Godzilla vs Kong : Ça « Pacific Rim » à rien

Difficile de se souvenir de la moindre contenance du Roi des Monstres réalisé précédemment par Michael Dougherty. Pourtant, proposer la suite de Gareth Edwards par le réalisateur de Krampus n’était pas une mauvaise idée en soi. Trick’r Threat, son premier essai, film anthologique autour de la fête d’Halloween, est une excellente proposition à voir pendant ladite fête, meilleur alternatif depuis fort longtemps au slasher méga-star de John Carpenter. Fidèle collaborateur de Bryan Singer sur X-Men 2 et Superman Returns notamment, Michael Dougherty peine à totalement embraser le mythologique Godzilla en singeant le monstre qui affronte dans cette suite une pelleté de bestioles alors que les humains, grande force du premier film, deviennent les sempiternels scientifiques inintéressants finissant écrasés comme des fourmis.
Heureusement qu’en amont, le MonsterVerse a permis à Kong d’éclore dans un nouveau film graphique et enthousiasmant qui laisse totalement la mythologie de la grosse bête au placard pour l’intégrer au cœur d’un univers où il représente une sorte de titan divin qui va forcément finir par se friter avec le gros lézard aux pouvoirs radioactifs. 

Le jour est donc venu d’assister à l’opposition de Godzilla, roi des monstres, face à Kong, dernière représentation de son espèce. Dans ce nouveau long-métrage attendu, Skull Island a disparu suite à une tempête qui a tout emporté sur son passage. Kong a sauvé une petite fille qu’il protège aujourd’hui, un lien étrange les reliant. Un ange gardien poilu qui ouvre le film de façon incongrue entre un réveil de flemmard et une douche sous une cascade. Faut le voir pour le croire  !
Mais tout un schmilblick scientifique autour de la Terre Creuse, un écosystème aussi vaste qu’un Océan au cœur de la Terre, origine des Monstres dont on perçoit une des portes dans Godzilla 2, va entraîner une expédition menée par le Professeur Lind, sous pavillon Apex, société antagoniste digne de Weyland-Yutani. Incarné sans conviction par Alexander « Tarzan » Skarsgard, Lind déplace donc Kong en collaboration avec Ilene Andrews (Rebecca Hall) qui chapeaute Kong et la petite Fille, pour les mener vers ce royaume et le protéger de Godzilla qui piste le moindre monstre, parce qu’il ne peut en rester qu’un  !

Tout cela est bien sûr l’excuse pour attiser la fureur du lézard qui piste facilement le grand singe pour un premier combat homérique au cœur de l’océan. Godzilla vs Kong est un divertissement généreux, bête comme ses pieds ne proposant rien d’autre de ce qui est attendu pour un tel programme, du MonstersPorn. Entre un voyage ahurissant de conneries au cœur de la Terre Creuse, variation « Jules Verne » d’un quart d’heure pour un Voyage au Centre de la Terre où Kong retrouve son trône et sa hache préhistorique. Iconique, le monstre prend la pose façon Conan à la Milius et les fans sont ravis de pouvoir fantasmer un héros au grand cœur aussi majestueux qu’accroché à l’Empire State Building. Le personnage simiesque est à mille lieues de la vision de Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack et surtout de l’interprétation de Peter Jackson. Les deux premiers doivent se retourner dans leurs tombes, quand Jackson doit bien rigoler sur son île en compagnie des Hobbits.

Kong n’a à peine le temps de savourer son retour à la maison que Godzilla le provoque depuis Hong Kong, clin d’oeil évident à Guillermo Del Toro qui se trouve spoilé dans la dernière partie du film pour un énième affrontement loin d’être pacifique. Le tout ne rime à rien d’autre que de la destruction pornographique d’immeubles sur des humains devenant des fourmis face à ses géants qui se contrefoutent de tout bousiller. Le film tourne ainsi à la démonstration d’un jeu tel qu’un enfant le rêverait avec ses jouets à l’effigie de dinosaures et de singes géants se foutant sur la tronche. On assiste passivement à un combat d’arcade digne de la Super Nes tant les combos sont répétitifs et ahurissants entre des acrobaties d’un singe prenant appui sur les buildings quand Godzilla fonce tête baissée tel un Jack Black sous coke. On prend ouvertement notre pied sur la dernière demi-heure réservant une surprise de taille basculant le film de façon (trop) prévisible dans le Monsters Buddy Movie à base de « Sale Petit Enfant de Putain ». Les vrais reconnaîtront la référence. 

Jamais maître de son film, Adam Wingard prouve sa destinée d’artisan au service des studios. Après son adaptation décriée pour Netflix du manga Death Note, Adam Wingard confirme de nouveau être un réalisateur sur lequel il ne faut plus compter. You’re Next et The Guest n’étaient que de simples tentatives enthousiasmantes et réussies pour opportunément se faire repérer et investir Hollywood pour orchestrer les prévisualisations d’un studio tout puissant. Rien ne laisse, dans Godzilla vs Kong, transparaître la moindre touche de personnalité à l’inverse de Gareth Edwards qui avait posé une première pierre phénoménale et à hauteur d’hommes pour sublimer le monstre Godzilla, éveil américain d’une divinité devenue le jouet d’une industrie crapuleuse pour l’extension d’un univers sans queue ni tête.

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  1. Édito – Semaine 17 -

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