The Mandalorian – Saison 2 : Star Wars au temps des Westerns

La saison 2 de The Mandalorian vient de se terminer et on peut clairement dire que Disney a su l’imposer comme la nouvelle série à suivre chaque semaine et chaque année. Après la postlogie controversée et un Solo mal-aimé, plus grand monde n’était prêt à miser un jeton sur la capacité de Disney a relancer la machine avec qualité. En s’entourant de gens de confiance et expérimentés, Jon Favreau et la firme aux grandes oreilles ont réussi à faire de The Mandalorian une série de premier plan, à tel point qu’à ce jour, Disney + ne mise sa popularité auprès du grand public que sur ce programme.

Cette saison 2 s’inscrit d’autant plus au sein de l’univers Star Wars, avec de très nombreuses références, parfois proches du fan service, à des personnages bien connus des fans. Notamment la rencontre tant attendue avec Boba Fett pour ne rien dévoiler des intrigues de cette saison. Cette fois-ci le sort de Baby Yoda, qui trouve enfin son petit nom, moins mignon que lui, ne se vit pas de manière anthologique. Il y a une trame narrative principale qui amène le héros vers des enjeux plus ciblés, mais toujours en rapport avec sa quête du mandalorien. Durant la saison 1, une fois Baby Yoda en sa compagnie, les aventures se présentaient à lui, mais il n’était pas tellement acteur de son destin. Cette fois-ci, Mando mène à bien une quête dans son intégralité avec ses imprévus et ses belles rencontres.

On peut tirer plusieurs observations de cette nouvelle saison, déjà visuellement. Même si les combattants mandaloriens se rapprochent sur plusieurs aspects des cow-boys, le genre quant à lui est complètement établi sur celui du western. Tous les codes y sont repris jusqu’aux décors inspirés des vastes plaines ensablées lorsque les intrigues se déroulent sur Tatooïne. Rapidement, on a le sentiment de regarder un Sergio Leone. Cela s’accorde beaucoup au crédo des mandaloriens et à leur caractère. Sur ce point, Pedro Pascal maîtrise totalement son rôle. Au même titre que Gina Carano qui dégage un charisme fou, malgré les polémiques puériles et haineuse de certains de ses détracteurs sur les réseaux sociaux.

Il y a également dans The Mandalorian une nette augmentation de la violence et de sa mise en avant. Des balles tirées en pleine tête, des armures de stormtroopers littéralement détruites sous des coups de lances ou de masses, un dernier épisode à quelques reprises traumatisantes (bis repetita senõr Pascal…). Autant dire que cette saison jure quelque peu avec l’image ultra lisse et familiale que Disney+ s’est forgée depuis un an et se rapproche de l’image plus adulte que la firme cherche à développer, notamment avec son nouveau catalogue “Stars” guidé notamment avec la série Alien qui sera diffusée sur la plateforme. On remarque également une audace de mise en scène des séquences de combat, aériens plus précisément, bien plus proches des acrobaties des épisodes 2 et 3 de la prélogie.
On s’approche également des cinématiques de jeux vidéos ultra classes et stylisées. La dynamique de The Mandalorian est complètement retravaillée pour offrir une nouvelle âme à cette série. Pour le coup on peut dire qu’on se rapproche vraiment d’un mélange des styles des deux trilogies orchestrées par Georges Lucas contrairement à la postlogie qui s’apparente malheureusement plus à essayer de satisfaire tous les publics.

Si le scénario est quasi exclusivement signé Jon Favreau sous la direction de Dave Filoni (qui s’occupait de The Clone Wars à l’époque et continue sur les séries Rebels et Resistance), une nouvelle fois divers réalisateurs instillent leur savoir-faire à la saga. Chacun parvenant jusqu’à maintenant assez magistralement à trouver un style concordant pour une cohérence générale de la série. On retrouve une nouvelle fois Bryce Dallas Howard aux commandes du troisième épisode de cette seconde saison. Contrairement à la première, elle sera la seule femme à réaliser un épisode, Disney ou Jon Favreau ne s’étant manifestement pas attirer les faveurs de Deborah Chow qui s’était occupée de deux épisodes. Rick Famuyiwa reste fidèle à la série, mais surtout on y retrouve des réalisateurs aujourd’hui nettement confirmés en les personnes de Peyton Reed (qu’on ne retiendra que pour Yes Man évidemment) et Robert Rodriguez. Carl Weathers, l’acteur jouant Gérer Karga (celui qui donne les missions à Mando au début de la série) ou Apollo Creed dans la saga Rocky, s’est quant à lui occupé de l’épisode 4. Dans sa globalité la répartition entre les réalisateurs est moindre que la saison précédente ce qui est un peu dommage quant à la diversité mise en avant par Disney, mais largement compensée par une qualité immersive et soignée de la production.

On retiendra en fin de compte que la série s’inscrit énormément plus à l’univers Star Wars général avec un gain de qualité à la fois dans la mise en scène et dans la narration quitte à se laisser avoir par un brin de fan-service. On peut noter aussi un sound design absolument incroyable, notamment l’impact des différentes armes sur l’armure en Beskar de Mando et l’échange des coups. Les tirs lasers dans l’espace également sont extrêmement jouissifs. L’immersion est vraiment parfaitement maîtrisée, mais l’histoire semble également laisser profiler les prochaines séries. Notamment une scène post-générique à l’épisode final qui annonce l’une des futures séries de Disney+ pour 2021. Autant dire que si la hype est à son maximum, Disney semble plonger une nouvelle fois dans ses pires travers, la précipitation, et croyez-nous, cela n’annonce pas toujours que du bon. En attendant la série est à son paroxysme avec cette saison 2 et vous ne regretterez pas son visionnage. Une madeleine de Proust de 8 épisodes toujours et encore bien trop maigre pour réussir à attendre un an sans s’impatienter…

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