Great White : Qui manque de mordant.

Chouette un énième film avec un requin blanc bien méchant pour nous divertir en cet été 2021. Surtout que celui-ci, faute d’un COVID persistant, manque de mordant et d’exotisme. Les ingrédients principaux de ce nouveau film – enfin, espérons-le – disponible en DVD & Blu-Ray chez Wild Side.
L’histoire suit cinq passagers en plein voyage sur une île qui se retrouvent coincés avec des requins blancs à des kilomètres du rivage après le crash de leur hydravion. Dans une tentative désespérée de survie, le groupe essaye de se rendre à terre avant qu’il ne manque de provisions ou qu’il ne soit dévoré par les requins affamés qui se cachent juste sous leurs pieds…

Sempiternelle histoire ré-exploitant en somme les péripéties exotiques des Dents de la Mer 4, Great White s’inscrit dans la (trop?) longue tradition de la Sharkploistation. Les propositions sont régulières ses dernières années entre Instinct de Survie avec la belle Blake Lively, En Eaux Troubles avec Jason Statham ou dernièrement le terrifiant 47 Meters Down déjà édité par Wild Side. Sa suite – Uncaged – est pour sa part disponible sur Prime Vidéo. Quoi de neuf donc avec cette nouvelle proposition par les producteurs de The Reef et Black Water à l’affiche plutôt aguichante… Outre de proposer d’énièmes requins qui ont une petite fringale de naufragés, rien de bien neuf pour nous spectateurs à se mettre sous la dent. Film d’exploitation avec une pseudo star à l’affiche (Amour, Gloire & Beauté ; c’est dire l’étoile montante !) Great White abuse des poncifs du genre avec savoir à défaut de faire véritablement peur avec ses requins aux proportions aléatoires. Jouant légèrement avec la peur des profondeurs, le long-métrage détourne le regard astucieusement évitant de mettre en action des requins dont le budget n’a pas permis l’utilisation plein cadre. Au contraire de 47 Meters Down, Great White n’est jamais le produit oppressant où le moindre mouvement de caméra coupe le souffle. Privilégiant l’instinct de survie de protagonistes sommaires qui pagayent inlassablement avant de perdre la rame (bien bateau !), le film suit le courant n’allant jamais contre pour un tant soit peu de surprises, mais plutôt pour des bêtises. On se contente alors d’une action convenue orchestrée par Martin Wilson dont c’est ici le premier long-métrage. Ce qui justifie une partie de l’échec d’un film ne procurant pas le moindre effroi. Great White est un raté flagrant en dépit des décors sublimes capturés pour l’occasion. On voyage clairement dans la première partie avant le naufrage (du film!) causé par un requin-CGI ayant faim d’un hydravion. Great White plonge tête la première dans les âneries ressassant des banalités de survie quitte à poliment ennuyer.

Plongeant bassement dans l’évidence, Great White lâche la barre pour une Peur Bleue dans un dernier élan de survie. L’héroïne incarnée par Kristina Bowden plonge ainsi combattre, avec son boyfriend, les grands blancs avec pour seules armes des fusées de détresse. La fin de la séquence montre les limites du procédé trouvant la lumière par un soutien si attendu et improbable que cela soulève les huées d’encouragement sur le canapé. Cinq minutes en apnée – un peu aidé par une bouteille d’air partagée – pour un combat de titans face aux deux monstres, dont le dernier poussera un cri en pleine corrida sous-marine soutenu par une orchestration sonore à plein régime. Essayant de conclure sur les chapeaux de roue un film sympathique, mais dénué du moindre intérêt, Martin Wilson laisse les deux – attendus – rescapés sur une plage, loin d’être sauvés, mais sains et saufs de requins qui n’ont rien pu faire face à deux simples humains dans les profondeurs de l’océan. Une prouesse qui laisse pantois avec ce générique se déroulant fièrement avec l’impression d’une mission réussie. Ce qui n’est absolument pas le cas pour ce Great White, certes sympathique, mais hilarant par un premier degré déconcertant. Autant se revoir les bons classiques.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*