Édito – Semaine 24

On déconfine et qu’est-ce qui se passe ? On réalise que David Lynch et votre serviteur étaient peut-être un poil trop optimistes en pensant que l’humanité profiterait du confinement et de cette crise pour prendre le temps de se réinventer et d’appréhender le monde d’une nouvelle manière. Il semblerait au contraire que l’être humain soit toujours aussi stupide, voué à faire du mal à ses prochains et à continuer à tuer à petit feu sa planète. Il ne viendrait pourtant à personne l’idée de déféquer en plein milieu de son salon et de mettre le feu à son lit, c’est pourtant ce que l’on fait quotidiennement à la Terre.

Quand on regarde le monde aujourd’hui, on se demande bien quelles leçons a-t-on tirées de cette épidémie qui aurait dû nous souder et nous faire prendre conscience de la fragilité de la vie. Au lieu de ça, on découvre avec effarement la mort (le meurtre) de George Floyd qui vient embraser le monde et qui n’est que le dernier d’une longue série se perpétuant au fil des ans. A l’heure où de nombreux afros-américains meurent encore sous la coupe de policiers brutaux, qu’on accuse la communauté asiatique de porter à elle seule la responsabilité du coronavirus et qu’on agresse sauvagement toute personne affichant une identité différente à la nôtre, le hashtag #BlackLivesMatter est certes cruellement d’actualité et paraît nécessaire à rappeler mais ne devrait même pas avoir besoin d’exister dans ce monde. Tout être humain existant (à l’exception des néos-nazis, peut-être), avec ses caractéristiques, ses qualités, ses défauts et ses contradictions mérite de vivre sans être harcelé, tabassé ou assassiné pour ses différences et ses opinions. Le Covid-19 a fait suffisamment de dégâts comme ça, il serait temps que l’on réalise tous combien la vie est précieuse et les différences enrichissantes.

Plus facile à dire qu’à faire cependant quand on voit la mentalité affichée un peu partout. Chez nous, par exemple, il suffit de jeter un œil au nombre affolant de déchets laissés dans le jardin des Invalides à la suite du déconfinement pour constater que deux mois enfermés chez soi n’a pas permis à tout le monde de réfléchir et de repenser ses habitudes. Ce n’est pourtant pas si compliqué à priori de ne pas laisser ses déchets par terre et de ne pas faire du mal à autrui, pourquoi cela semble-t-il donc aussi impossible à réaliser à l’échelle mondiale ? Le jour où l’on prendra conscience de ça et que le con qui frappe les autres pour leurs différences se retrouvera tout seul sera une belle victoire. D’ici là on a du chemin à parcourir mais j’aime à croire que tout n’est pas perdu. Comment continuer à vivre et à partager cet art merveilleux qu’est le cinéma sinon ?

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