Les Croods 2, Une Nouvelle Ère : Fiesta préhistorique

Initialement prévu pour être, une fois de plus, réalisé par Chris Sanders et Kirk DeMicco, Les Croods 2 a connu pas mal de chamboulements lors de son développement. Annulé en 2016, repris en 2017, ce sera finalement Joel Crawford qui sera chargé de le réaliser. Premier long-métrage pour ce jeune réalisateur qui n’avait réalisé qu’un seul court-métrage pour la télévision, Les Trolls : Spécial Fêtes. Jeté directement dans le grand bain, il y avait tout a construire visuellement tant le premier film souffrait d’une austérité accablante dans son design. Pari réussi ou échec cuisant ?

Les Croods ont survécu à leur part de dangers et de catastrophes, mais ils vont maintenant devoir relever leur plus grand défi : rencontrer une autre famille. Les Croods ont besoin d’un nouvel endroit où habiter. La famille préhistorique part alors en quête d’un endroit plus sûr. Quand ils découvrent un paradis idyllique entouré de murs, ils pensent que tous leurs problèmes sont résolus. Mais une famille y vit déjà : les Bettermans. Avec leur cabane dans les arbres, leurs inventions étonnantes et leurs hectares irrigués de produits frais, les Bettermans sont bien au-dessus des Croods sur l’échelle de l’évolution. Il accueillent les Croods avec joie, mais les tensions ne tardent pas à s’intensifier entre la famille des grottes et la famille moderne. Mais une nouvelle menace va propulser les deux familles dans une aventure épique hors des murs, ce qui les obligera à accepter leurs différences et à se servir des forces des uns et des autres.

L’univers des Trolls a déteint sur les ambitions artistiques de Crawford. Les Croods 2 : Une Nouvelle Ère nous propulsera directement dans un univers pop, coloré à souhait. Le film emprunte l’extrême opposé de son grand-frère visuellement. Il décape les rétines avec toutes les couleurs vives du spectre lumineux. Pour autant, Les Croods 2 arrive parfaitement à flirter avec l’overdose sans jamais l’atteindre. C’est une totale réussite visuelle, on en prend plein les mirettes. La scission avec le premier film est flagrante et l’enterre définitivement (alors qu’il n’est âgé que d’uniquement 8 ans) dans les bas-fonds des films d’animation terriblement fades (en dépit de ses qualités scénaristiques qui, elles, n’ont pas changées). De plus, les personnages possèdent désormais des traits nettement mieux travaillés. Toute la copie a été entièrement revue à la hausse et c’est avec une joie intense que l’on entame la lecture du film. Tous les curseurs ont été poussés au maximum. Plus de couleurs, plus de détails et surtout, plus d’humour méta et bas du front. Les Croods 2 est une farandole de moments caustiques. Entre le frère devenant totalement addict aux écrans, la fille aînée guidée par ses hormones décuplées au maximum et la petite sœur en permanence sous LSD, on tient une vraie brochette de vainqueurs.

Et les adultes ne sont pas en reste non plus. Si la place de l’homme était incontestable dans le premier film, Les Croods 2 inverse la tendance pour mieux se mouvoir dans l’ère du temps et, également, attribuer aux héroïnes des rôles nettement plus creusés que la simple demoiselle en détresse ou la femme soumise. Le film se permet une envolée façon guerrière viking où la grand-mère éclate littéralement l’écran. Dans sa dernière moitié, le film met en avant la femme forte, la femme déterminée, la femme telle qu’on devrait la voir plus souvent dans le cinéma d’animation. Non sans un humour ravageur, c’est un vrai régal de constater le retournement de situation où les hommes deviennent des abrutis finis et ne peuvent espérer s’en sortir que sur l’appui de leurs femmes. L’humour des Croods 2 est une merveille. L’éclatement des liens familiaux et la peur de l’héritage ayant été traités dans le premier film, il se repose sur un humour méta à 200% afin d’amuser les adultes. Les enfants seront séduits par les vannes premiers degré et l’univers riche qu’il déploie. En substance, les adultes y verront une critique de la télé-réalité avilissante, l’étouffement des adultes qui ne laissent pas leurs enfants prendre leur indépendance, mais surtout, il y verront une ribambelle de références culturelles, dont un sérieux clin d’œil à King Kong à se tordre de rire.

Les Croods 2 : Une Nouvelle Ère est une suite que l’on valide totalement. Pour un premier long-métrage, Joel Crawford fait preuve d’une hallucinante maîtrise des codes. Le film est en adéquation totale avec notre époque, c’est une vraie pépite pop comme Dreamworks Animation sait nous en pondre dans ses meilleurs jours. Foncez, c’est du bon !

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