Batman – The Long Halloween.Part1 : Pas de vacances pour le Chevalier Noir

Après une brève incartade dorée consacrée à la Justice Society, retour aux bonnes vieilles recettes, en l’occurrence ce bon et dévoué Batman. Et pas des moindres, car pour ce nouveau film autour des aventures du Dark Knight, DC Comics et Warner Animation adaptent The Long Halloween, œuvre classique et maîtresse dans l’histoire du super-héros. The Long Halloween est une histoire importante dans l’approche moderne des récits autour du Batman redéfinissant ses codes et faisant évoluer ses canons. Écrit par Jeph Loeb sur des dessins de Tim Sale, The Long Halloween fait suite à Année : Un écrit par Frank Miller publié en 1987 développant les premières années de Bruce Wayne en Batman alors que le milliardaire est de retour à Gotham City après des années d’exil et, en parallèle, suit l’arrivée de Jim Gordon en ville pour un poste d’inspecteur dans la police. Une continuité cimentant la base du scénario de David S.Goyer et Christopher Nolan pour les besoins de la trilogie The Dark Knight. Notamment la triangularité dans la relation du procureur de Gotham, Harvey Dent, prenant une importance dans la partie centrale de la trilogie qui provient directement de The Long Halloween. Dans le comics, Jeph Loeb inscrit le personnage comme un allié fort du justicier, le confondant presque aux yeux de Gordon qui le soulignera au détour d’un dialogue. Une relation forte se créera instaurant une collaboration triangulaire entre Harvey Dent, le commissaire Gordon et Batman pour mettre fin aux agissements historiques de Carmine Falcone, chef mafieux de Gotham. Mini-série importante, The Long Halloween modernise fondamentalement les relations diégétiques de Batman/Bruce Wayne emportant le héros vers une nouvelle tragédie schizophrénique.

Arc référence dans l’histoire du super-héros, notamment au cinéma pour The Dark Knight de Christopher Nolan, ce n’est pas une mince affaire d’adapter The Long Halloween en long-métrage d’animation pour l’inscrire dans la continuité du DC Universe. Mais depuis Man of Tomorrow redéfinissant Superman, l’équipe de Warner Animation semble dessiner un nouvel arc autour des héros du catalogue par une approche graphique différente rappelant les belles heures du comics à l’américaine. Au tour donc de Batman de reprendre son souffle pour une nouvelle continuité. Celle où l’image de la famille Wayne se voit entachée par des liens avec la mafia, notamment une relation trouble avec Carmine Falcone. Un fait qui affectera l’approche contemporaine de Bruce Wayne, notamment dans La Cour des Hiboux, œuvre fleuve des dernières années autour du héros. 
Dans The Long Halloween, Batman soutient Harvey Dent dans sa volonté de faire tomber Falcone. Personnage inatteignable, un tueur trouble surnommé Holiday va commencer à s’en prendre à son entourage. Un vigilante insaisissable agissant chaque jour de fête. 

Comics passionnant à suivre, The Long Halloween n’est jamais trahi par son adaptation animée simplifiant la galerie de personnages tout en gardant intacte la trame principale du récit. Il faut avouer que le scénario de Jeph Loeb faisait intervenir beaucoup trop de protagonistes dans son intrigue. Tim Sheridan, scénariste responsable de l’adaptation, condense le nombre d’intervenants et déplace quelques sous-intrigues dans la chronologie du récit. Par exemple Poison Ivy n’apparaît qu’à la fin de la première partie pour nous laisser en suspend pour la suite. L’histoire se focalise plus particulièrement sur la relation du trio formé par Dent/Gordon/Batman oubliant au passage les soupçons du procureur envers Bruce Wayne dans l’histoire originale. Sheridan incise le récit pour rythmer et permettre une meilleure appréciation de la trame collant plus volontiers aux attentes de la cible adulescente friande des différents films et de l’univers du DC Universe Animation débuté il y a une quinzaine d’années maintenant. The Long Halloween ne perd pas au change gardant l’aura du matériel de base, mais s’adapte pour une continuité nouvelle instaurée pour Batman. Cette première partie est une introduction idéale pour le chevalier noir faisant peau neuve sans enfant ni le moindre acolyte. En cela, vous pouvez regarder en amont l’excellent Year One, adaptation tout aussi réussie du travail de Frank Miller qui réussira forcément à se positionner parfaitement en amont dudit métrage. Surtout que ce premier film ne s’inscrivait pas dans la continuité du précédent arc, mais comme un one-shot à l’image des deux parties adaptant The Dark Knight Returns du même Frank Miller. 

La tant attendue adaptation de The Long Halloween nous rassure en faisant preuve d’une certaine fidélité tout en ayant l’excellente idée de prendre un peu de recul avec l’oeuvre originale. Inscrivant le Batman au cœur d’une nouvelle continuité, après le Superman de Man of Tomorrow, cette première partie laisse augurer le meilleur en attendant la deuxième partie conclusive d’un arc majeur qui sert ici au héros de Gotham de tremplin pour repartir sur des bases solides et saines. DC Comics prouve de nouveau tout le talent exprimé dans l’exploitation de son catalogue en longs-métrages d’animation et ses possibilités de rebond en le confiant à une nouvelle équipe tout aussi passionnée et dévouée dans leur travail.

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