Spirit L’indomptable : Retour aux temps du Far West

Le fougueux étalon retrouve le chemin des salles de cinéma vingt ans après sa première aventure dans les grandes plaines américaines. Dernier titre des studios Dreamworks avec Sinbad a être produit en animation 2D se situant entre le premier Shrek et Gang de Requins, Spirit fut un beau succès critique et public présenté Hors-Compétition au Festival de Cannes 2002 et nominé pour l’Oscar du Meilleur Film d’Animation lors de la 75e édition.
Spirit reste un titre populaire ayant débouché sur une deux séries TV à l’animation 3D avec de nouveaux héros et une nouvelle histoire. Ciblant plus volontiers un public de jeunes filles avec son héroïne Lucky, Dreamworks a appliqué la même recette habituelle en adaptant pour la télévision un succès de cinéma. Les Croods, Les Trolls ou encore les Pingouins de Madagascar – voire même Dragons – tous ont connu une transposition télévisuelle. Spirit n’y échappe pas donc avec de multiples saisons disponibles sur Netflix débouchant dorénavant sur un nouveau long-métrage de cinéma dans l’esprit de ladite série animée.

Spirit L’Indomptable reprend le personnage de Lucky – héroïne de la série – pour condenser ses aventures et développer avec ambition sa rencontre et son parcours avec Spirit. Ce dernier est capturé par un gang pour être dompté et revendu à prix d’or. Avec ses nouvelles amies, Lucky va tout faire pour les en empêcher.
Blockbuster d’animation attendu pour cet été 2021, Spirit L’Indomptable est une déception à la hauteur des attentes du public du premier film. Ce second film s’appréhende comme un reboot féminisé où plus rien n’est à voir ou peu avec le premier long-métrage réalisé par Kelly Asbury. On reprend tout de zéro par cette volonté de vendre un produit destiné à consommer du produit dérivé pour petites filles qui vont se ruer vers la série TV diffusée sur Netflix. Le film se voit donc comme un résumé reprenant des séquences et la trame des premiers épisodes. L’histoire développe certains points comme l’arrivée de Lucky et la trame se voit grossièrement étoffée pour arrondir les angles d’une belle arnaque. Spirit L’Indomptable recycle sans vergogne jouant de facilités ne proposant qu’un produit d’appel mal dégrossi prenant nos garnements pour des prunes. Nous laisserions passer les indéniables défauts du film si le constat du recyclage déconfit du produit proposé n’était pas gerbant d’opportunisme. Mais c’est sans appel, nos gamins sont pris pour des jambons.

Secs qui plus est à la vue de l’animation employé pour recréer l’univers de Spirit, de belles plaines dignes des grands films de John Ford dont le premier film était un joli hommage. Surtout que ce premier film en question employait une 2D du tonnerre de feu, technique approuvé et sublime dans l’un des derniers titres du cinéma à en faire bon usage. En cet été 2021, Dreamworks trouve la merveilleuse idée de gonfler sa 3D télévisuelle de pacotille pour proposer un grand film de cinéma. Ne perdons pas de bons mots pour exprimer notre colère face à ce gâchis servi à nos bambins, nos jeunes filles qui vont se ruer dans les salles avec leurs chevaux en peluche pour pleurer du sang. Nous conseillons vivement aux parents de prendre un rendez-vous chez l’ophtalmo pour l’après-séance tant l’animation de ce long-métrage « poubelle » est à gerber. Quoique nos gamines sont habituées à souffrir au regard de la qualité de l’animation produite pour la série Tv made in Pakistan. Le long-métrage ne fait alors qu’émuler la technique d’ordinateurs de 30 ans d’âge qui rament pour servir un produit validé par un board satisfait. Alain Affelou offre une paire de lunettes et une paire de solaires pour une achetée si vous le souhaitez chez Dreamworks.
Sincèrement, comment peut-on avoir la délicatesse de proposer un tel produit sans la moindre texture, le moindre grain, la moindre couleur travaillée et une perspective des cadres digne de ce nom ne développant jamais le moindre souffle, la vie minimale à des arrières-plans oiseux ? Spirit L’Indomptable procure un douloureux sentiment d’être face à une animatique de jeu pour PC Barbie datant de 1999. Animation saccadée, invraisemblable, personnages ternes et apathiques, vide de sens et d’expressions convenables procurant un mal de crâne aberrant. On peine encore à se remettre à ce que nous venons d’assister… 

Production bâclée répugnante, Spirit L’Indomptable est un gâchis monumental essayant coûte que coûte de capitaliser sur le succès d’une série tout autant indigne d’intérêt. Dreamworks Animation racle les fonds avec ce film produit à la truelle par des sous-traitants exotiques aux faibles coûts. L’animation proposée est indigente surtout face aux dernières merveilles signées Disney/Pixar, notamment Raya et le Dernier Dragon et le fabuleux Luca, longs-métrages pour leurs peines privés de salles de cinéma alors que leurs qualités étaient de circonstance. Le public se retrouve avec une ignominie fétide, Spirit L’Indomptable étant indigne d’intérêt par des personnages lisses, une intrigue manichéenne aux méchants fades et une animation arriérée. Pour une fois, préférez une séance Disney+ par pitié !

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