Batman – Un Long Halloween Part2 : Énième rebond du mythe.

Dorénavant disponible en DVD, Blu-Ray simple et Steelbook, Un Long Halloween clôt son récit avec une deuxième partie attendue. Si le premier segment de l’adaptation animée se juge, dans les grandes lignes, fidèle au comics écrit par Jeph Loeb cette suite prend quelques libertés concernant la tournure de ses événements, dynamitant la narration complexe du comics originel entre multiplicité de personnages et sous-intrigues labyrinthiques.

Toujours produite par la même équipe, The Long Halloween Partie 2 ne déboussole en rien les acquis d’une première palpitante. Chris Palmer et son scénariste Tim Sheridan se sont emparés du travail de Jeph Loeb comme base à un redémarrage de Batman dans l’univers animé de DC Comics cartonnant en vidéo chez les fans depuis une quinzaine d’années. La séquence post-générique assure cette idée d’un nouvel arc déjà évoquée dans notre précédente chronique consacrée au premier film. The Long Halloween agit tel un tremplin pour le refaçonnage d’un catalogue usé jusqu’à la moelle. Mais par miracle, à l’image redondante de leurs renaissances dans les comics, les personnages reprennent un second souffle bénéfique grâce à un ensemencement au cœur des histoires canoniques du catalogue. 

Un Long Halloween permet de nouveau à Batman de partir à la chasse aux vilains. L’univers est préétabli avec un héros assuré ainsi qu’un Asile d’Arkham bien rempli. Le film montre un jeune Bruce Wayne faisant toujours face à la mémoire de ses parents et aux relations d’un père ayant fricoté avec une pègre incluant Carmine Falcone. Le film évite les éternelles obligations, un simple cauchemar dû à L’Épouvantail fera office de souvenir au cœur de la ruelle où s’est déroulé le crime. Les auteurs évitent l’écueil des origines, ayant conscience de s’adresser aux fans hardcores. Cette seconde partie conclut habilement et simplement une grande histoire du Batman, dont la naissance de Double-Face, la relation avec Jim Gordon et les amours avec Selina Kyle/Catwoman. Cette dernière se voit notamment entichée d’une origine liée à Carmine Falcone, liberté prise par les auteurs du film dans une trame secondaire plutôt indélicate. Le personnage est ainsi développé sur une base inédite jamais relevée au cœur des différents comics connus. Un détail qui surprend mais qui ne perturbe jamais totalement les péripéties principales du film. 

Cette partie 2 d’Un Long Halloween se montre toujours fidèle au déroulé du comics. Le récit est resserré se concentrant sur l’essentiel pour tirer le meilleur de l’histoire de Jeph Loeb. Un film noir réussi avec en son centre un trio de protagonistes perturbés par la folie d’un membre vrillant à vouloir la justice. Se transformant en vigilante défiguré, Harvey Dent devient Double-Face, grand moment attendu de ce film, histoire du personnage devenue canonique, antagoniste célèbre du Batman et entité schizophrénique et tragique jusqu’à une nouvelle révélation finale inédite à ce film qui prend décidément des risques pour se démarquer. Cette dernière peine à convaincre en raison de sa futilité. Les dernières pages du comics étaient suffisantes, belles et terribles. Le choix de Tim Sheridan est incongru, inutile dans sa morale et l’entremêlement des personnages. Une position douteuse qui n’enlève rien à la réussite graphique et globale de cette adaptation satisfaisante et intéressante. Batman incorpore avec efficacité la récente dynamique instaurée par la nouvelle équipe productrice. Une renaissance dans l’exploitation du catalogue DC permettant une meilleure flexibilité dans l’appréciation des personnages et leurs développements au gré d’une énième série d’animés pour les années à venir. Une histoire sans fin.

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