Jurassic World : Laissez les dinosaures en paix

Opportunisme quand tu nous tiens… Puisqu’Hollywood a décidé depuis plusieurs années de recycler ses classiques, il était évident que le Jurassic Park de Steven Spielberg allait donner vie à une nouvelle resucée tôt ou tard. Il faut dire que les dinosaures sur grand écran ça a quelque chose de magique et qu’avec un titre aussi prometteur que Jurassic World, on espérait que le film de Colin Trevorrow (propulsé à la réalisation de ce blockbuster après s’être fait remarquer par Safety Not Guaranteed, petit film indépendant réalisé en 2012) puisse renouer avec la magie du premier film.

Réalisé 22 ans après le film de Steven Spielberg, Jurassic World fut un succès monstre. Et en soi, l’idée parcourant le film n’est pas mauvaise : le parc est désormais ouvert, attirant chaque jour un public nombreux. Mais pour faire venir plus de monde et créer plus de frissons auprès d’un public habitué à voir des dinosaures vivants (l’un des seuls propos vraiment pertinents du récit), des généticiens ont créé un nouveau dinosaure, l’Indominus Rex, terrifiant et extrêmement dangereux. Un dinosaure qui, évidemment, ne manquera pas de s’échapper de sa cage et de semer la terreur dans le parc. Du potentiel, Jurassic World en a. Surfant sur ce qui a su charmer dans les premiers films (de l’aventure et des dinosaures), le film laisse espérer le meilleur en termes de catastrophe puisque tous les visiteurs du parc risquent d’être à la merci des dinosaures.

Malheureusement le massacre sadiquement espéré n’a jamais vraiment lieu et derrière ses allures spectaculaires, Jurassic World oublie de soigner l’essentiel : le scénario. On se retrouve donc avec une histoire peu inspirée (qui a trop souvent tendance à pomper le premier opus, enfants mis en danger à la clé), des idées maladroites (dresser des vélociraptors, ça passe vraiment difficilement…), d’autres sortant de nulle part et surtout des personnages terriblement mal écrits. Aucun acteur, que ce soit Chris Pratt, Bryce Dallas Howard ou même Vincent D’Onofrio ne parviennent à sauver leurs personnages caricaturaux et jonglent avec comme ils peuvent, semblant avoir du mal à insérer quelques nuances quand ils ne sont pas là pour faire de la figuration de luxe (oui Omar Sy, on pense à toi). Là où Jurassic Park premier du nom créait une galerie de personnages marquants (ce n’est certainement pas pour rien qu’ils ont rappelé Jeff Golblum pour Jurassic World – Fallen Kingdom) tout en marquant l’histoire du cinéma par ses avancées techniques, Jurassic World se contente d’en pomper la moelle sans jamais en avoir le cœur. Car s’il est facile de faire du grand spectacle aujourd’hui, il semble être devenu plus ardu de le faire intelligemment…

La deuxième partie du film est à ce titre un grand morceau de n’importe quoi dont on peinera à apprécier les moindres efforts tant Trevorrow semble manquer d’idées en permanence. Sa mise en scène, terne et finalement peu inventive, vient se mettre au service d’un blockbuster pas très malin mais résolument commercial. Au jeu des monstres géants, un film comme Kong – Skull Island, assumant son côté bis sans jamais avoir peur de certaines audaces visuelles, a tout de suite plus d’allure. C’est d’autant plus dommage pour Jurassic World qu’il y avait beaucoup plus à faire. Force est de constater que ce n’est finalement pas donné à tout le monde de jouer avec des dinosaures…

 

 

3 Rétroliens / Pings

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