de vraies bonnes chansons au sein d’un long-métrage d’animation Disney. Quel délice auditif, Miranda est vraiment de ces auteurs qui nous font encore aimer les films Disney, c’est un vrai plaisir ! Les chansons permettront de passer outre une animation jolie, certes, mais très loin de valoir Vaiana ou Zootopie (pour ne citer que les travaux précédents de Howard et Bush). L’aspect hyper coloré d’Encanto a souvent été rapproché de l’univers visuel de Coco. Quand bien même la prédominance des couleurs primaires sont indéniables dans les deux métrages, Encanto se montre un cran en-dessous. S’il y a un vrai travail sur l’univers visuel dans les chambres magiques des protagonistes, le reste de la maison possède un sérieux goût de déjà-vu. En effet, impossible de ne pas penser à La Belle et la Bête lorsque la maison devient un être animé à part entière et influe sur le quotidien de ses habitants. Mais ce n’est pas une surprise de constater que Disney aime recycler. Ce qui importe c’est la capacité des studios à pouvoir toujours nous émerveiller. Et, de ce point de vue, le contrat est plus que rempli. Encanto renoue avec la tradition des Disney de Noël de bonne facture, et cela fait un bien fou !

Encanto est un film d’animation somme toute sympathique qui doit énormément aux chansons de Lin-Manuel Miranda. On appréciera l’écriture de son héroïne qui opère là un parcours initiatique relativement intéressant pour permettre aux adultes de passer un agréable moment. On regrettera un conformisme entêtant chez Disney qui empêche l’émotion d’être totalement sincère lors du fameux moment tire-larmes du projet. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant. Encanto efface notre dernier souvenir amer de La Reine des Neiges 2, et rien que pour cela, nous lui en sommes particulièrement reconnaissants.

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